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Mandé au Petit-Luxembourg, au sortir de l'Assemblée, M. Gaussidière confirma à la Commission executive l'otVre de démission qu'il avait faite à la tribune, se déclarant prêt à remettre la préfecture à la garde nationale. Le Moniteur annonce le fait en ces termes :
a Aujourd'hui M. Lamartine a quitté le Luxembourg à cinq heures avec M. Gaussidière, qui devait envoyer sa démission au Gouvernement. Ils ont fait route ensemble jusqu'au pont Saint-Michel. Là, ils se sont séparés. M. Gaussidière a été à la préfecture de police calmer et dissoudre, selon sa promesse, la garde républicaine. M. Lamartine a harangué la garde nationale et les troupes de ligne. Il a été emporté, au milieu (les acclamations et de l'enthousiasme universel, jus-
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([ue dans une maison où ou lui u amené une voiture qui l'a reconduit chez lui. Les officiers ont été obligés de faire battre le tambour pour lui ouvrir un passage. Grâce à ses paroles, toutes les inimitiés sont tombées et les deux troupes fraternisent en ce moment. »
Sur l'avis du maireduXII*arrondissement,M. Pinel- Oranchamp, que les 300 Montagnards , fortifiés dans leur caserne^ rue Saint-Victor, furieux, menaçants, ourdissaient un coup de désespoir, la Commission lui avait donné la difficile mission de faire occuper cette caserne parun détachement de sa légion. Après de longues et infructueuses négociations, l'heureuse intervention des élèves de l'Ecole polytechnique et du délégué de M. Caussidière, M. Grevât, parvint à apaiser les colères, à pacifier les esprits : les Montagnards se décidèrent à abandonner la caserne à la garde nationale ; et , le lendemain, retour des choses de ce monde! dans une adresse justificative, ils protestaient de leur respect pour l'Assemblée et de leur dévouement à la République.
Les généraux Bedeau et Glémeut Thomas se concertèrent avec M. Gaussidière pour la substitution de la garde nationale à la garde républicaine dans la préfecture de police. Il fut convenu que, l'une et l'autre, de commun accord et de bonne harmonie, y passeraient la nuit; et qu'afin d'éviter toute cause d'irritation et tout froissement d'amour-propre, la garde républicaine serait simplement relevée le lendemain matin par la garde nationale.
Le général Bedeau vint informer la Gommission
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executive de ces conventions heureusement conclues, el, rtemanda s'il ne devait pas donner l'ordre de la retraite aux bataillons qui bloquaient la préfecture. La Commission executive refusa. Un incident malencontreux, inattendu, pouvait surgir. M. Caussidière, de son aveu, n'élait pas maître des siens. Après une prudence si persévérante, au moment de réussir, il ne fallait point, par trop de hâte, compromottre un dénouement assuré.
Les bataillons restèrent donc patiemment à leur poste ; et le lendemain, à 5 heures du matin, la ganle républicaine fut relevée par la garde nationale.
M. Caussidière adressa simultanément, à la Commission executive sa démission de préfet, à l'Assemblée sa démission de représentant.
La Commission executive fît connaître par un message à l'Assemblée nationale la prise de possession de la préfecture.
Un arrêté de la Commission executive ordonna la réorganisation d'une çiarde répubUcaine parisienne, de 2000 hommes d'infanterie et de 600 hommes de cavalerie, placée dans les attributions du ministre de l'intérieur et sous les ordres directs du préfet de police. Il fut dit que les hommes provenant des corps licenciés, Montagnards, Lyonnais et autres, pourraient être versés de préférence dans cette nouvelle garde.
Improvisée sur les barricades de février, cette force s'était trouvée composée de tous les éléments, bons ou mauvais, formant les contrastes les plus disparates. A côté des citoyens les y^w^ dévoués, les plus honnêtes.
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les plus ]irohes, de cette population ouvrière qui, cii Moiise, gardait les trésors de la han(iue, veillait, malgré riiicitaliou lU' toutes les misères, de la faim, de la soif, sur les diamants de la couronne, et fusillait les voleurs dans la cour des Tuileries, s'étaient glissés des gens mal famés. Dans une épuration habilement faite par M. Grevât, qui en avait reçu mission du préfet, 91 repris de justice en avaient été élagués, sans contlit. « Leur tort, » dit M. Caussidière, « fut d'avoir introduit, au bout d'un certain temps, des hommes tarés de toutes les polices; c'est alors qu'on leur soulila de mauvais desseins et l'esprit de turbulence. »
Pour compléter les mesures de prudence, la surveillance du donjon de \ incennes fut sévèrement réglée et l'on y transporta, la nuit, les personnes arrêtées et conduites àl'Hôtel-de-N ille et au Luxembourg.
L'œuvre de pacitication était achevée dans Paris. Elle ne l'était pas dans l'Assemblée. Héritière des traditions du Gouvernement provisoire, la Commission executive avait heureusement triomphé des clubs armés, sans combat; elle avait à surmonter les obstacles préparés par les députés hostiles à la République. Elle avait dominé, subjugué l'anarchie ; elle avait debout devant ele la réaction.
Le Conseil des ministres rassemblé, chacun d'eux fut appelé à présenter des projets de loi qui, sous l'initiative du Gouvernement, pussent féconder les
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institutions répuhlicainns, donner l'impulsion aux études parlementaires et progressives et satisfaire aux nécessités présentes.
La dilficile et intéressante question du travail tenait toujours en éveil la prévoyante sollicitude du Gouvernement. Le ministre des travaux publics apporta des projets de canalisation et une demande de crédit pour les Ateliers nationaux.
Le ministre des finances remit le projet, longuement élaboré, du rachat des chemins de fer par l'Etat, afin de donner aux ouvriers des Ateliers nationaux des tra- .vaux sérieux et productifs.
Le ministre du commerce présenta un projet de loi sur l'institution si conciliante des prud'hommes.
Le ministre de la justice fut chargé de déposer, sur le bureau de la Chambre, un projet qui dispensait les membres de la Commission executive de la présence obligatoire dans l'Assemblée, et qui, dans le but de rétablir l'unité du commandement, leur réservait la direction des forces publiques au dehors du palais des représentants
Le ministre de l'intérieur eut à déposer également un double projet de loi, qui prohibait toutes réunions et associations armées et étendait à Louis-Philipiic et à sa i'amille l'interdiction du territoire français, protioncée contre la branche aînée des Bourbons par la loi du I (I avril 183-2. a Ce double projet, » ditrexjiose (\e^ motifs, '( a pour but de mettre le pouvoir en demeure de défendre la société contre tous les insensés qui veulent le renversement de la République. Les uns l'attaquent
cil \iMTRK m rm.Mi:. nia
par leurs tentatives anarchiques et anti-sociales; les autres, par de sourdes excitations, par des mant^uvres corruptrices, au profit de restaurations impossibles. » Le général de division, Eugène Cavaignac, fut appelé au ministère de la guerre ; à la préfecture de police, M. Trouvé-Chauvel, député de la Sarthc, où avaient été élus successivement AIM. riarnier-Pagès aine et Ledru-Hollin.
Les projets de loi portés à l'Assemblée nationale, le 17, donnèrent aussitôt lieu à une nouvelle manifestation des députés de la droite contre la Commission du pouvoir exécutif. L'urgence de ces projets étant réclamée, ils voulurent les assimiler à toutes les propositions faites en vertu de l'initiative individuelle des députés. Le règlement, voté la veille, exigeait pour ces propositions : l'appui de cinq membres au minimum ; la fixation d'un jour pour l'audition; la délibération, au jour désigné, sur l'admission en principe; et enfin, en cas d'admission, le renvoi à une commission ou a un comité;, sauf le cas d'urgence qui devait être annoncé la veille et compris dans l'ordre du jour.
MM. Bénard, Duvergier de Hauranne et Vivien soutinrent avec énergie l'assimilation. Elle fut énergiquement combattue par les minisires , MM. Crémieux, Flocon, Trélat, Jules Favre et par M. Ferdinand Lasteyrie.
a ....T'ai entendu, » dit M. Trélat, «■ avant-hier, ceux
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(jiii avaient violé l'Assemblée dire qu'ils ne voulaient ()ln> de pouvoir exécutif. Ce que j'ai entendu avanthier, je ne m'attendais pas à l'entendre aujourd'hui. » A M. \'ivieii qui afîirmait « qu'il ne s'agissait que d'un délai de trois jours, )- M. Garnier-Pagès répliquait : « En trois jours la République peut périr. »
Cette exclamation avait fait sensation. La discussion se passionnait. M. Jules Favre indigné s'était fait rappeler à l'ordre pour une interpellation trop vive à la droite. Le président fut obligé de se couvrir et de suspendre la séance.
Après une suspension de dix minutes, M. Jules Favre proposa un ordre du jour motivé qui déclarait la non-assimilation.
M. Dupin aîné réclama une nouvelle rédaction du règlement pour les projets présentés par le Gouvernement.
M. Marrast soutint l'ordre du jour motivé : k Est-il possible que vous puissiez appliquer aux projets de décrets du Gouvernement un règlement qui dit que les propositions doivent être appuyées par cinq membres, la lecture à un jour désigné, etc.? est-il possible que vous conipreniez qu'on puisse gouverner un instant, accei»ter une minute le pouvernement avec des conditions semblables y \ ous destituez votre Commission executive; faites-le hardiment. J'aime bien mieux qu'on dise franchement, nettement : « Nous n'eu voulons }jas, nous la voulons à d'autres conditions. 11 Mais qu'on ne vienne pas la taquiner, la tirailler par toutes ces discussions. «
(Il Al'l I \\\: lit II II.MK. ii-.M
L'Assemblée votn l'oi-dit; du jour motive. Ce vote lui suivi de cris de : Vive la République !
\a' lendemam 18, l'attaque de la droite contre le l'oiivoir exécutif devait être jtlus directe et plus violente. En réponse àde nombreuses adhésions venues des départements, l'Assemblée avait décidé qu'elle adresserait une proclamation au peuple français. Deux [irrtjets lui furent soumis, l'un rédigé par M. Dornès, l'autre par MM. Bérard , Freslon , Beaumont (de la Somme) et Montreuil. La pi-iorité fut donnée à ce dernier projet. Il contenait ce paragraphe :
« Citoyens ! Prenez coniiance dans les destinées de la patrie, l'ordre sortira plus affermi de cette grande épreuve. La justice, dans son action régulière, mais énergique, atteindra les coupables. Sans mesures extraordinaires , sans lois d'exception, nous anéantirons leurs odieuses espérances; il n'y aura pas d'autres reactions que la fermeté de tous les pouvoirs, (Trèsbien!) Le Pouvoir exécutif, exercé avee vigueur et avec imité, ne pactisera pas avec le désordre. Loyalement obéi par de fidèles agents, il ne confondra pas avec les vaillants serviteurs du peuple les promoteurs ou les suppôts de l'anarchie. (Très-bien!) Les mstitutions républicaines cesseront d'être tournées contre la République elle-même ; le droit de pétition, le droit de réunion ne seront plus employés perfidement, comme des armes contre la liberté. Les minorités factieuses
n-J. COMMISSION EXECLTIVE.
connaîtront leur faiblesse, et vos représentants, investis de la toute-puissance qu'ils tiennent de vous^ s'appliqueront à organiser, sans troubles et sans passions, la plus large démocratie que l'Europe ait vue jamais. (Très-bien! très-bien!) Nous fonderons sur la base du droit une République forte et pure, grande et calme, digne de la première société du monde. »
Après une seconde lecture, M. Durrieu demande l'impression et le renvoi aux bureaux, vu l'impossibilité d'amender, sur une simple audition , une aussi longue proclamation. 11 lui reproche d'être empreinte d'un ton emphatique inopportun, et il signale, comme une sorte de censure contre la Commission executive, cette phrase : « Le pouvoir exécutif exercé avec vigueur et unité... «Cette citation est accueillie de nouveau par les : très-bien (de la droite) ! aux voix ! la clôture !
M. Emmanuel Arago combat la clôture et soutient le renvoi aux bureaux.
La clôture est prononcée au. milieu de l'agitation croissante. Le renvoi aux bureaux est rejeté. Les interpellations se croisent ; le tumulte domine les voix. L'impression est également repoussée. Le ministre du commerce réclame comme un droit absolu le vote par paragraphes. La droite se lève pour le vote d'ensemble. La contre-épreuve se perd dans le bruit. Le président prononce l'adoption du vote d'ensemble. Des réclamations énergiques partent de tous les bancs de la gauche. Le tumulte devient tel que le président, ne pouvant le dominer, veut céder le fauteuil à un vice-présidenl. Au moment où il va renouveler l'épreuve sur le vote
(lun 1 m; m i! ik.mk. :f23
(l'ensciiibk'Jc uiinistnMiu coiiiiiierce,M. Flocuii, iiionlo ;i ;i lril)iine cl l'ait cntemlre ces judicieuses paroles :
(( Vous voulez ULiir sur l'esprit de la natiou, lui prouver que vous avez confiance en elle et la remercier de la confiance qu'elle a en vous? Eh bien ! il faut lui envoyer un témoignage qui soit revêtu de votre unanimité, autant que cela est possible, et que ce ne soit pas, sur une miséraljle équivoque de vote, (lu'une division éclate parmi vous.
« N'est-il pas évident aux yeux de la raison et du
bon sens qu'une pièce (Exclamations ! l'orateur se
dispose à quitter la tribune.)
« Plusieurs membres (au pied de la tribune) : Restez I expliquez-vous jusqu'au bout !
(( Lemi7iistre: N'est-il pas évident qu'une pièce de cette étendue peut contenir une seule expression susceptible d'arrêter un vote, et que, cette expression supprimée, vous pouvez avoir un vote unanime, au lieu d'une division... »
Cet argument péremptoire fait une vive impression.
M. Dupin, pressé par quelques amis plus prudents, monte à la tribune et reconnaît que la proclamation ne peut avoir le succès et le résultat désirables, que s'il y a unanimité et non tiraillement. Approuvé par des très-bien ! très-bien ! il ajoute :
« Je serais navré si cette proclamation semblait l'œuvre d'une hésitation quelconque ; et je demande l'ajournement, ne serait-ce que jusqu'à la fin de la séance. (Vive adhésion à gauche.) 3>
En depil de quelques députés de la droite qui crient
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(lu'on ne peul revenir sur un vole, l'Assemblée décide le renvoi au lendemain. Le calme se rétablit.
Les membres les plus cl.iir-voyants et les f)lu.modérés de la droite, dont M. 1 )u pin avait été improvisé l'interprète, et les représentanis ([ui acceptaient loyalement la République, mais qui, indignés delà violence faite le 15 mai à la représentation nationale, se laissaient entraîner à un sentiment de réaction, s'étaient aperçus qu'ils avaient dépassé le but et étaient revenus sur leurs pas. En ell'el, le vote de ce paragraphe, avec l'ensemble de la proclamation, sans examen, tans discussion, était une censure sévère, injuste, du gouvernement républicain ; il eût abouti à son renversement. Ce que l'émeute n'avait pu faire, la droite elait sur le point de l'accomidir.
Tandis que les représentants, partisans des anciennes monarchies, s'elforeaieiil de miner ainsi le gouvernement républicain, la presse, qu'ils inspiraient, se livrait à une r(>crudescencc d'agressions violentes, non-seulement contre la Commission executive, mais contre l'Assemblée elle-même. Cette presse, qui avait déversé sur toutes deux l'outrage et le mépris, leur reprochait de s'être laissé attaipier. Elle avait tout fait pour ati'aiblir leur autorite, et elle les accusait de faiblesse ; elle
(M AI' nui; III n ii;mi;. :i2:i
ii\;iil, |i;i,i' une iiulciiiiqnc |)iuvu(';ili'icc', sii^^citij i'jiiiairhie, et elle on faisait [>eser sur elles la responsabilité. <c Nous ni' Ndiilons jms de ii'aclioii, w (lisait le (linis- !iliili(>u)i('l 17 mai). (.< Nous voulons le uiainticii et l'iil'l'crniissement de la République. Mais il faut pour cela un pouvoir sincère et loyal qui inspire confiance. Qui donc dans l'Assemblée oserait jurer que plusieurs des membres dn (louvernement ne fussent })as prêts à profiler du résultat, quel (pi'il fui. de cet[e espèce de linei-rc civile et à se ranger du côté des vainqueurs? »
(18 mai) u... L'Assemblée, la i;arde nationale, l'armée, la population, le pays ont montré, envers le Pouvoir exécutif, une longanimité sans exemple. S'il se trouve faible et cbancelant, qu'il en chercbe la cause en luimême ; mais désormais, il faut ((u'il le sache bien, l'Assemblée, la Nation se défient de lui. )>
Le Siècle tO mai : <( Quant au pouvoir, nous le cherchons vainement. Il n'a point de nom, point de forme, point de représentant sérieux. »
UUnion (17 mai) : « Nous le disons à roiirel, les représentants du pays ont mal compris cette donJilc mission. (Ordonner une enqui'te et décréter des mesures énergiques.) Il fallait suppléer à la nullité, à l'incapacilé de la Commission executive. Mais le temps s'est écoulé en inutiles récriminations. La séance a offert le spectacle mesquin de luttes personnelles, sans dignité, sans gravité aucune; le rapetissement était universel. »
Ce que les partisans des anciennes monarchies s'efforçaient surtout d'etal)lir, dans leurs discoui's, dans
W, <:O.M.MISSI().N KXKCITIVK.
leur polt-iniffiie, c'est que les événements s'étaient (It'iioïK's (]'(Mi\-iiiémes, c'esl que le pays s'était sauvé tout seul :
Si, dans la matinée du 15 mai, la garde nationale avait été volontairement lentcà se réunir, si les bataillons avaient un effectif minime, si la 1" légion n'avait pas gardéle poni de la Concorde, c'était la faute du <iouvernement. Mais la levée rapide des légions, leur affluence autour de l'AssemLlée et de rH(Mel-de-Ville, la répression sur tous les points, c'était le fait de l'initiative individuelle. Les ordres de rappel doublement transmis, l'impulsion donnée, la direction indiquée à chaque colonel, à chaque maire, à chaque bataillon, on n'avait |)u les nier le jour même ; on les passait sous silence le lendemain ; plus tard on essaya de les méconnaître. Pour rétablir la vérité obscurcie à dessein, le Gouvernement réclama des rapports de toutes les mairies, de tous les états-majors des dix-huit légions de la garde nationale, de la garde mobile et de l'armée. M. Marie en lit le résumé, inséré au Moniteur, résumé Adèle et rempli d'intérêt '.
A la séance du lendemain, 10, le mouvement hostile (larnl complètement modilié. La nuit avait portéconseil. Si l'intention de renverser la Commission executive
' r/esl (1:ins res rniroils et diuK !(< pièpes du procès de Uonrues 1(111' j'ai |)iiisé les dates, les heures, li' iniiiiln'e et hi iiiiii'i'lie des liatailioiis. avec nue l'iécisiou nialliénialici.ue.
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n'élail pas olcinte au i'ond du cœur, clic allait luoiucntanément se dissimuler. Le péril d'une réaction Iroi) ra|)i(l(î était évident. La majorité s'en apercevait et se déplaçait.
Les nllra-révolutionnaires commençaient à se r('jouir devoir cet assaut livré aux ré[)ublicains qu'ils apiiclaient modérés. — Vous le voyez, leur disaient-ils, vous (Mes attaqués à votre tour. Après nous, c'est vous ! C'est la République qu'on veut détruire. Si vous aviez consenti à expulser tous les chefs réactionnaires que vous avez laissé pénétrer dans l'édifice pour le renverser, vous ne seriez pas menacés aujourd'hui. Une semaine ne s'est pas écoulée depuis l'installation du Pouvoir exécutif et du Ministère, et déjà se sont succédé les tentatives contre vous. La réaction n'est pas iiti fantôme comme le prétendent les réactionnaires. A'ous en recevez et vous en sentez les coups redoublés. Un simple vote ! et vous n'existez plus ! Pourquoi avez-vous, avant le temps, abdiqué la dictature?
Les républicains, qui avaient lutté vigoureusement et avec succès contre les envahisseurs de l'Assemblée, se retournaient avec la même énergie « contre ces surprises de réaction, contre cette tactique sournoise qui s'efforce sans cessé de glisser subrepticement dans les discussions des éléments de division et de discorde. Entraver à tout propos la marche du Gouvernement, par des (luestions de forme, par des chicanes, embarrasser, ralentir son action, diminuer son autorité, rendre sa situation difficile, et, tout en le sommant de faire son devoir, lui en refuser, si l'on peut, les moyens, telle est
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la tactique adoptée!... A grands renforts de sophismes habilement déguisés, arracher à l'Assemblée un vote en désaccord avec ses sentiments intimes, où cela peut-il mener? » [Natmial).
M. Lamennais, dans sa haute intelligence, disait : « Nous avons confiance dans le Gouvernement, dans ses lumières, dans sa vigueur et son patriotisme, mais que peut-il? Voyez sa position incertaine, tlottante, dépendante des caprices mobiles d'une Assemblée qui ne sait pas bien encore ni ce qu'elle veut, ni ce qu'elle doit vouloir ; d'une Assemblée où l'on ne découvre l'esprit de suite que parmi ceux dont le but évident est de décomposer, de dissoudre l'administration pour s'en emparer, de rendre jusque-là tout pouvoir impossible. En harcelant les hommes de cœur , en leur créant chaque jour de nouveaux embarras et des difficultés nouvelles, on les contraindra de se retirer, on fera doucement, légalement, ce que l'émeute a tenté de faire par la violence. Il n'y a de différent que le moyen ; le résultat est le même. »
Les députés les plus intluents de la droite commençaient à se demander si, par trop de précipitation, ils ne compromettaient pas la réalisation de leur vœu. La Commission executive et le Ministère tombés, quel pouvoir, quels hommes les remplaceraient^ Qui accepterait pareil héritage? Des républicains seuls pouvaient résister au flot révolutionnaire. Toute autre autorité serait emportée. Il était donc indispensable de temporiser. Les représentants, même les plus agressifs (!('<; dei'uières séances, arrivèrent à celle du 19 avec
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(les ilisposilioiis moins belliqiu'uses, sinon pins Ijipn- \t'illaijl('>.