AVI
Il scndjlait aux Belles, témoins à Paris des journées de Février, que la Beli:i(pie, attirée par l'enthousiasme dans la sphère de la France, devait acclamer la Républiiiue. Si le gouvernement constitutionnel et libéral du roi LéojKjld, sa sagesse, son inditïerence pour la couronne, et des concessions immédiates, avaient désarmé la Révolution, ils pensaient qu'il sullirait de leur présence pour donner le signal impatiemment attendu et renverser un trône ébranlé. Aussi ne cessaient-ils d'assiéger de leurs instances la mairie de Paris, le ministère de l'intérieur et la préfecture de police, qui distribuaient des secours aux plus nécessiteux. Organisés en légion , sous la présidence d'un commerçant en vins, M. Blervacq, et d'un ancien oflicier au service de la Belgique,
M. Fosses, ils i)romcnaienl leurs drapeaux à travers Paris, eL adiciiaient hautement leurs vœux et leurs prétcnfions. Le 21 , ils se présentaient en dépulation à l'Hôtel (le \ ille, et réclamaient à mots couverts une intervention lie la France. Ils annonçaient dans la presse une réunion de l'Association des démocralcs belges, chez leur président, rue Ménilinontant, n" Oi, à relïet de fixer le jour du départ.
Rien ne manquait à la publicité. Le ministre belge à Paris et son gouvernement pouvaient lire dans les journaux ces déclarations, ces avis, ces projets, ces préparatifs, et agir en conséquence.
L'idée d'une république fondée en Belgique souriait a la politique du ministère de l'intérieur, de la préfecture de police et de la maii'ie de Paris. Mais intervenir sans être appelé par la nation était contraire au manifeste du Gouvernement. M. Ledru-Rollin le désirait, et sentait qu'il ne le devait pas. M. Caussidière le voulait, et n'osait pas. Le maire de Paris consultait le ministre des affaires étrangères, qui répondait par le refus du Gouvernement. Le préfet de j>olice proposait au ministre de l'intérieur d'adjoindre à cette expédition les anciens gardes municipaux, troupe d'élite. Le ministre répliquait oilîciellement : k Le Gouvernement français ne s'engagera dans aucune démarche de nature à inquiéter la Belgique, avec laquelle on est en bonnes relations j il accordera seulement le transport gratuit aux
CIIM'ITUi: SIXIKMK. 265
Bi'li;os (|iii \()ti(lr()iit n'iilrcr dans leur pays, mais sans iiilorvcnir aiitrcmcnt dans leurs all'aircs. » Il disail olliciensiMnent à ceux (|ui devaient a(«'oin[)a.i;n('r la colomic, MM l.t'fraiirois, Dolisic, Viol, Tilily, Doron, élrves do r.Kcolo |)()I\ tcchnitiiif, cl Pardo joiinc, dociciir en m<''dei'iiu» : « Si, coiiudc lioiniiio, j'appniiiNc ct'llc expcdilioii, coiniiu' minisliv je no puis y |)rondro pari, o II lour rcniotliiit un pou d'aiiîonl, (juinzo conls IVants, vl uno lollro pour M. I)closclu/e, (;unnui>sairo du doj)yrlOHR'ul du Nord.