‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 5)Chapitre 12 sur 49 · CHAPITRE TROISlKMi:. Ul · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISlKMi:. Ul

lUMUcnt provisoire, u jo traîne (li\ sous tlo moins |i;ir jour, ol ru in'osl l'iral, car je coiupn'iiils (|ii(' do rion je suis ilevenu (jiii'l(|uc eliose. » Mots profonds, (pii résuinoul une «''po(|ue.

!.cs peuple<,eoiume les rois, doivent savoir se rep;arfler en face daii^ le miroir de leur pass('', pour se puiilier dans l'avenir. Aussi nous avons rapport('' les livperholes de lani^aj;»', les lln'ories absolues, les projets lu/arres, les erreurs i<rossières, les louijues, les passions outrées, les scènes diamalifjues, les prédications insensées, les complots ténébreux, les discussions excentriques, les (juerelles réitérées, les luttes projetées, les frayeurs produites, et le désordre des inia.^inalions. Mais la justice ne veut-elle pas maintenant que Ton examine sans esprit de parti , sans prévention , l'autre coté du tableau, et que l'on s'arrête aussi sur le bien qui s'est fait alors, sur les bonne- pensées et sur les belles actions du peuple ?

Dans les réunions de toutes sortes, (pie de paroles sensées! cpie de ré\él;itions inléi'cssantes î (jne d'enseic;nemenls utiles! (pie d'abus d(''vi)i!('<s ! (pie d'inspirations honnêtes! (pie de leçons de moralité! ([ue d'exemples de dévouement! Combien de citoyens sont venus épunclier en nobles termes les trésors de leur co'ur! (Combien, à ces tribunes improvisées, ont apporté des idées longuement mûries par l'expérience! Combien ont sondé les plaies (pii dévorent (•lia(pie étal, cha([ue profession, et en arrêtent le ra[)ide essor! Combien ont

indiqué de salutaires remèdes aux maux qui accablent la société ! Que de lumières répandues ! que de honteux mystères mis à jour ! que d'impostures dénoncées! que de théories vraies ! que d'applications possibles ! que de voies ouvertes à la science , aux arts , aux métiers ! que de progrès sérieux ! que de fois l'amour de l'humanité et l'amour de la patrie ont fait palpiter les cœurs, embrasé l'auditoire , et provoqué les applaudissements même des plus indiflTérents !

Cette nation, en vivant au grand air, sur la place publique, doublait son activité, accroissait son intelligence, centuplait sa puissance. Souvent envoyait un citoyen des plus humbles et s'ignorant lui-même sortir de la foule, se révéler homme de génie, et répandre autour de lui une éloquence persuasive, entraînante, pleine de verve et de logique. C'est que lorsqu'on remue les fd^res Immaines, à côté du mal on en tire beaucoup de bien ! Les imaginations s'exaltent, les idées naissent, les cerveaux travaillent, les têtes bouillonnent, les découvertes s'opèrent, l'avenir s'ouvre; on s'élance dans toutes les carrières, et dans toutes on arrive à un état meilleur et plus prospère !

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