‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 8 sur 209 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

à celte île Les armes ne seront déposées, les hostilités ne seront suspendues, (pie lorsque la Sicile, réunie en parlement, adaptera à notre épocpie la constitution que notre pays a possédée depuis j)lusieurs siècles, qui a été réformée en 1812 sous l'influence de la Grande- Bretagne, et (iui a été confirmée implicitement par le décret royal du I I décembre 181 G. »

La conmumication de ce refus était précédée de ces réflexions : « La Sicile sait, par la triste expérienc>e de nombreuses années de douleurs et de désespoir, ce que vaut la volonté d'un prince, quand le peuple lui-même n'est pas le dépositaire , le gardien , le vengeur de ses droits. »

On publiait en même temps ces paroles prononcées en 1810, par le roi Ferdinand Y% devant le parlement

de Sicile :(f La cause que je défends, et pour laquelle

je demande les secours nécessaires, intéresse à la fois ma famille, notre sainte religion, les privilèges des divers ordres, et généralement toutes les institutions politiques de ce royaume, auxquelles vous êtes tous sincèrement attachés par le lien de l'amour de la patrie. Je vous rappelle que ces dons, que ces grands avantages, étaient possédés par d'autres nations aussi distinguées que la vôtre. Elles les ont presque entièrement perdus par le manque d'esprit public et d'énergie nationale, de sorte qu'on peut dire que ces avantages ne se trouvent plus que dans les deux îles les plus fameuses du monde, la Grande-Bretagne et notre Sicile. Dirigez donc vos sacrifices vers la conservation de ces belles prérogatives, héritage précieux que les rois nos prédécesseurs vous ont légué, et que, au risque de tous les sacrifices et de tous les dangers personnels, vous

êtes tous obligés de conserver à vos descendants. » Ces traditions exaltaient le peuple. Le 20, il emportait d'assaut le couvent du Novizziato; le 25, il s'emparait, après une lutte acharnée, de la Banque et du palais royal, et resserrait chaque jour plus étroitement les troupes dans les forts. Le duc de IMajo se réfui^iait près du général de Sauget. Catane et d'autres villes faisaient leur garnison prisonnière. Messine se préparait contre les forces militaires retirées dans les forts et dans la citadelle. Les troupes, atfaiblies, démoralisées, ne songeaient qu'à la retraite, et se voyaient couper le chemin du port d'embarquement.

Ces nouvelles parvenaient successivement à Naples, et terrifiaient monarque et ministres. Malgré les mesures prises pour en empêcher la circulation , elles se répandaient dans la ville. Bientôt on sut que le mouvement se propageait dans les Calabres; que le camp des insurgés dans la province de Salerne contenait dix mille hommes, et qu'une marche sur Naples avait été résolue. Les esprits étaient de plus en plus excités. Des pourparlers s'établirent entre les citoyens les plus influents et les personnes dévouées à la monarchie. Des pétitions commencèrent à se produire. Mais il était évident qu'une explosion ne tarderait pas à devancer toutes négociations.

En etîet, le 27, rien ne peut arrêter l'élan. Une foule immense envahit la rue de Tolède. Les croisées sont remplies. Les dames agitent des mouchoirs aux couleurs italiennes. Des cris de Vive Pie IX! Vive la consti-

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