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Ainsi d'un côté, des troupes fraîches, reposées, disciplinées, munies de canon et de cavalerie; de l'autre, des hommes fatigués, dont la plupart n'ont jamais manié un fusil , et qui ont pris leur enthousiasme pour une force sufiisante , leur patriotisme pour une certitude de succès. «,
Cependant, durant deux heures, des groupes détachés, postés derrière les haies, les murs et les maisons du village, échangent résolument le coup de feu avec les soldats jetés en tirailleurs, qui épuisent leurs cin-
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qiianlp cailoiicln^s. Faisniil iiii siijJn'^nKM'Ilnil , ils se rassonil)l»Mil , sorIcMil du xilla.^o, cl ^"iiNiiiiciiil an |)as (l(> cliari:»', (IrapiMii (li'uloyc, aux cris i\o « Vivo la Hcpiil)li(|iio holiic! » A Cl' moment arri\aiciil les renforts tic troupes. Le içéniTal o|)pose a la colourii» ses dvux pièces eharp;(''es à nntraille. Au Iroisièuu' coup les assaillants, dont un ctTlain nombre est tombé renversé, hésitent. Le désordre se met |)armi eux; ils se dispersent, jetant les fusils et clierclianl un rcfiiire sur le territoire français.
Vers neuf heures, tout ('tait fini : 7 hommes tués, 2G blessés, lio piisonniers, sauvèreul du Fuoins, dans cette déroute, l'honncMir du diapcau , cl clfaccrenl la tache de cette malheureuse ci haullource.
Le lïénéral Néi^rier donna l'ordre de recueillir les fu2;itifs.
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En Belgirpie, l'opinion publique, qui avait salué avec enthousiasme les journées de Février, réa^'it contre cette propagande armée. Les journaux et les Clwunbres voulurent donner du retentissement à leurs plaintes. Mais le ministre des all'aires étrangères, M. d'Holfschmidt, répondit à une interj)ellalion : a Je n'ai cessé de recevoir du Gouvernement provisoire l'assurance la plus formelle qu'il est complètement étranger à ces ridicules manœuvres. Dans une dernière conférence sur cet objet entre le prince de Ligne et M. Lamartine, ce dernier a protesté de la non- participation de son gouvernement à ces actes; il les a désavoués, et il a
reconnu le droit du gouvernement belge de repousser par la force de pareilles tentatives... Eu présence de semblables déclarations, le doute n'est pas permis. Et, quant à nous, nous avons la foi la plus complète dans la sincérité du Gouvernement français... Du moment où la France reconnaît notre nationalité et notre indépendance, la Belgique devient sa première et sa plus fidèle amie, quelle que soit la forme de son gouvernement. »
Ces paroles dignes et nettes mirent un terme à tout débat.
En effet, si le Gouvernement provisoire, mettant en jeu l'enthousiasme révolutionnaire des premiers jours, avait cru devoir intervenir en Belgique pour y renverser la monarchie et y proclamer la République sans consulter la volonté du peuple belge, qu'avait-il besoin de soudoyer une colonne d'ouvriers, mal conduite, mal disciplinée, impuissante? 11 n'avait qu'à donner des ordres au général Négrier, qui, à ce sujet, répondait à M. Delescluze : « Si j'ai ordre de pénétrer en Belgique, je n'ai que faire de vos 1 800 Belges; j'ai assez de monde pour ré[)ondre que dans cinq jours je serai à Bruxelles. »
Cette déploi'able affaire de Risquons-tout n'eut de sérieux que le bruit qu'elle suscita. Tandis que les uns reprochèrent au Gouvernement d'avoir favorisé cet essai de propagande républicaine , quelques fuyards , de
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retour à Paris, colporlrrcnt dans les clulis des calomnies contre te (jouveriu'iiu'nl, et accusèrent leurs cliers d*> Indiison. — Il n'v avait eu ni tiahi^o!) ni aliandon. On pouvait sculenn-nt ini|>iil('i- ;iii\ a.nenls du p.iUNoir «les concessions nialadidilrs, des ordres incn tains cl mal transmi>; iiii\ meneurs, de rimprcNoyanee et de lineapacilé; à la colonne beli^e, un trop prom|)t drcouraijenuMit et une défaite tro|) facile.
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Une autre exp(''diti(jn de\;iit rencontrer une fin non moins pitoyable, ri produire des consé(juences non moins fâcheuses.
Les liabiliints de la Savoie, (pic les tiaitcs i\i' ISI 1 a\ aient annexée à la France et que l'invasion de 181.) en avait séparée, avaient été séduits par l'éclat et la i^randeur de la Ré\olution de Février. Ils avaient senti se réveiller en eux les désirs de réunion a la France. Ces sentiments s'étaient manifestés : à Clianihéry, dans la Miiil ilu I i- niiirs, par des cris de « \'i\e la Ilépul)li(pie! » et par une ai;itation (pie les lrouj)es sardes avaient eu peine à comprimer; sur toute la frontière, par les cris répétés de « Vive la IVance! » et, à Paris, par une adresse de 2 000 Savoisiens au Gouvernement provisoire :
« L'héroïsme du peuple pendant le combat, sa
magnanimité, sa modération après la \ictoire, ont fait
battre nos cœurs et nons ont j)énétrcs d'admiration.
Les mots : Librrlé , cf/alilé, IvatcrniU' , ont retenti aussi