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de tout le royaume ; envoi dans les jn-ovinces de délégués organisateurs.
En exécution de ce programme, Ferdinand déclarait, dans la première conférence tenue avec ses nouveaux ministres, avoir ordonné : l'appel de la réserve; l'augmentation de l'armée proportionnellement aux besoins; l'embarquement pour Livonrne du 10^ de ligne; le prompt départ d'un corps de troupes pour la frontière; l'invitation aux amis de la cause italienne de concourir, de tous leurs moyens, à pourvoir l'armée de chevaux, mulets, argent et tout autre secours; le remboursement en bons sur le Trésor, s'il était réclamé. Sa Majesté annonçait avoir montré l'exemple par le don de vingt des plus beaux chevaux de ses écuries.
Le roi s'adressait, le 7, à la nation elle-même : (( Peuples très-aimés!
» Votre roi partage avec vous ce vif intérêt que la cause italienne inspire à tous les cœurs. C'est pour cela qu'il a résolu de contribuer au triomphe de cette cause avec toutes les forces que nous laisse disponibles notre position particulière dans une partie de ce royaume. Bien que non arrêtée par des actes certains et invariables, nous considérons comme existante de fait la ligue italienne, parce que l'universel accord des princes et des peuples de la Péninsule nous la fait regarder comnse déjà conclue. Ce congrès, que nous fûmes les premiers à proposer, étant près de se réunir à Rome , nous sommes aussi les premiers à y envoyer les représentants de cette partie de la grande famille italienne.
» Dôjà nous avons fait une expédition par voie de mer; et déjà une division a été mise en mouvement le long de l'Adriatique pour opérer de concert avec l'Italie centrale. Le sort de la commune patrie va se décider dans les plaines de la Lombardie. C'est une dette de tout prince et de tout peuple de la Péninsule d'accourir pour prendre part à la lutte cpii doit assurer l'indépendance, la liberté et la gloire. Nous, bien que retenus par des nécessités particulières qui tiennent occupée une belle partie de notre armée, nous entendons y concourir avec toutes nos forces de terre et de mer, avec nos arsenaux, avec les trésors de la nation. Nos frères nous attendent au champ d'honneur, et nous ne manquerons pas là où il y aura à combattre pour le grand intérêt de la nationalité italienne.
» Peuples des Deux-Siciles, serrez-vous autour de votre prince ! Restons unis pour être forts et pour être craints, et préparons-nous au combat avec le calme qui naît du sentiment de la force et du courage! Confions-nous à la valeur de l'armée pour avoir dans cette magnanime entreprise une glorieuse part qui revienne à la plus grande principauté de la Péninsule. Pour déployer toute notre vigueur au dehors, nous avons besoin de concorde et de paix à l'intérieur; et nous comptons sur l'excellent esprit de notre belle garde nationale, sur l'amour de notre peuple , pour la conservation de l'ordre et l'observation delà loi, comme lui-même devra compter toujours sur notre loyauté et sur notre amour des libérales institutions que nous avons solennellement jurées et (jue nous entendons maintenir au prix des plus grands sacrifices.
» Union! abnégation! fermeté! et l'indépendance
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de notre belle Italie sera obtenue! Que ce soit notre unique pensée! Une passion si généreuse doit faire taire toutes les autres moins nol)les! Et vingt-quatre millions d'Italiens auront, prochainement, une ])atrie puissante, un commun et très-riche patrimoine de gloire, et une nationalité respectée qui pèsera beaucoup dans les balances politiques du monde. »
Paroles sublimes, si elles avaient été sincères ! Pourquoi donc les rois ont-ils toujours des langages de circonstance qui n'engagent point , des serments qui ne lient point? A l'époque de lumières où nous vivons, ne voient-ils donc pas qu'en se jouant ainsi de la parole donnée et de la loi morale, ils détruisent la foi que certains peuples ont encore en eux? Et s'ils se bornent à n'être plus considérés que comme des nécessités, là où l'estime n'est plus, la royauté n'est plus qu'une institution viciée , qui sera brisée par les nations le jour où elles croiront pouvoir s'en passer! Une couronne estelle donc préféral)le à la conscience et à l'honneur, qu'on ne puisse la déposer pour conserver la conscience et l'honneur? Ou bien y a-t-il là une incompatibilité radicale? Que les peuples le sachent et le proclament!
Le 29 mars, le Virgile avait déjà conduit à Gênes 200 volontaires, partant pour la haute Italie sous la direction de la princesse Trivulce de Belgiojoso ; d'autres suivirent bientôt, ainsi que le 10' de ligne, par la voie de Livourne. Le 7* régiment marcha vers les frontières romaines. Ce furent ces volontaires, ces soldats, avec le général Pepe, avec le capitaine Ulloa, que le talent.
174 LA PxÉYOLUTION DE 1848 EN EUROPE.
le patriotisme et le courage élevèrent par la suite au grade de général, et tanl d'antres dont l'énumératioa serait trop longue, qui devaient relever les armes napolitaines à la hauteur des plus braves. Ce furent ceux-là qui, triés par les blessures et la mort, réhabilitèrent sur le champ d'honneur la bannière de leur patrie. Ce sont ceux-là que leurs concitoyens doivent honorer sans distinction d'opinions, car ils ont payé de leur chair et de leur sang une réputation nouvelle, vivifiée par le sacritice.
Pepe avait accepté le commandement de l'expédition, qui devait être de 40 000 hommes. Mais, après le premier envoi du tO" de Mgne, l'organisation des troupes était lente et entravée par des dillicuUés incessantes. Désespéré de ces retards, impatient de secourir la Vénétie, le général alla trouver le roi, et lui posa franchement cette question : « Sire, il est naturel qu'ayant épousé une princesse autrichienne ^ vous éprouviez de la répugnance à combattre F Autriche. » Sans le laisser achever, le roi répondit : (( Vous êtes dans l'erreur, j'ai toujours détesté les Autrichiens! » Alors le général lui conseilla de marcher à la tête d'une armée de soixante mille hommes et de sa flotte; d'aller dicter, sur les bords de risonzo, des conditions à l'Autriche; de contre-balancer les influences de Charles-Albert et de Pie IX; de conquérir l'indépendance et la nationalité de l'Italie; de mériter la reconnaissance et l'amour des peuples, etdesecouvrird'unegloire immortelle. « LesSiciliens, » ajoutait-il, « ne résisteront plus au sauveur de l'Italie.