‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 78 sur 209 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

même à Venise, écrivait au ministre des affaires étrangères :

<( J'avais demandé à voir M. Manin , président de la République. C'est tout le Gouvernement en corps qui m'a reçu. M. Manin a bien voulu me dire que j'étais attendu avec impatience; que, sans douter des dis[)Ositions de la République française à l'égard de sa jeune sœur de l'Adriatique (je cite les propres termes de M. Manin), on n'en aimait pas moins à recevoir à ce sujet quelques assurances directes.

» Quoique parti sans instructions spéciales, je n'ai pas hésité à répondre à M. Manin que la nouvelle de l'émancipation des provinces vénitiennes avait été accueillie en France , par le Gouvernement provisoire , comme par la nation entière , avec la plus vive sympathie ; qu'il n'y avait point de pays en Europe dont l'indépendance fût plus chère à la France que celle de la nation italienne ; que l'on pouvait compter sur ses sentiments; que le monde entier savait que les affections de la France , quand elle possédait elle-même la Hberté de ses mouvements, ne sont jamais stériles.

» M. Manin m'a dit alors qu'il espérait que les efforts réunis des différents États de l'Italie, que l'ardeur qui animait les populations de la Péninsule suffiraient pour chasser l'ennemi de l'Italie ; qu'au besoin on aurait recours à l'héroïque générosité de la France ; que dès à présent, cependant, on aurait été heureux de voir quelques bâtiments de la marine française se montrer dans l'Adriatique, et qu'il me priait même instamment, monsieur le ministre, de vous en faire la demande au nom de son Gouvernement. »

Le président du conseil de la république vénèle, en-

a02 LA RÉVOLUTION DE 1848 EN EUROPE.

traîné par l'opinion générale, espérant que l'Italie pourrait se suffire à elle-même, n'exprima qu'un désir; et ce désir fut satisfait dans le plus court délai possible.

La flotte, commandée par l'amiral Baudin, chargée de soutenir l'honneur du pavillon de la République française et la politique libérale de son Gouvernement, ayant dû mettre ses forces au niveau de celles de l'Angleterre qui augmentait son escadre dans la Méditerranée, n'avait pu appareiller de Toulon que vers le milieu d'avril. Le jour même de son arrivée à Livourne, à la lin de ce mois, l'amiral recevait de M. Bixio, à qui M. Lemperani avait communiqué le désir du gouvernement vénète, une lettre qui lui disait : « Trois

bâtiments à vapeur anglais croisent dans l'Adriatique.

L'un d'eux est à l'ancre dans le port de Venise

Dans cet état de choses, je ne sais, monsieur l'amiral, quelles sont vos instructions, je ne sais dans quelles limites il vous est possible d'intervenir militairement; mais, quoi qu'il en soit, je viens vous inviter, de la manière la plus pressante , à envoyer sur-le-champ dans l'Adriatique le nombre de bâtiments que vous jugerez convenable , pour y montrer les couleurs françaises. . . . »

L'amiral Baudin réplicjua, le 3 mai :

« J'ai reçu avant-hier, à Florence, la lettre que vous

m'avez fait l'honneur de m'adresser le 27 avril

J'expédie aujourd'hui même pour le port de Venise la frégate à vapeur l'Asmodée, de 450 chevaux, et je donne au capitaine Ricaudy qui la commande l'ordre de se tenir prêt J'en envoie une autre stationner à

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