‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 56 sur 209 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

cilio (l'accepter, le M) mars, une de ces capitulations que dictaient alors l'audace et la fortune.

Mille Bolonais, sous les ordres du lieutenant-colonel Mattei, avec une avant-garde commandée par Zambeccari, montraient autant de résolution sans obtenir le même succès, en accourant, le 30, à Ferrare, pour aider les habitants à s'emparer de la citadelle. Le commandant autrichien, après avoir abandonné les casernes de la ville, s'y était renfermé, résolu de s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité, et de détruire la cité. Les volontaires bravaient ces mesures, prêts à donner l'assaut; mais les habitants craignirent la dévastation, la ruine de Ferrare; le général Durando déclara ne pouvoir prendre cette citadelle sans un siège régulier; et elle resta au pouvoir de l'ennemi, cernée, mais recelant un péril permanent.

Pie I\, à la réception des proclamations de Léopold U et de Charles-Albert, voulut unir sa voix à celles des princes italiens. Lui ! que l'on invoquait , de tous les points de la Péninsule , comme un guide sauveur, comme l'instrument de Dieu pour le rétablissement de la nationalité indépendante ! lui I le témoin de l'enthousiasme des peuples dont il était le pasteur, pouvait-il s'abstenir de faire entendre ses pieuses exhortations? Nous donnons in extenso cet intéressant et curieux document du 30 mars :

(f Les événements (}ui, depuis deux mois, se succèdent et s'accumulent avec une si grande rapidité ne sont pas une œuvre humaine. Malheur à qui, dans cette

1o8 LA RÉVOLUTION DK 1848 EN EUROPE.

fempêle par laquelle sont agités, arrachés et mis en pièces les cèdres et les roseaux, n'entend pas la voix du Seigneur!

» Malheur à Torgueil humain, s'il rapporte à la faute ou au mérite de quelques hommes ces changements merveilleux, au lieu d'adorer les secrets desseins de la Providence, soit qu'ils se manifestent dans les voies de la justice ou dans les voies de la miséricorde; de cette Providence dans les mains de laquelle sont toutes les extrémités de la terre! Et nous, à qui la parole est donnée pour interpréter la muette éloquence des œuvres de Dieu , nous ne pouvons pas garder le silence au milieu des désirs, des craintes, des espérances, qui agitent les âmes de nos enfants.

)) Et d'abord, nous devons dire que si notre cœur a été ému en apprenant comment, dans une partie de l'Italie, par les efforts de la religion, de grands malheurs ont été prévenus, et comment, par les actes de la charité, s'est révélée la noblesse des âmes, nous ne pouvons pas cependant, nous ne pourrions jamais, ne pas être profondément affligé des offenses faites en d'autres lieux aux ministres de cette religion même. Et quand bien même, manquant à notre devoir, nous nous tairions sur ces faits, notre silence ne pourrait pas fiiire qu'ils ne diminuassent l'efficacité de nos bénédictions.

» Nous ne pouvons pas non plus nous dispenser de vous dire que bien user de la victoire est plus grand et plus difficile que vaincre. Si le temps présent vous rappelle une autre époque de votre histoire, que du moins les fautes des aïeux soient utiles à leurs descendants.

» Kappelez-vous que toute stabilité et toute prospé-

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