‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 85 sur 209 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

morales et matérielles qu'auparavant elle renconliait d'obstacles.

» Ajoutez l'attitude de cette armée devant l'Europe, devant l'histoire; ce n'est plus l'armée de la conquête, c'est l'armée de la fraternité, c'est l'armée de ce magnifique manifeste qui a déjà suscité la régénération des peuples!... »

Toutes les odres de concours faites à l'Italie par le Gouvernement provisoire de la République française étant repoussées comme inutiles ou dangereuses, ce Gouvernement dut se renferme]" dans les limites du programme qui servait de guide à son ambassadeur. Ne point pénétrer en Italie sans y être appelé ; préparer une puissante armée afin d'être prêt à voler à son secours au premier cri de détresse (et ce cri, suivant les prévoyances, ne devait pas se faire attendre longtemps!'; était-il une politique plus loyale, plus généreuse, plus habile, plus grande, et qui fût plus nettement tracée? Il n'est plus permis de le penser, devant les documents restés inconnus jusqu'à ce jour, et sans lesquels on ne pouvait se rendre un compte exact des événements.

Cette politique était tellement logique et sensée que des instructions datées du 19 avril, adressées par le ministre des affaires étrangères à M. Bixio, se croisaient avec son remarquable rapport du 20 avril, répondant d'avance et d'une manière conforme aux questions posées. Aussi put-il sur-le-champ écrire à Lamartine, le 25 : « J'ai trouvé occasion de renouveler à

M. Pareto les assurances, que je lui avais données en toute circonstance de l'intention bien arrêtée du Gouvernement de la République de n'intervenir dans les afl'aires de la Péninsule que le jour où la cause de l'indépendance serait en péril et le concours de notre armée invoqué. Ces assurances ont été accueillies avec une satisfaction nianileste. »

Enfin, pour compléter nos citations, et devançant de quelques jours les événements, le ministre sarde, interpellé sur la présence de l'armée des Alpes à la frontière, porlait à la tribune cette déclaration :

« Je puis assurer les députés et tout le pays que

la meilleure harmonie existe entre le gouvernement de la France et celui de S. M. le roi de Sardaigne. L'armée française n'entrera pas, à moins que nous ne l'appelions. » Et il ajoutait avec présomption : « Et comme nous ne l'appellerons point, elle n'entrera pas. »

Accusés par les uns de n'avoir pas voulu intervenir en Italie, de lui avoir refusé l'épée de la France, d'avoir renié leur manifeste, d'avoir limité leur politique à des paroles sonores, le Gouvernement provisoire et le ministre chargé de le représenter aupi'ès des nations étrangères furent accusés par les autres d'avoir au contraire, par des intrigues secrètes et d'astucieuses provocations, cherché à soulever les partis républicains, les passions anarchiques en Italie, afin de s'y faire appeler pour y semer des républiques et contreminer les projets de Charles-Albert.

Les faits ont suffisamment réplique aux premiers.

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