CHAPITRE SEPTIÈME
rochers, est menacé! La nouvelle Italie veut établir ses limites à la ^lalserhaide et sur le Brenner. Le territoire d'Eisak et la belle vallée de l'Estsch (l'Adige) doivent devenir italiens. Le château du Tyrol et la maison de Hofer, italiens!... Nous prenons les armes; nous abandonnons femmes, enfants, nos champs non ensemencés, et nous courons défendre la frontière et chac|ue pouce de terre allemande. Envoyez-nous des balles et de la poudre ; nous no manquons pas d'hommes pour repousser l'ennemi; nous ne voulons pas céder un pouce de terrain! »
Ce n'était plus l'Autriche seule contre l'Italie, c'était l'Allemagne entière. A Francfort, dans la Diète générale des représentants (19 avril), comme dans la Commission des Cinquante et dans celle des Dix-Sept, les délégués de l'Autriche portaient les plus graves plaintes contre les Italiens, « qui ne cessaient de proférer les cris de Mort aux Allemands! Dehors les barbares! » Si la Commission des Cinquante écartait la proposition d'une déclaration catégorique au roi de Sardaigne contre toute invasion du territoire italien, elle décidait, à l'unanimité, un appel aux Tyroliens, confiant à leur dévouement les intérêts et l'honneur de l'Allemagne, ainsi que l'intégrité du sol de la patrie contre les tentatives et les efforts de l'ennemi.
Le Tyrol faisant partie de la Confédération germanique , l'Allemagne révolutionnaire saisissait cette occasion de marquer ses sympathies pour la cause de l'Autriche en Lombardo-Vénétie. La polémique sar cette question prit un caractère de plus en plus passionné , haineux. On remontait aux siècles les plus éloignés pour justifier la possession allemande do la Lom- VI. 13
bardie. On fouillait les documents historiques et les traditions de famille. Enfin, grâce à la diplomatie de l'Autriche et aux tendances patriotiquement ambitieuses des chefs du parti libéral , cette guerre devint aussi nationale en Allemagne qu'elle l'était en Italie.
Les gouvernements de Milan et de Venise cherchaient à calmer ces haines de race et à établir la distinction entre l'oppression des princes et les relations des peuples.
Évoquant la fraternité contre les vieilles traditions de discorde, le gouvernement de Milan adressait aux Allemands ces paroles conciliatrices :
(( Chaque peuple a son droit d'indépendance et de liberté. Vous mettez avant tout l'indépendance et les intérêts de la grande patrie allemande ; nous aussi , nous mettons avant tout l'indépendance et les intérêts de la grande patrie italienne.
)) Nous nous sommes levés en armes contre le gouvernement, non contre le peuple autrichien , pour nous racheter de l'opprobre et des douleurs de trente-quatre années du despotisme le plus abject
» Nous vous honorons! et nous ne pouvons pas croire que des liens de race et de langage vous fassent méconnaître les titres sacrés du malheur et du droit!... Serrez cette main que nous vous offrons avec le sentiment d'une amitié fraternelle!... »
Tommaseo, au nom des Vénitiens, en termes touchants et remplis d'une douce poésie, s'efforçait d'éveiller les sympathies non-seulement des Allemands , mais