‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 81 sur 209 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Pareto, les premiers mots du ministre sarde furent pour témoigner l'effroi de l'arrivée prochaine de la flotte fiançaise... «Suivant lui, » dit M. Bixio dans sa dépêche du 29 mars, « la présence de celte flotte devait déterminer à Gènes une insurrection répul)hcaine qui, dans les circonstances suprêmes où se trouve l'Italie, porterait la division dans les esprits, qui n'ont jamais eu plus besoin de s'entendre contre l'ennemi commun; c'est à sa prière que je vous ai adressé hier, monsieur le ministre, par la voie télégraphique, la demande d'un ciiangement d'itinéraire de la flotte. »

yi. Bixio écrivait le 31 : « ... Le gouvernement sarde est entièrement absorbé par des préoccupations personnelles; le ministre des aflaires étrangères, que je vois tous les jours, ressent plus de frayeur de la contagion des idées républicaines que des armées de l'Autriche, et le corps d'armée de Radetzki l'intimide moins que la présence prochaine , annoncée par les journaux, des troupes de la République sur le Var. »

Le marquis de Pareto écrivait à lord Abercromby, le 30 : « J'ai vu 31- le chargé d'afTaires de France, M. Bixio, qui m'a annoncé que probablement une escadre française d'évolution sortirait de Toulon et viendrait évoluer sous peu sur les côtes d'Italie et probablement devant Gênes. Comme on pouvait craindre que l'apparition de cette flotte excitât quelque mouvement dans la population, j'ai demandé à M. Bixio s'il serait possible qu'elle passât outre...

» Il m'a annoncé en même temps que le Gouvernement provisoire avait donné l'ordre de l'aire revenir plusieurs régiments de l'Algérie, et que ces troupes allaient être cantonnées dans le département du VI. U

Var; j'ai fait alors l'observatioii que je ne saurais pas comprendre quel but on pouvait se proposer en prenant une pareille détermination.

» J'ai écrit à M. le marquis de Brignoles pour

qu'il engage le Gouvernement provisoire à tenir ce rassemblement de troupes éloigné de la frontière, afin qu'il ne puisse venir dans l'esprit de nos populations que la France veut s'entremêler, de quelque manière que ce soit, dans, nos affaires, car nous tenons à ce qu'on sache absolument que l'Italie veut — fare da se. »

Telles étaient les inquiétudes, les réclamations du gouvernement piémontais, lorsqu'on apprit à Turin, le 1" avril, que des colonnes de Savoisieiis mêlés de Français se dirigeaient de France sur la Savoie, pour y proclamer la République ou la réunion à la France. Cette échauffourée, à laquelle s'étaient opposées les autorités françaises, échoua inisérablement et ne produisit en Piémont qu'une impression passagère. Lamartine prouva, par les dépêches et les ordres expédiés, que les commissaires du Rhône et de l'Isère avaient tout fait pour l'empêcher. Il fut facile à M.Bixiod'éclaircii' cette triste affaire; il écrivait, le 7 avril : « L'émotion j)énible causée ici par la prise de Chambéry a fait place à la joie, dès qu'on a su que la garde nationale avait suffi pour chasser les insurgés. Les ministres et le public sont maintenant bien convaincus que le Gouvernement de la République n'a pas excité ce mouvement, et que s'il avait voulu intervenir, même indirectement, la lutte aurait été bien autrement sérieuse... » Aussi M. Bixio,

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