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Sur los .^i.\ mille AIK'iiiiiinls (|iii s'(''t;Monf niiiiis ;iii\ Chariips-Klysi'es le IS iiiin'-, deux mille ;i\;iiciil Idiim) une lôtrioM (li\isi'e en (juaire bataillons. Le '2\ el le M), trois ({('laclieineiils de ein(| eenl> liommes cliiK un éUiienl j)arlis en ordre, drapeaux roui;e, noir el or^ déployés, mais sans armes, aceompai^nés par un noml)reu\ c()rtéi!;e de Polonais, de Heli;es, d'Italiens et de Français. I.eins ( liefs, MM. (>. Iler\vei:li, II. lioernsiein et liornstedt , devaient les suivre avec le dernier bataillon.
M. riocon était parvenu à leur faire comprendre (pie r.Allemaiïne allVancliie leur remollrait les armes (jnc la France ne pouvait leur accorder. Le njinistre de la ii;uerre avait donné ordre aux frontières de ne laisser passer aucun détachement armé.
.^lalaré lextrème réserve du (jouvernement français, «lès qne l'on apprit en AIlcmai^Mie le départ de cette léiiion, ce fut ime alarme générale : « Pourquoi ce retour en cohortes rangées? Les frontières ne sont-elles pas ouvertes? Le despotisme qui les fermait n'est-il pas tond)é? Que veulent-ils, (jue prétendent-ils, avec cet appareil <le guerre? Viennent-ils, avant-coureurs d'nne armée française, nous imposer une volonté qui n'est pas la nôtre? Sont-ils libres ou soudoyés? Sont-ils des compatriotes ou des ennemis? Compatriotes! qu'ils rentrent au milieu de nous, chacun dans ses fovers, faisant cause commune avec nous. Ennemis ! nous les
repoussons comme traîtres à la pairie et à la liberté que nous avons su reconquérir sans eux. » Enfin la sensation fut telle que le Gouvernement français se vit obligé d'insérer au Moniteur cette note : /
(( Une sorte de panique s'est répandue en Allemagne. On dit partout, de l'autre côté du Rhin, qu'on organise à Paris une armée d'ouvriers allemands pour révolutionner leur pays. On fait q^onter leur nombre à des chiffres fabuleux. Il n'est question de rien moins que de soixante mille hommes armés en guerre, et marchant par étapes de Paris à Strasbourg et à Metz, le drapeau tricolore en tête et la Marseillaise à la bouche. Les gouvernements se sont émus de cette propagande républicaine qui menaçait leurs trônes ; les propriétaires ne sont pas moins effrayés de ce qu'ils regardaient comme une invasion du communisme. En Bavière, en Wurtemberg, dans le duché de Bade, on s'est armé; et on assure que l'enthousiasme pour la Révolution française s'est fort attiédi depuis ces nouvelles. Elles
sont fausses cependant Que l'Allemagne se rassure!
La France ne veut pas de conquête matérielle ni de propagande à main armée. L'influence de ses idées sur le monde a plus de puissance que les baïonnettes ; un mois de miracles tels que ceux que nous avons vus le prouve assez ; et si les peuples en veulent davantage , il n'est pas besoin de le leur faire vouloir par force. »
Ainsi les Allemands qui, rentrés individuellement dans leur patrie, eussent été accueillis comme des frères, devenaient pour leurs concitoyens un objet de terreur, par cette seule raison qu'ils passaient pour être organisés, armés et soldés par la France. Cantonnés
ciiai'Huk siXiEMii. ;»i.{
sur le Hhiii, ils no tardi'^ront pas à coniiaitre la r(^piilsion ot la pour (|irils inspiraient, et, jxtur jnslilior icuir eondnitc cl leurs intentions, ils dun-nt |»ul)lier une note ef une proelainalion.
A peine auv j)rises avec les faits, ils étaient contraints «le reconnaître la vérité et la justesse de la politi(|ue du (iouvernenient provisoire, de rinvocjuer et de la prali(juer.
Si la seule présence de (pielquos cohortes sur les bords du Rhin soulevait de send)lal)les craintes et une telle réaction parmi des jieuples en |»leinc révolution, (pie serait-il donc advenu si la France eiil voulu intervenir elle-mènic dans les destinées de rAIlcmairne ?