VIT
Le peuple et rAUemagne avaient entendu ce cri d'alarme. « Dès le matin, » dit une feuille publique, « le peuple, à Vienne, arrache les affiches du théâtre italien, qui sera fermé pour éviter des démonstrations tumultueuses. Les corps de volontaires grossissent d'heure en heure. Dans toutes les rues, on voit des jeunes gens, parfois des enfants de quinze à seize ans, mais recrutés pour la plupart dans les derniers rangs de la population ouvrière, portant à leurs chapeaux ornés de fleurs cette inscription : Volontaires pour V Italie ! »
Leur nombre dépassa bientôt cinq mille. Tout concourait à exalter les passions des Allemands : la gloire des armes, l'affront reçu, l'intérêt, la nécessité du travail, la conservation d'un port maritime, la grandeur de l'empire, l'amour de la patrie, la voix du sang! Au cri italien le cri allemand avait répondu. Certes il était des hommes, tels que le poëte Henri Streglitz, qui, plaçant la justice au-dessus de la raison d'État et des préjugés de race , reconnaissaient aux autres le droit d'indépendance qu'ils réclamaient pour eux; mais c'était le petit nombre , et leur parole sage et loyale n'était pas écoutée.
Le Tyrol est divisé en provinces italiennes et en provinces allemandes. Lorsque les peuples se touchent, on les croirait plus disposés à la fraternité. Le plus souvent c'est malheureusement le contraire. Dès que le Tyrol .allemand vit que le Tyrol italien voulait proclamer son indépendance, il jeta son cri de guerre ;
(( Hommes d'Allemagne ! le Tvrol , cette forteresse de