‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 5)Chapitre 15 sur 49 · CHAPITRE QUATIUIIMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATIUIIMK

nonccf il y a j)liis »l«' ciiHHiaiifc ans, » <lil M. I.oiiis IMiiiM-, (• (>sl (|uo rarhre tlo la lihcrlr ne pouxait noitro «jn'arrosr par U* sanfi tins rois; aiijoiinriuii nous piaulons l'arl»re de la lihertf, mais nous ne voulons [)as, MOUS, qu'il soit arrosé de siini; »

l,e2N, le cure de la .Madeleine, M. Heuzolin , escorte par des ouvriers ot des soldats de la marine, IxMiit un arbre de la lilierlé sur la place de la Révolution; on l'écoute au milieu d'un recueillement profond : « (iitoyens, en plantant celarl)re de la liberté, en nous le t'aisiint bénir, vous voulez élever un monument (pii atteste à jamais les sentiments (pii vous animent, sentiments aussi religieux (|u'ils sont |)atrioli(pies. Vous serez tidèles à ce noble svnd)ole, à la «loiieuse devise de vos drapeaux, en alFermissant l'ordre par Texercice de la liberté, en consacrant la liberté devant la loi par le respect et la fermeté, en demeurant unis par la fraternité. Pour nous, en échange des bénédictions (pie vous nous demandez, nous ne réclamons d'autre prisilége (pie d'être toujours les pères de nos frères. Vive la Hei)ubli(iue! » (Hravos.)

\ll

Kntouré \'M\ mars) des élèves de Saint-Cyr, d'Alforf, de l'Kcole centrale et de gardes nationaux, ()ui sont allés le chercher pour bénir un arbre de la liberté sur la place du Carrousel, M. Demerson, curé de Saint-

Germain l'Auxerrois, donne sa bénédiction, après que son clergé et le peuple, unis, ont entonné trois fois le chant du Domine^ salvam fac Ronpublicain . Puis, à la multitude attentive, il adresse ce solennel et remarquable discours : •

« Chers concitoyens!

» C'est avec bonheur que la religion, appelée par vous, vient de bénir cet arbre de la liberté. Cette liberté, le plus bel attribut de l'homme, avait été gravée par Dieu lui-même, dès le commencement, dans le cœur de sa créature. En vain, avec le temps, on voudrait l'étoufTerau fond de ce cœur; les racines indestructibles que Dieu y a plantées lui feront toujours produire des fruits... La liberté, pour être vraie, doit être ce que Dieu l'a faite pour l'homme, c'est-à-dire sainte, pure, respectueuse pour les droits de tous , et ne faisant de tous les enfants de Dieu qu'une seule et même famille constituée dans l'égalité et dans la fraternité, base solide que Jésus-Christ, Fils de Dieu, est venu développer, compléter parmi les hommes, et sanctionner au prix de son sang répandu sur la croix pour le salut de tous. Vivent donc au milieu de nous et la liberté, et l'égalité, et la fraternité, selon l'Évangile de Dieu! Vive la République, qui les aura consacrées au milieu de nous pour toujours ! »

Le général Courtais, accompagné de M. Guinard, et suivi de tout l'état-major de la garde nationale , s'avance et dit: « C'est avec un grand bonheur que

nous voyons le clergé français à toutes nos démonstrations de liberté. Il est à la hauteur des devoirs qui lui

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sont imposés, ce cloiiî!- (}iii m a pas craint, dans les journées do Kévrior, d»' so montrer dans les rues, et de venir remplir la sa sainte mission, celte mission (pi'il tient de l'Kvaniiile, de ri-*\aiiuile, ce code de tous les républicains. l.'Kvanijile, dans toute sa pureté, n'est pas le code d'un peuple, il est celui de toutes les natidus. Avec rKvan.uile, il \ a liberté, égalité, IValerriit*'! Honneur, citovens! gloire an cleruc' français, (ini ((unprend si bien sa mission, la mission qui lui a clé confiée par le Rédempteur du monde. (Vive le cleru;é! Vive la relii^ionl \'ive la R(''pul)li(pie! Vive le i^énéral Courtais!) »

M. le curé de Saint-liennain lAuxerrois repli(jue ;

« Concitoyens, ce que nous venons d'accomplir

au nom de la relii2;ion n'est pas une simple cérémonie extérieure et de complaisance , nous la prenons au sérieux. C'est de tout notre c(jL'ur que nous demandons

à Dieu de bénir la liberté Je sais bien qu'au milieu

des commotions et des divisions polili(|ues, le clergé a pu se méprendre sur l'expression extérieure de cette liberté; mais ses sentiments restaient cachés dans un sanctuaire, à peu près comme chez l'ancien peuple où le feu caché sous la cendre par ses lévites vivait d'une manière inextinguible, quoicpic ne se produisant pas au dehors; mais au retour de la captivité, quand Dieu fut rendu à la liberté de son peuple, cette cendre, remuée et bénite par la main des lévites, retrouvait toute son énergie et projetait de magnifiques gerbes de feu, (Bravo! bravo! A[)plaudissemcnts redoublés. ) Mes paroles vous révèlent une grande émotion, prescpie un désordre de paroles, mais c'est la noble trahison des

sentiments qui m'agitent. Vive donc la liberté qui nous est enfin rendue à tous! que Dieu la protège toujours au milieu de nous et la rende féconde pour le bonheur de tous! )) (x4pplaudissements redoublés.)

Le général Courtais prie le curé de se rendre avec le peuple à l'église pour chanter un Te Deum. M. Demerson s'empresse d'obtempérer à cette demande: « Convaincu que le vénérable chef du diocèse approuvera

Convaincu aussi que cet immortel pontife qui préside en ce moment aux destinées de l'Église universelle, s'il nous voyait et s'il entendait toutes ces acclamations, nous pousserait lui-même dans le temple, pour remercier Dieu de ce que la religion , au milieu du peuple français qu'il aime, vient de proclamer la liberté sainte et chrétienne à laquelle il a lui-même imprimé l'impulsion! Concitoyens, Vive la République! Vive Pie IX! Vive cet immortel pontife! » La foule répète ces acclamations avec enthousiasme.

Le cortège se rend à l'église, la croix et le drapeau tricolore en tête; le peuple entre avec ordre et remplit le sanctuaire. MM. Courtais, Guinard, l'état-major, les élèves des Écoles occupent les stalles du chœur. Le Te Deinn, entonné par le curé, est chanté par le clergé et par le peuple.

Dans l'établissement des jeunes enfants de Saint- Nicolas, fondé par l'abbé de Bervenger, le ministre de l'instruction publique, M. Carnot, M. Bûchez, le maire du dixième arrondissement , M. Roger, le curé de Saint-

cil UMTUK ui"ATHii;Mi-: ir»9

Siilpice ol son ileifié, le> frères, lus cliel's d atelier, les hii'ul'aitcurs de l'œuvre, les parents tles élevés, les lourdes nationaux des postes voisins, assistent a la plantation d'un arbre ilo la liberté. Apres la bénédiction par le curé, le ministre adresse aux. écoliers une alloeution paternelle (|ui provoipie des applaudissements; et M. Hucliez développe cette pensée sublime, que le travail et le .sacritice sont les lois du proi^rès et les devoirs des honnnes :

" Les lionmies cpii, liier, sont morts noblement

sur les barricades, se sacritiaient pour obtenir cette Uepublicpie dont ils no jouiront ()as; tous ceu\ (jui ont pris les armes avec eux. allaient courir les mêmes danijiei's. S'ils avaient pensé à eux, s'ils avaient pensé à une récompense actuelle, ils se lussent abstenus, car ils allaient au-devant de ce danger de mort (jui ne permet point ces récompenses que distribue la main des hommes. (Sensation prolongée.) xVujourd'liui môme que nous possédons cette République, notre vieille espérance, notre but; aujourd'hui ne sommes-nous pas condamnés à de pénibles elForls, à d'innnenses fatigues pour la fonder, pour l'établir, non pas pour nous, mais pour nos enfants? (Vifs ap])laudissements. )

M Ce seront nos enfants (pii cueilleront le fruit de l'arbre que nous arroserons de nos sueurs 1

)» Vous-mêmes, ouvriers (jui m'écoutez, pourfjuoi les pénibles et rudes travaux auxquels vous vous livrez?... C'est pour vos enfants, c'est pour vos familles! (Vifs applaudissements.) Nous-mêmes, magistrats que le peuple a tirés de son sein pour les mettre momentanément à sa tête, nous-mêmes, (\uo faisons-nous, que

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devons -nous faire pour être dignes de la confiance pul)Iique, dignes de Thonneur qu'on nous a fait? Nous devons nous oublier conipléfenient, absolument, donner notre vie, tout, à la République. (Nouveaux applaudissements.) Nous devions être contents d'une seule chose, c'est d'accomplir notre devoir. (Bravos.) Le devoir est la loi , la règle, le principe du bien en ce monde. Quand le devoir commande, il ne faut pas regarder derrière soi , ni à droite ni à gauche ; il faut marcher droit devant soi, là où il vous appelle! (Applaudissememts.)

)) Or le devoir ne s'accomplit jamais qu'à une condition, c'est que l'on ne pense jamais à une récompense. La récompense du devoir accompli , jeunes élèves et ouvriers qui m'écoutez, est ailleurs que sur cette terre; c'est Dieu qui s'en est chargé. » (Longs et unanimes applaudissements.)

Un ecclésiastique, enthousiasmé par cette morale élevée, dominant de sa voix toutes les voix qui acclament, s'écrie : « Oui, mes enfants. Vive la République, qui appelle de tels hommes au pouvoir! »

Sur la demande du peuple et de la garde nationale, le 29, à sept heures du soir, l'abbé Pe\ re bénit un arbre

de la liberté sur la place Cadet; il dit : « Le prêtre

est naturellement ami du peuple. Nous sommes les ministres d'un Dieu mort pour le peuple. Ceux qui sont venus après lui ont été animés du même esprit. Ce sont eux. qui ont porté d'un bout du monde à l'autre, jus-

cil AIMIHI-; OUATIUKMK. ICI

(jn'au foiul «If I Imlo et de la (lliiue, les juiiu-ipcs do liberté, d'éiialile, de IValeniitr , (jiic vous venez de

prorhuuer Ix» cause du j)rèlre est inséparable de

celle du p»'U|>le 1 »

Au milieu di> la itopulation de Hatii^uolles, le curé de eette cojniuuiu* 2H mars soulèx e des acclamations

unauimes : « Vous ave/, eu inie ijraiule et belle

pensée, en phuant sous la juoterfion de la croix l'arbre ^Niubole d(» raiVraucliissemeut du monde. De hi eroi.K sont toud)ées ces Md)limes paroles : Joi, espérance, amour. De l'iu-bre de la liberté descendent sur nous ces mots non moins sublimes : Liberté, éiralile, Iraternilé. Honneur à ce j)euple niaiinanime (jui a cotupiis la liberté! 11 nous l'a donnée à nous-mêmes. Comme le peuple, nous étions des parias; aujourd'bui, nous sommes citoyens. Vous nous avez vus jjrès des cercueils des héros de la liberté, demandant à Dieu pour eux la palme des martyrs après le combat. A'ous nous retrouvez près de l'arbre de la liberté [)our (pi'il le f«''('onde. »

Le même jour, à la barrière du Trône, le clergé de

Sainte- Mariiuerile vient, en erande cérémonie, avec

toutes les j)on!pes de rKijIisc, bénir l'arbre de la

liberté. L'abbé Huironnet s'adresse aux assistants :

« Citoyens, mes frères, tout en regrettant l'absence du

jiremier j)asteur de celte jjaroisse, dont le cœur est

ren»pli de sympathie et d'amuur pour chacun de vous,

et dont le dévouement vous est connu, je suis heureux

et lier du rôle (|ue je viens remplir au milieu de vous,

en devenant linlerprète de mes dignes confrères les

prêtres de Sainte-Marguerite. La solennité qui nous IV. 11

réunit en ce jour n'a pas commencé d'hier seulement; il y a dix-liuit siècles que le premier arbre de la liberté lut planté sur le sommet du Calvaire. Cet arbre, arrosé du sang d'un Dieu -homme, a poussé de profondes racines. Ses branches se sont étendues sur le monde; et tous les peuples de la terre demandent maintenant à se reposer à l'ombre de son vigoureux feuillage. Ministres d'un Dieu qui mourut pour la liberté du monde, dont le sang brisa les chaînes de l'esclavage, et dont le dernier soupir refoula dans l'abîme l'esprit de servitude; dépositaires d'nne doctrine qui proclame l'égalité en effaçant la ligne de démarcation qui séparait l'esclave de l'homme libre , pour ne faire de tous les hommes qu'un peuple de frères, membres de la grande famille humaine dont Dieu est le père, nous voulons la liberté, mais une liberté grande, généreuse, une sainte liberté; nous la voulons pour vous tous, citoyens, dont le sang a coulé pour la conquérir; nous la voulons pour nous, prêtres, afin de continuer librement notre ministère d'amour et de dévouement pour nos semblables; nous voulons l'égalité, égalité de droits, égalité de protection de la part de la loi, égahté de sympathie de la part de nos frères. Nous voulons la fraternité. Certes, depuis dix-huit siècles, c'est là notre enseignement, et selon l'ordre de notre Maître, nous n'avons cessé de crier aux hommes : Vous êtes frères, aimez-vous les uns les autres !

» Croyez-le, citoyens! croyez-le, mes frères! dans ces cœurs de prêtres, vous trouverez toujours amour et dévouement. Ministres d'un Dieu de paix, Dieu nous défend de verser le sang, même le sang ennenu'; mais

CMAl'ITHi: Ol ATHIKMK. If.l

>i, ce (|u a l)ieii ne plaide, lu pairie en «lanf^iM* ilfiuaiiilail encore t»l vos bras vl votre sing, soyez sArs dv nous trouver auprès «le vous pour adirer sur \os armes la heneiliclion du Dieu des arni(''es; nous serons la pour panser vos blessures, consoler \os derniers nionienis, en NOUS uionlranl la couronne (pu» le ciel nous reserve. Nous serons là pour repeler a \(tlre oreille ce rerniiii ipii partait d(> \os ànies :

' Miiiii II iioiii l.i iLilrii- !

■ ll'l-tl II' siirl If |llll-i llf.lll , Ir |llll« ill|MI(' il l'iivio! n

» Oui, c'est le sort le plus beau! paice (pie niourii" j)o!ir la patrie est mourir pour son devoir; c'est mourir comme le (llirist . e\pirant pour sau\ erses frères! »

« Os belles paroles, » dit Union, (pii les rap|)orte, « excitèrent un vit" enthousiasme; et les cris de Virr le rierf/é! Vïtr M. Iliif/(nin('t ! retuntireni loniilemps. >i

Lorsqu'on lit ces discours, pris entre mille, on ne |)eul fermer son c(pur à l'admiration, ni s(^ défendre de ce Hième enthousiasme (pii enllammail le peuple en les écoulant. Une éloquence chaleureuse et entraînante, un enseiiïnement de morale pure et d'abné.i?alion sainte, un sentiment profond des divines maximes de l'Evanijile, un amour vrai de l'humanité, de vives symjialliies pour le peuple, des prières touchanles pour un avenir prospère, un appel à l'ordre, à la concorde, à la charité, voilà ce (pii provixpiait ces acclamations, ces ap|)laudissemenls de fous. C'était un spectacle

ir,l GOUVERNEMENT PROVISOIRE.

solennel que celui de ces ministres de Dieu, revêtus de leur costume, entourés de toute la pompe du culte, venant sur la place publique revendiquer, au nom d'un Christ sauveur mort sur la croix, ces mots, sublimes lois du monde, que la Républi(iue inscrivait sur son drapeau : Liberté, Égalité, Fraternité!

En méditant ces inspirations jetées sans apprêt à la foule, en découvrant combien elles sont en harmonie avec la véritable doctrine chrétienne, on doit penser que ceux-là qui les prononçaient exprimaient des convictions sincères. Rien ne décèle la contrainte dans leur langage. Ils épanchent, avec un bonheur avoué, leurs cœurs dans le cœur du peuple. Leurs saintes paraboles descendent du haut de la croix, symbole du sacrifice. Ce ne sont pas des prêtres prêchant pour leur saint, pour leur église, pour leur domination! ce sont des apôtres enseignant la liberté pour tous ! Ils ne s'efforcent pas de s'imposer, et ils conquièrent l'influence d'autant plus sûrement qu'ils semblent moins la rechercher. Aussi voit-on le peuple s'empresser autour d'eux, et non-seulement les respecter dans le temple, mais encore les appeler à ses cérémonies. C'est l'entraînement des citoyens de toutes les conditions, de tous les âges, de toutes les opinions. Les chefs provisoires de l'État, les chefs de clubs, s'associent aux chefs du clergé dans ce mouvement de l'opinion publique. N'estce pas l'un des faits les plus remarquables de la Révolution de 1848? La bonne foi du clergé apparaît évidente; elle est constatée par tous les documents sans exception, ^lettre en doute la sincérité de sa conduite serait une injure gratuite. Ce que son âme comprend

(.11 AI' nui: ni AT un: mi:. if.:j

ilans tous ces liiaiuls iiHniNcmculs, c'est le réveil du fru cuc/iê snits la cendre. Il se sent rcjjliiré à son aise djins la (iorliiiie (le 1 llvanuih». il y puist» 1(mis ses textes. Les citations (juc nous nciious de re|)r(Mlnir(' . \.\ jcllrf du nonce aux. membres du (ionverncinent proxisoire, le mandement de l'archeNèciuc de l'aris, ceux des antres cIk'Is cpiscopanv, u Cii sont-ils p;is le- preuves incoutt'stalilr> ' Les journauv nous en l'ourniraienl encore snrahond.inuncnt .

/> Cnnsliliihoiincl ilu 2\ mars se |)lait à raconter un incident (pu lut remaripié de tout i';iii>. Des prêtres irlandais, se présentant en deputalion à l'Hôtel de ville, se trouvèrent mêlés, dans la journée dn 17 mars, à la nianirestalion des ouvriers. Ils lurent aussitôt entourés, accueillis par des serrements de mains, par des em- Itrassements et par des cris de Vive la fraternité! Vivent les braves curés irlandais !

L'Union TIO mars) publie en entier le mandement

de l'évètpie de Langres. On y lit : « Le passé n'est

plus à nous! Dieu l'a déjà juf,'é... l'avenir est entre les mains de Dieu... tout dépend du présent. Quels sont donc, i)0ur le présent, nos devoirs de citoyens comme catholiques.' En d'autres termes, quels sont les devoirs civicpies que la loi de Dieu nous impose en ce moment?

» Le premier de ces devoirs, celui (jui pour le moment renferme tous les autres, c'est de nous rallier tous, promptement et Irancliemenf , au Gouvernement

166 (iOUVEUNEMJ':NT PROVISOIRE.

provisoire; c'est de le reconnaître et de le soutenir par tous les actes de la vie publique et privée.

)) Nous connaissons très-bien et nous respectons les inquiétudes diverses ({u'inspire cet état de choses si nouveau, si subit. Le nom seul de République fait de prime abord naître des idées de terreur et de sang.

» Qu'il nous suffise de vous dire, N. T. C. F., ({ue ce préjugé, em])runté à nos souvenirs nationaux de la fin du dernier siècle, doit se dissiper devant la réflexion et les faits. S'il y a des républiques désordonnées et sanglantes, il y en a aussi de très-pacifiques, de trèsbien établies; et, depuis soixante années, une vaste partie du nouveau monde est régie par un gouvernement républicain , sous une constitution qui donne aux peuples, surtout pour leurs consciences, les plus larges et les plus franches libertés.

» Une république peut être très-inotïensive , car on a dit longtemps la république des lettres, pour signifier la littérature. Une république peut être même trèssainte, et l'on a toujours dit, non pas la monarchie, mais la république chrétienne, pour signifier l'Église. Or, quoi de plus inoffensif en soi que la littérature, et quoi de plus saint que l'Église de Dieu?

» Il s'en faut bien que les trois mots qui forment le })rogramme du nouveau gouvernement nous soient en aucune manière antipathiques. Rien au contraire de plus profondément, que dis-je? de plus exclusivement chrétien que ces trois mots inscrits sur le drapeau national : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ!

» Loin de les répudier, ces mots subhmes, le christianisme les revendique comme son ouvrage, comme sa

cil \i'i I lu; {)[ \ TU II. mi:. hit

cn'alioii; ('csl lui, lui seul, (|ui les ;i iulioduits, ({ui lésa consacrés, (|ui lésa lait juatiiiMcr dans le momie. On a pu les lui liiMi-; nu ,\ |)ii les faire toui'iu'r eonlre lui; on a |)ii mémo les |)roraner en son nom; mais jamais on n'ii |)U ni les prolanei' ni les meeonnaîlre en suivant ses lois.

» Ce (|ue nous devons demander a Dieu a\aiil Idiiles elioses, N. T. (l. F., ce (|ue nous devons lui diMuander avec instance, c'est (|ne tous aient viaimenl rint(;lliiîPncecl l'amour de celte glorieuse et chrétienne devise : Lilierlf', ('f/ullli', fraternité!

» Oh ! oui, (jne tous soient libres pour faire le hien ! (|ue tous soient ci^aux devant la loi! (pie tous soient frères selon ri!lvanL!;ile ! et la Hépuhliipie française sera henie de l'Kuilise, en môme temps ({u'elle sera henie des peuples. »

Le même journal dit, le 20 mars : u Tout le monde en ce moment parle an clerc;é, et, grâce au ciel, lui parle sans colère, (luelquefois avec respect et avec amour... Précédemment le prêtre était suspect; aujourd'hui il est entouré d'honneurs. Est-ce la satj;esse i\\\ |)euple, est-ce la sa2;esse du [)rètre (|ui a fait ce chaimemenl "! l'une et l'autre ! »

Nous avon^ \u jusqu'ici le dérivé revendiquer au nom de l'Htriise, comme nés du christianisme et descendus de la Croix, les principes inscrits sur la bannière répul)licaine. L'abbé de la Trappe, le frère J. M. Heu-

468 GOUVERNEMENT PROVJSOiRE.

iiliii, dans une lettre datée de la grande Trappe, près Mortagne (Orne), 8 avril, va bien plus loin. Il se dit avancé par la prali(juc beaucoup plus que les socialistes rédacteurs du journal la République française, auxquels il adresse, au nom de la liberté, des réclamations en faveur des associations religieuses :

(( Las de gémir avec vous sous le joug d'un despotisme d'autant plus révoltant (ju'il prenait le masque de la légalité, nous vous avons quittés pour venir au désert respirer l'air pur de la vraie liberté, qui n'est autre chose que le droit de faire ce qui ne nuit point à autrui. Depuis l'heureux jour de notre entrée à la Trap[)e, nous avons vécu sous des lois votées par nous; nous avons obéi à un homme choisi par nous, et qui ne trouve dans sa charge d'autre privilège que celui de la responsabilité. Faire la loi et lui obéir volontairement, remarquez-le bien, 'messieurs, c'est la plus haute expression de la liberté.

j) Quant à la liberté, elle n'existe que parmi nous, où, pour faire le niveau, le riche se rend pauvre et le maitre serviteur de ses anciens domestiques. L'abolilion des titres de noblesse ne date, à Paris, ([ue du mois de février deinier. Mais notre législateur l'avait prononcée dès le seizième siècle, et il ne nous a laissé d'autre nom que celui de frères. Saint Benoît n'a pas écrit la fraternité sur notre bannière , il l'a gravée dans nos cœurs.

» Nous avons trouvé ici une république beaucoup plus avancée que celle que vous voulez fonder en France, puisqu'elle est toute faite. Nous n'avons pas besoin de nous livrer à de nouvelles études sur la meil-

• IIM'IIUK UUATinf-:.MK. 169

Ilmuo forme di* uoiivonuMncnt ;i jidnplcr, ni sur l'orijanisation du travail, ni sur lassocialion dos tia\ailloiii*s, ni s:ir l'iTonomic doinoslitjnr, [iiircc (|iic ces (jncsiioiis sonl depuis ion^teiiips réduites ici vu |irali(|U)>, tandis (jiu' clio/ VOUS elles n'apparaissent (jiic coninie des théories et des systèmes.

» Nous sommes done la Ncrilc (jiii ne \ii'illit j)(>iril, parée cpielle est toujours ancienne el toujours nouvelle. Ne dites donc plus, monsieur, (pic nous sonnues des arriéré--; asoucz |)lut('>t (pic nous asons devancé noire épocpic, cl lioiiNi (lci)uis loniitemps ce que vous cherchez encore aujourd'hui. »

Celte lettre est remarcpiable sous tous les rapports, mais surtout en ce (pi'elle exprime et dcmoulre une Ncrité incontestahic. Le socialisme prali(pic par les Trappistes, depuis des siècles, est un communisme allirmé et posé plus nettement que celui qui est enseii^né de nos jours. Le frère Heuglin a raison de donner l'institution dont il fait paifie comme un exemple aux nouveaux théoriciens communistes. « Saint lienoît est votre preuïier maître, » leni- dit l'ahbé de la Trappe; (( ap|)li(|U('/ nos rèij;les à la société entière, el vous aurez obtenu la réalisation de vos svslèmes. »

Ktudions maintenant cette impulsion générale qui entraîne le clerp;é vers la H(''pnl)li(pic et la nouvelle situation (pi'il cherche à se créer dans la société française.

Ouellcs (pie soient les idées (jue Ton ait sur la doc-

170 GOUVERNKMENT PROVISOIRE.

trine chrétienne, il est impossible' de nier que son but ne soit l'amélioration morale et matérielle du sort de tous; que ses maximes ne tendent à relever le pauvre, à soutenir le petit, à éclairer l'ignorant; (pie ses institutions n'aient été les institutions politiques les plus libérales et les plus largement égalitaires. Le baptême rachète sans exception tous les hommes de la servitude, et les fait frères de la même Église. La comnuinion assoit à la même table, dans le même sanctuaire, devant Dieu , les fortunés et les misérables, les oisifs et les travailleurs, les savants et les faibles d'esprit, les maîtres et les esclaves, les seigneurs et les serfs, les gouvernants et les gouvernés. Le mariage institue la femme l'égale de l'homme, lui reconnaît la même âme, lui donne des droits et des devoirs semblables, et ne permet plus qu'elle soit répudiée ou vendue. La famille est saintement constituée ; l'enfant y prend sa place et doit être protégé comme fils de Dieu. L'extrême-onction promet l'égalité devant la mort , et prépare au jugement divin qui doit punir les méchants et récompenser les bons, sans distinction de rangs ni de conditions terrestres. La constitution de l'Église a eu pour première base l'assentiment de tous, ou l'élection. La naissance n'y donne aucun privilège, dans une société où tout droit est héréditaire ; et l'on voit les plus humbles parxenir aux fonctions les plus élevées : un pasteur de bêtes immondes est couvert de la tiare , et du haut du trône pontifical il commande aux rois. La vertu seule est le signe du pouvoir ; et celui qui en reçoit le dépôt sacré est le scrvitcw des serviteurs.

CIIAI'Il UI" <»r ATRIlMi:. 171

.hmijiis oifianisatioi» l'iil-cllo plus (l('in()('rali(iiin, plus rcpiiltlicaiiuv' Aussi, au (.'oinmiMiccini'Ul, la nnilliplicilc et la (li\ersiU' des races et des castes dis[)araissenl sous l'unilc clirétieuue. Fils du Dieu (pii les a créés, tous les chrétiens sont frères. Jésus nail dans niic ctahlc Ses apôtres sont de sinijjlcs pécheurs, des iuininies pauvres. Ceux (pii Nculent enseie;ner en son nom la loi, l'espérance cl la tluirité, ne doivent « avoir en leur possession ni or ni arijjent, ni monnaie dans leur ceinture, ni sac pour l.i roule, ni deux luni([ues, ni chaussure, ni bâton, carà l'ouvrier est due sa nourriture ». Sain! l'aul travaille de ses juains pour vivre, lorscpiil parcouit l;i terre atin d'apprendre au vieux monde .Ja liberté nouvelle. Le riche doit se dépouiller de ses biens.

Aussi la loi du sacrilice, révélée par le Christ crucifié, est-elle, dans les premiers siècles, pratiquée par les chefs de l'Église, qui fécondent de leurs soullVances et de leur sang le sol chrétien. Les catacombes servent de temple aux premiers fidèles ; et la morale sublime qui établit les nouveaux rapports des hommes entre eux et des hommes avec Dieu en sort bientôt pour se répandre dans Tunivers. Alors, comme le Christ, les apôtres, les premiers évèques, les j)remiers prêtres, meurent humbles, pauvres, martyrs. Ils ont bien vécu, jusqu'au dernier soupir, les servifeurs de tous.

GOUVERNEMKNT PRUVISOIUE.

.^lais, peu à peu, les chefs de l'Église oublient la loi (lu devoir, qu'ils ont mission d'enseigner. Ils sont devenus puissants. Ils ne gouvernent plus par la vertu ; ils gouvernent par la contrainte. Ils ne sont plus l'appui du faible; pour l'opprimer, ils s'associent avec les forts. Ils cessent d'être pauvres ; ils deviennent cupides, ambitieux; ils entassent des trésors et se partagent les biens de la terre. Ils ne sont plus martyrs; ils sont persécuteurs. Ils ne sont plus brûlés ; ils brûlent à leur tour. Ils ne protègent plus le peuple; ils le dominent. Ils ne prêchent plus la liberté; ils l'élouftent. Ils n'interprètent plus l'Évangile comme loi d'amour et de fraternité ; ils trouvent un nouveau sens à la parole divine. Ils justifient tous les vieux abus, encensent tous les pouvoirs, servent toutes les tyrannies. Ils approuvent l'inégalité des droits, la différence des castes; ils reconnaissent l'esclavage comme une nécessité. Ils donnent au monde scandalisé le spectacle et l'exemple d'hommes chargés d'enseigner une doctrine qu'ils ne pratiquent plus et qu'ils violent.

La vente des indulgences, le commerce du pardon, engendrent une lutte dans le sein de l'Église. La liberté est prêchée de nouveau ; les seigneurs féodaux s'en font une arme pour combattre l'unité. La politique et la religion sont tellement mêlées. Tune est si bien devenue un moyen de l'autre, que le fidèle, agenouillé au pied de l'autel , ne sait plus reconnaître où est la vérité.

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Au milieu dos uuorivs ('i\ilrs (|ui (lécliircnt la pallie, des iiieeudies (jui la dt'vorenl , an iinlii'ii des persécutions, des sup|)lices, des tortures (|iii liappent les enfants de la lut'^mc cité, le doute se î.'li>se, la Coi est j'hraulce, la cliarité s'éteint, l'exaiui u ^c l'ait, lincrédulilé arrive. Ou ne reeonnaît plus dans le dérivé les vertus {\^'> premiers chrétiens: on \ houM' lous les vices et toute la corruplitm des riches. I.es cardinaux l'ont de^ petits vers; les abbés courenl les ruelles. (Ionvert de tous les scandales, un |»reiuier niini>li'e abbé achète le chapeau rouû;e. La simonie ronge l'Kiïlise. Où la relijîion se meurt, la philosophie apparaît et s'empare des esprits; et la discussion emporte les derniers vestiges qui soutiennent le |)Ouvoir du clergé.

Oii donc est le Verbe du Seigneur? Où est le Christ? Où sont la foi, l'espérance et la charité ? Où sont encore gravés ces principes sacrés : IÀb(nic, c(/alilé, frciterniU'? Où est la morale (jui apprend à mourir [)our ses semblables.' Où sont la loi du devoir et la conscience du droit .* Où est l'amour de l'humanité? Où est le serviteur (les serviteurs? A Rome, au Vatican? non ! dans le château des seigneurs? non! Pour la France, dans le palais de Versailles? non! Où donc? dans le ])euj)le, le peuple composé des travailleurs de la pensée, des travailleurs de la main , des magistrats parlementaires, des professeurs, des marchands, des ouvriers, des cultivateurs, de ces nombreux citoyens qui forment le

Tiers état, de quelques-uns de ces prêtres obscurs qui vivent hunil)lement dans la tradition chrétienne.

Un jour la société s'ébranle jusque dans ses fondements. Tout ce qui était fort devient faible; tout ce qui était puissant est renversé. Le vieux monde se meurt dans un cataclysme immense où tout est confondu. Au nom de la liberté, de l'égalité, de la fraternité , enseignées par le Christ, on ferme les églises. Le clergé s'est constitué le défenseur du passé : il est frappé. Il a voulu sauver du naufrage ses richesses, ses prébendes, ses bénéfices, ses biens fonciers : tout est englouti par la tempête. On ne voit plus trace de ce qu'il a été. La main de Dieu s'est appesantie sur lui. L'expiation est faite.

Une réaction s'opère : la politique de l'empire relève l'Église de France, et le clergé reparaît. Le clergé reconnaissant et soumis sacre le capitaine habile et heureux. Les temples s'ouvrent. La parole des prêtres retentit sous les voûtes longtemps muettes. Mais l'oreille seule des femmes et des enfants écoute; et les hommes saluent à peine le curé à sa rentrée au presbytère. La foi n'est pas revenue avec le culte.

La Restauration s'accomplit. Le clergé triomphant rêve son ancienne domination. Il s'émeut; il s'agite. Il aspire à reconquérir son influence d'autrefois. La monarchie absolue peut seule lui rendre ses biens, ses terres, ses rentes, ses privilèges, sa position perdue. Il

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SG fait le partisiin do coUo forme do ^'ouvornciiicut. Il s'iinil à l'ancionno nohlosso |K)iir rhonlior à roctjiislituer lo passé. Los porsj'culioiis, les iiiallicnrs oui cpiirô IKiiliso : les nuiiistn-s i\c Dieu irollVoiil plus lo soan- «ialo (lo tous les vicps; et lo oleriri' i\(' Franco est (lo>omi plus moral (pio oolui do la xilio ou siti<;(' la papauto. .Mais l'aïubilion , l'amour do la possession, riutolcranic, se sont l'mparoos Ai' lui. l n roi ooleoticpu' le conliont avec peine dans les limites de la (loustiliilion. (io roi !uenil. (Ihailos \ monte sur le liùne. Le cleri!;é ne met phi>i de bornes à ses espéraiiees. Il presse ce monar- (jue-prètre. Avec lui il protend dominer la nation. Pour posséder la i^onération nouvelle, il veut s'emparer de rc'dueation des enfants; il sape l'édifice universitaire, il obtient la présentation d'une kii sur le sacrilège, première tentative du rétablissement de l'biquisition. Il se môle au mouvement poliliciue. Fort de l'ap|)ui du iïouvernement, il cherche à étoulï'er le libéralisme des idées, et il lance le vieu\ roi vers les chances hasardeuses d'un coup d'Ktal. Le peuple étonni' voit reparaître les missions et les [)rédications sur les calvaires; il voit se reformer les couvents, se reconstituer les jésuites. L'habitant dos villes craint pour ses libertés. 1,'habitant des campa, i:n os redoute la résurrection de la dînje. La France ne veut pas perdre lo fruit des souffrances qu'elle a endurées, ni les conquêtes de 89. Voltaire et Rousseau reparaissent , im])rimés sous mille formes. La lutte est engagée de part et d'autre, lutte vigoureuse. Le passé est aux prises avec l'avenir. Le clergé est au premier rang, passionné, intolérant, oppresseur. Le combat se décide. Les ordonnances de

176 GOUVEUNEMENT PROVISOIRE.

Cliarles X révoquent la Cliarte constitutionnelle. Le peuple se lève. Les pavés se remuent; les barricades se dressent. Les canons grondent. Le sang coule. Les places publiques, les carrefours, sont couverts de cadavres. La victoire est au peuple. Une nouvelle révolution s'est accomplie, la Révolution de Juillet 1830!

Avec la monarchie absolue, le clergé est vaincu. Le prêtre se cache. Il n'ose sortir sous le costume qui le ferait reconnaître. Un jour, le bruit court qu'à Saint- Germain l'Auxerrois le drapeau blanc fleurdelisé est apparu dans une cérémonie dont le but est une quête pour les anciens gardes du corps et les employés de l'ex-liste civile. La ville tressaille; le peuple accourt. Rien ne peut retenir sa colère. C'est un torrent qui déborde. La croix qui domine l'église est abattue; on a peine à sauver l'un des édifices les plus précieux de la capitale. L'archevêché est envahi. Tout y est brisé, saccagé, jeté par les fenêtres dans le fleuve; et les vêtements sacerdotaux promenés dans les rues se trouvent mêlés aux masques qui dans le moment, époque du carnaval , circulent à travers Paris. Gomme si le sort eut voulu joindre l'ironie aux rudes coups (pii frappaient le clergé!

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