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1,0 li i- au Miii-, huit cculs Jîoliîos, les plus ini[>a(lou(s, s(» pn'sontonl au ( lioinin do for du Nord, sans armes, (juol(|uos-uns aocouipai,'nôs de leurs fonuuos ot do lours onlanls. Par ordro du proleL do [)olioo, M. Mercier veille à Iimii- départ. M. Delescluze, informé de ce fait, convaincu ((ue ce sont des ouvriers, et craiiinant leur dispersion dans le département, où déjà des collisions d'étranî^ers avec les ouvriers français ont nécessité des mesures répressives, se transporte à Quiévrniu pour s'entendre avec l'administration holiro. l'n accueil jmcitiquo est assun'' ;i l;i colonne. Los employés des chemins dv fer français et l)elge sont avisés que le train sera conduit jusqu'à Quiévrain sans s'arrêter à la frontière.
Les choses ainsi convenues furent conformément exécutées. Le convoi, amené à Valoncionncs n (juatre heures et demie du malin , fut inHnédiatement remoiqué. Tout aussitôt des cris de fureur se font entendre :
« Nous sommes trahis ! » et l'on s'élance des voitures avant que le train ait repris toute sa vitesse; d'autres trouvent le moyen de descendre à Mouscron; deux cents environ rétrogradent, six cents arrivent à Quiévrain. Là , entourés par un bataillon belge , les ouvriers sont dirigés chacun sur sa résidence, quelques-uns sont arrêtés, soixante voyageurs français sont reconduits en France par le chemin de fer.
Les colonnes qui suivirent devaient rencontrer une autre fin.
Le 25 , douze cents hommes sans armes partent de Paris en trois convois, sous la direction de MM. Blervacq, Ch. Graux et Fosses, accompagnés des élèves de l'École polytechnique dont nous avons parlé. Arrivés à Douai pendant la nuit, ils sont cantonnés à Séclin et dans les villages voisins, chez les habitants. Sur la demande des élèves, M. Delescluze et le général Négrier leur font distribuer du pain. Le Commissaire et le général donnent mission de les surveiller au sous-commissaire, M. Fillette, et au général Salleyx, commandant cinq compagnies du 74" et un détachement de cavalerie. Le plus grand ordre est observé.
En même temps, sollicité par M. Delescluze qui réclamait des fusils pour armer la garde nationale, le ministre de la guerre lui envoyait, le 26 mars, l'ordre demandé. M. Delescluze charge M. Deron, élève de l'École, de remettre au général Négrier cet ordre, ainsi qu'une lettre datée du 27, portant demande de car-
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touches. Le iH, à innli, M. Dcroii, siii\i de ciiui i liariots fournis |);ir un comun^sit^uniiin' de n)uljif,,'o , y\. Deloigne, se |)r<''scnto à la citadelle de la ville |)()ur faire enlever les armes et les munilions. la niiil, il se dirige, j)iir la eoinniune de Honducs, ncis la porte de (iand.
Des que le i2;énéral Négrier avait appris l'arrivée des Beli^es à Séelin, il s'y était transporté, et il avait iniinédiatenient le 27) transmis au minislrcî de la guerre un rapjHjrt indi(iuanl les faits, les mesures, la distribution de vivres, la présence des élèves, celle du souscommissaire, les dispositions des colonnes j)our se procurer des armes et pour entrer en Helgicpic alin d'y proclamer la Hépubiitpie. Il avait envoyé en même temps un de ses amis, M. Gustave des Essarts, prévenir M. Uimartine.
Le Conseil, instruit de ce (jui s'était passé à Quiévrain, considérait ces ex[)éditions conunc funestes. Aussi le ministre de la guerre expédia-t-il au général Négrier, dès la réception de ses avis, une dépêche télégrapliitpie conçue en ces termes :
Le ministre Me la guerre à M. le général de division commandant la ]()" division mililaii'e.
1' 2S mars, <leii\ ln.'Uics et tli'iiiic
» J'ai reçu vos deux rapports du 27. J'a|)prouve les mesures que vous avez prises. La troupe doit conserver
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ses armes à tout prix. Aucune concession , aucune négligence ne doit avoir lieu. Donnez aux troupes un chef ferme; et employez des mesures de rigueur s'il le faut.
)) Dites de ma part aux élèves de l'École polytechni- (pie qui sont à Séclin et dans les environs que je leur donne ordre de rétrograder immédiatement sur Paris, à moins que leur présence ne soit nécessaire pour maintenir l'ordre.
» Le Gouvernement provisoire ne veut pas violer ni aider à violer la frontière belge. Faites bien remarquer à ces élèves que, dans aucun cas, ils ne doivent se mettre à la tête d'un rassemblement qui voudrait entrer en Belgique. »
Rien de plus net, de plus précis que cette dépêche. Reçue à six heures du soir, elle fut aussitôt communi- ([uée à M. Delescluze. En même temps le général lit prévenir les élèves, qui obéirent. H donna aussi des ordres pour que les portes de Lille fussent fermées à toute bande qui voudrait traverser la ville.
Il reçut également de M. Lamartine la réponse que le Gouvernement ne voulait favoriser aucune intervention armée.
M. Delescluze, troublé, accusé violemment par les républicains d'avoir livré le premier convoi belge, tandis qu'il n'avait cru prendre que des précautions justifiées, ne savait plus que décider. Il flottait entre l'action