‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 4)Chapitre 18 sur 29 · I.eroux · texte numérisé non relu

I.eroux

Albert.

Barbes.

Ledru-Rollin. Ledru-Rollin.

HInnqui.

Louis Blanc. Ledru-Rollin

. Barbes. Albert.

Albert.

Huber.

Raspail.

(]abet. Raspail.

Louis Blanc.

Raspail.

Albert.

Raspail. Pierre Leroux

Hiiber.

Blanqui

Blanqui.

Blanqui. Tlioré.

Sobrier.

Caussidière.

Thoré.

Mairede Paris, Pierre Leruux,

Lainarline (in

itercallé

Albert.

Albert.

d'une autre écriture).

Ledru-Rollin.

Louis Blanc.

Louis Blanc.

Louis Blanc.

Barbes.

Ledru-Rollii).

Barbes.

Raspail.

Raspail.

Raspail.

P. Leroux.

Barbes.

P. Leroux.

Thoré, maire de Paris.

Blanqiii.

ïlioré, maire

deP

aris. Sobrier.

Caussidière.

Albert (répété

sic).

Caussidière.

Étioniic Âraj^o

Sobrier.

Cabet.

Albert.

Caussidière.

Huber.

Huber.

F. Flocon.

Considérant.

Sobrier.

Proudhon.

La grange.

Presque toutes ces listes sont écrites sur des papiers qui portent l'en-tête de la mairie de Paris.

Mais Barbes a pris la direction suprême et il formule ainsi la proclamation d'un nouveau Gouvernement provisoire :

« Le peuple ayant dissous l'Assemblée nationale, il ne reste plus d'autre pouvoir que celui du peuple lui-même.

(( En conséquence, le peuple ayant manifesté son vœu d'avoir pour Gouvernement provisoire les citoyens Louis Blanc, Albert, Ledru-Rollin, Barbés, Raspail, Pierre Leroux, Thoré,

« Ces citoyens sont nommés membres de la Commission du Gouvernement;

« Le citoyen Gaussidière est continué dans les fonctions de délégué de la République à la préfecture de police ;

« La garde nationale reçoit l'ordre de rentrer dans ses quartiers respectifs.

« A. Barbés, Albert. »

Une seconde proclamation, tracée sur une feuille de papier portant cet en-lêlc lithographie « République française — Gouvernement provisoire — le Maire de Paris à », est ainsi conçue :

« Le Gouvernement provisoire, prenant en considération le vœu du peuple, déclare qu'il va signifier

CHAlMTnb: SIXIEME. 2S5

immédiatement aux Gouvernements russe et allemand l'oi'dre de reconstituer la Pologne, et, faute à ces Gouvernements d'obéir à cet ordre , le Gouvernement de la République leur déclare immédiatement la guerre.

a Le membre de la Commission du Gouvernement,

« A. Barbes. »

L'Hôtel-de- Ville présentait, à ce moment, un tableau bien extraordinaire.

Dans l'aile gauche siégeait le maire de Paris, le représentant du Gouvernement régulièrement constitué, M. Marrast, donnant des ordres, recevant des communications, en relation avec le Pouvoir exécutif et les mairies, secondé par son adjoint M. E. Adam, par quelques représentants, MM. Gonti, Pietri..., M. Antony Thouret. Loin de reculer devant l'invasion, fidèle à sa fonction, il remplissait activement ses devoirs.

Dans l'aile droite siégeait un Gouvernement nouveau^ cherchant à se former, directement en rapport avec la foule du dehors et du dedans, dont il se disait l'émanation souveraine.

Trois mille individus encombraient l'édifice. Salles, cours, passages, couloirs, escaliers, fenêtres, la place, tout était rempli. Sur les appuis des croisées, entre les colonnes, en haut, en basj il y avait comme des grappes d'hommes, suspendues à la façade, ruche d'abeilles,

2S6 COMMISSION EXKCLTIVK.

allant, venant, Lourdonnanl. C'était un bruit, uno rumeur, (les exclamations, des vivats, des murmures, des cris, des transports !

Mais ici encore, comme dans l'Assemblée, pas un garde républicain, pas un garde national en faction ou gardant les postes n'est désarmé. A l'Hôtel-de- Yille comme à la Chambre, pas une goutte de sang n'est versée. La haine des envahisseurs contre les hommes du National ne tente rien contre M. Marrast. Toutes les fureurs de cette foule s'exhalent en tumultes et en vociférations, sans se porter aux actes contre les personnes. Ne voyons-nous pas là, des deux côtés, l'espérance de triompher sans effusion de sang, les quelques hommes qui n'auraient pas reculé devant le crime n'osant pas. Chacun semble être là pour son compte, pour son opinion, son vote, son droit, agissant suivant son désir, exprimant sa volonté, et se le disant. Un garde national, à qui un ouvrier voulait imposer sa liste de Gouvernement, répliquait : « Mais si vous avez le droit de choisir le vôtre, moi, j'ai bien le droit de garder le mien. )> Et l'ouvrier trouvait cela juste.

Ce contraste ne pourrait s'imaginer s'il n'avait pas existé. Dans aucune journée de l'histoire semblable spectacle n'avait été vu.

Mais une telle situation pouvait-elle durer? Déjà les plus fougueux commençaient à forcer la boutique d'un armurier du quai.

Les ordres sur ordres, incessamment et partout transmis par le Pouvoir executif , allaient prouiple-

cil A r nui; si\ii:\iK. 'i:<i

ment faire pencher le poids <lu nombre du eùle rlu Oouvernemenl réjiulier.

Le colonel de ki T)" légion avait dirigé denx bataillons sur l'Assemblée, le 1*'", commandant Brochard, par les boulevards; le 4% commandant Ra^^oin, par la place des Victoires et la rue de Rivoli. Parvenu à la hauteur du passage Delorme, M. Ragoin était allé prendre les ordres à l'état-major. D'après les nouvelles instructionsdu Luxembourg, le général Iniinard lui avait prescrit de se porter immédiatement sur l'Hôtel-do- Ville — quatre heures et demie. — Le bataillon avait aussitôt tourné àgauche, parle jardin des Tuileries, et en débouchant sur le quai il avait aperçu une colonne de clubistes qui remontait l'autre rive et se rendait également à l'Hôtel-de-Ville. S'avanrant parallèlement, ils étaient arrivés en même temps sur la place dégarnie de troupes, le bataillon par le quai de la Mégisserie et la colonne par le pont d'Arcole, au moment où l'on brisait les portes de l'armurier — cinq heures.

Tout aussitôt le bataillon se trouva noyé dans la foule qui, tantôt avec menaces, tantôt avec prière, lui criait : « A bas les baïonnettes ! Venez avec nous ! Soyez des nôtres ! •» Le bataillon tint ferme et put contempler un instant cette façade surchargée d'hommes et de bannières, ces listes jetées par les fenêtres, ces lecteurs à hautes voix, ces adhérents d'un nom

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raccueillant par des « Oui ! oui! » ces adversaires le repoussant par des « Non! non! » tout ce^ tourbillon vertigineux.

Singularité des mouvements populaires de cette journée où tout semblait devoir être extraordinaire ! Tout à l'beure le bruit d'une arme à feu a suffi pour disperser les six bataillons de la garde nationale ; maintenant une simple marche en avant vers le palais suffit pour balayer la foule et la rejeter dans les rues adjacentes. Mais bientôt elle reparut.

En ce moment, précédant MM. Lamartine et Ledru- Rollin, le général Fouché apparaît, bride abattue, suivi d'une seule ordonnance. Il s'arrête devant le bataillon et lui crie : ce L'Assemblée n'est pas dissoute. Vous avez un Gouvernement. Ici on veut en faire un autre. Le laisserez-vous faire? ou voulez-vous garder celui que vous avez ? Si vous repoussez l'autre, eh

bien ! entrez ! et f le par la fenêtre ! » A cette

énergique harangue, les acclamations : Vive l'Assemblée nationale! et les applaudissements éclatent. «Vous êtes bien décidés? » — « Oui ! oui! » Le général lève son épée. Roulement de tambours! On bat la charge ! et le bataillon pénètre, par l'escalier du milieu, dans la cour qui lui fait face. Le général se rend auprès du maire de Paris, lui annonce la venue des membres de la Commission executive et des légions, et se concerte avec lui pour faire évacuer l'Hôtel-de-Ville.

Avec ce bataillon entrait un bataillon de la C/. Ce bataillon, sous le commandement de M. Lescouvé, envoyé par le colonel Forestier sur la place de la Con-

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