CHAPITRE IIUITII-.ME
Charles-Albert, après le succès des 8 et 9 avril, où il s'était rendu maître des ponts et passages du Mincio, avait ctal)li son quartier iiènéral à Yolta , sur la rive droite, tandis qu'une brigade, sur la rive gauche, occupait Yaleggio. Il possédait tout le cours du fleuve.
Radetzki, qui avait eu un moment la velléité d'accepter la bataille, le 8, et qui avait changé de système, le 9, s'était posté à Yillafranca, sous la protection de Vérone et de l'Adige, ne songeant qu'à se concentrer, à se ravitailler, persistant à éviter le combat jusqu'à l'arrivée des renforts attendus, ne voulant pas exposer les destinées italiennes de l'Autriche au hasard d'une journée.
Charles-Albert s'était borné à faire deux tentatives : l'une, le 13, contre Peschiera, tentative sans résultat, où il avait montré un courage personnel héroïque, et après laquelle il avait ordonné l'investissement régulier de la place; l'autre, le 19, contre Mantoue, qui avait également échoué.
Dégagé des entraves diplomatiques, il se résolut enfin à l'action. Après avoir transmis à Durando l'ordre de marcher à la rencontre de Nugent, il ordonna un mouvement général en avant , dans le double but de compléter l'investissement de Peschiera, en séparant cette forteresse de l'armée autrichienne, et de dominer le cours supérieur de l'Adige. C'était à la fois isoler Peschiera et A'érone en se rendant maître du lac de Garde et des deux routes principales du Tyrol. Il comprenait tard, mais il comprenait enfin la nécessité de
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couper les communications de l'armée autrichienne avec rAUemai^ne.
Il commandait à une armée de 6i) à 70 000 liommes, ainsi divisée : le premier corps, 20 à 25 000 hommes, sous les ordres du i^énéral Bava; le deuxième corps, 20 à 25 000 hom.mes, sous les ordres du général de Sonnaz; la réserve, de 10 à 12 000 hommes, sous les ordres du duc de Savoie, premier fils du roi; l'artillerie, sous les ordres de son second lils. Le 1 0* de ligne napolitain était arrivé au camp, et avait pris rang dans l'armée. Les troupes et les volontaires toscans formaient un corps de 5 à 6 000 hommes, commandé par d'Arco- Ferrari , qui, après avoir traversé le Pô le 17 avril, campait à Montanara et Curtatone, en observation devant Mantoue. Les troupes romaines et modénaises, conduites par Durando, opposées à Nugent, complétaient le chiffre indiqué.
Radetzki avait 40 à 45 000 hommes, avec garnison obligée dans les quatre forteresses , plus les 1 3 000 hommes de Nugent, arrêtés sur la Piave et encore séparés. Il avait pris position sur la sommité des hautenrs en avant de Vérone, protégeant aussi Peschiera contre le blocus. D'Aspre, avec le deuxième corps, appuyait sa droite, formée par la brigade Sigismondi, sur Pastrengo, suivant la crête des collines qui couvrent les communications du Tyrol, et occupait avec sa gauche , formée par la brigade Wollgemuth , Pacengo et Cola. Le premier corps d'armée, sous le commandement de Wralislaw, échelonné derrière la gauche