CHAPITRE SIXIÈME. i
hliqiie, pliilol que de jeter au milieu des pi-inœs italiens, comme pomme de discorde, un royaiinie, à l'instant même où leur union était indispensable à l'expulsion de l'étranger.
« Ferdinand II, par la grâce de Dieu roi du royaume des Deiix-Siciles, de Jérusalem, etc., duc de Parme, Plaisance, Castro, etc., grand prince héréditaire de Toscane, etc., » protesta, le 18 avril;, de l'avis unanime de son conseil , contre l'acte de déchéance , comme il avait déjà protesté, le 22 mars, « ledit acte lésant les droits sacrés de sa personne royale, de sa dynastie, et l'unité et l'intégrité de la monarchie et de la Consfifution jurée par lui; le proclamant illégal, vain, nul et d'aucune valeur. » Le ministère napolitain, quelque libéral qu'il fût, ne pouvait laisser, sans protesialion, se déchirer en deux le rovaume des Deux-Siciles.
Dans tous les États de l'Italie, on le voit clairement, l'initiative de la guerre contre l'Autriche est prise par les peuples. Partout le mouvement est identique, spontané. Les peuples sont d'accord dans la résolution d'expulser l'étranger et de constituer la nationalité italienne, de même qu'ils ont été d'accord dans la réclamation de leurs libertés. Tous offrent leur sang, leurs biens, leur vie ! Tous accourent sur le champ de bataille.
Les princes, eux, sont entraînés. Ils suivent une impulsion au milieu de sentiments contraires. Charles-
Albert est vacillant entre la crainte de la république et son ambition; le grand-duc de Toscane, entre ses liens de famille avec la maison d'Autriche, le danger du soulèvement et le désir d'arrondir ses États; Pie IX, entre sa popularité, son influence, ses devoirs comme prince italien, et sa conscience comme chef de l'Église; le roi de Naples, entre la révolution qui le menace, la Sicile qui se sépare, et la volonté de réserver ses armées à la défense de sa souveraineté absolue. Ces trois derniers princes, également retenus par leur rivalité de position contre le roi de Sardaigne, divisés par leurs intérêts, par leurs vues, sont, au fond de l'âme, ce que l'histoire nous les a montrés de tout temps, hostiles les uns aux autres.
Cependant, ce sont les princes qui commandent, si ce sont les peuples qui les poussent. Charles-Albert marche à la tête de ses troupes. Sous les ordres de leurs gouvernements respectifs, le général d'Arco Ferrari conduit les Toscans; Durando, les Romains; Pepe, les Napolitains. Les Lombards soumettent la direction de leurs forces à un gouvernement provisoire, qui les unit à celles du Piémont. Les Vénètes, qui ont reconstitué leur antique république, ont un président et un ministère, mais pas de général. Les Modénais, les Parmesans, attendent un chef. A côté se pressent pêle-mêle une foule de volontaires ne relevant que de leur courage et de leur patriotisme. Les etforts sont unanimes.
Mais où donc est l'unité dans la volonté , la concentration dans les forces, cette unité, cette concentration, indispensables au succès? Où est le plan concerté que chacun doit suivre avec ensemble? Hélas! aucun traité ne lie entre eux ni les princes ni les peuples. Chacun