‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 80 sur 209 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Palmerston ^ datée de Turin, I i avril 1848 : « Le Gouvernement provisoire de .Milan avait envoyé au Gouvernement provisoire de France une adresse pour lui demander assistance. Aussitôt Charles-Albert gourmande vertement le gouvernement de Milan, et lui intime l'ordre de retirer immédiatement sa demande d'assistance à la République française et de protester contre tout acte qui aurait pour objet l'intervention d'une puissance étrangère quelconque. Par suite de cette admonestation, le marquis de Brignolles, à Paris, renouvela à M. Lamartine l'assurance formelle, nonseulement de la part du gouvernement sarde, mais encore de la part des autres gouvernements italiens, que toute l'Italie repoussait toute intervention étrangère. »

Nous avons fait connaître ailleurs, avec détail, les conférences du Gouvernement provisoire de la République française sur les atfaires extérieures ; nous n'eu donnerons ici que le résumé.

Le manifeste du ministre des affaires étrangères, adopté à l'unanimité comme base de politique , renfermait cette déclaration très-nette : « .... La République ne déclarera la guerre à personne.... mais nous le disons hautement : si l'heure de la reconstruction de quelques nationalités opprimées en Europe ou ailleurs nous paraissait avoir sonné dans les décrets de la Providence... si les États indépendants de l'Italie étaient envahis, si l'on imposait des limites ou des obstacles à leur transformation intérieure, si on leur contestait à main armée le droit de s'allier entre eux pour consoli-

der une patrie italienne, la République française se croirait en droit d'armer elle-même pour protéger ces mouvements légitimes de croissance et de nationalité des peuples. »

Pour soutenir cette politique élevée et digne de la France, Lamartine avait demandé : l'organisation d'une commission de défense nationale ; la création de trois corps d'armée (60 000 hommes au pied des Alpes , 120 000 hommes sur le Rhin, 20 000 hommes aux Pyrénées) ; le rappel d'une partie de l'armée d'Afrique ; l'envoi d'une flotte dans la Méditerranée. Sur la demande de cette commission présidée par François Arago, le Gouvernement avait voté tous les crédits nécessaires, 1 1 4 millions, pour élever l'effectif des troupes à 532 000 hommes. Le ministre des finances, malgré la crise et la pénurie du Trésor public, avait résolument engagé sa responsabiUté , au nom de l'honneur et des intérêts du pays.

Le Gouvernement provisoire de la République française écoutait, comme écho venu de Paris, le cri de délivrance de tous les peuples de l'Europe; ilsuivait avec une anxieuse sympathie les phases de leur affranchissement; il attendait l'heure et le cri de l'Italie; il préparait publiquement son intervention.

La seule pensée de l'apparition d'une flotte de la République française devant Gênes et de la formation d'un corps d'armée sur la frontière des Alpes fit tressaillir le gouvernement de Charles-Albert.

Dans la première entrevue de M. Bixio avec M. de

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