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Des \C)2 millions restants, le riouvrrnement provisoire accorda au Fuinislre des linances une somme de {)() millions, aflectée à la subvention des com()loirs d'escompte. Toutes les sommes disponihles sur les 45 centimes furent mises immédiatement a la disposition de ces étal)lissements, alin de stimuler le zèle des fondateurs et des souscrij)teurs. Paris, Lyon, >Iarseille, Rouen , le Havre, Nantes, Angers, Lille, Poitiers, Saint- Quentin, Mulhouse, Louviers, Elbeuf, Bayonne, et cin- (juante autres villes, reçurent ainsi le vivifiant secours d'un crédit (pi'elles n'espéraient plus.
Rendre la vie aux villes, c'était aussi sauver les camj)ap;nes, (pii vendent leurs [)roduils aux. \illes; et d'ailleurs les 4o centimes ne les rachetaient-ils pas du papier-monnaie, cpii les eût bouleversées et ruinées pour longues années ?
L'impôt de 45 centimes était donc une mesure de salut, non de fiscalité. C'était la vraie solution , simple , sensée, légère au travailleur et au pauvre.
Aussi, au début, les bons citoyens s'empressèrent d'apporter au Trésor leur part contributive; les recettes sur l'impôt direct ordinaire et extraordinaire rentrèrent avec facilité; la majorité de la 'presse approuva, engagea les citoyens à faire leurs versements , élevant le bon vouloir à la hauteur d'une vertu publique.
Les Débats ( 1 8 mars) disaient : (( Ces deux
mesures (l'impôt de 45 centimes et l'ajournement des bons du Trésor) ont pour excuse la nécessité, qu'il est impossible de ne pas reconnaître. De tous les expédients qu'il était possible d'imaginer en l'absence du crédit public, c'est encore ce qu'il y a de moins regrettable. La propriété foncière est malheureusement habituée à ce qu'on lui demande des sacrifices extraordinaires dans les temps difliciles. C'est ainsi qu'à la fin de l'Empire les impôts directs furent augmentés. Pareille chose
eut lieu en 1831 Chacun doit, sans murmurer,
supporter un surcroît de charges et accepter même des embarras.... »
Le Constitutionnel (20 mars) : « On ne saurait le nier, les décrets relatifs à la Banque de France, aux bons du Trésor, à l'impôt supplémentaire, ont obtenu l'approbation générale de tous les financiers, même de ceux que l'une et l'autre de ces mesures atteignent le
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plus iliins leurs iulcivts » il ;ij{)iilail , Ir 21 mars :
<( Après les mesures énergiipics prises |>ar le Gouvernement provisoire, le> linaïues de IKlal peuveni <^fre
considérées dorénavanl coninu' hors de ilaiii:er De
i^randes mesures ont été prises pour venir en aide à l'industrie et au commerce »
Kn r('>iini(', apri'> un lidch' exposé des linanees, el en queltjues jours, le Gouvernement, par des moyens hardis, mais indispensables, avait (iéii;ai^é la situation, repoussé les projets funestes ou insensés, créé de nouvelles institutions de crédit, sauvé la Banque de France et les Ban(jues départementales, secouru le commerce, l'industrie et l'agriculture, rétabli la circulation, fourni le salaire aux Ateliers nationaux, subventionné les p:rands travaux publics, satisfait aux fournisseurs créanciers de l'État (|iii employaient et faisaient vivre des milliers d'ouvriers, rendu aux villes et aux communes ces sommes dont elles avaient un besoin urcent , rend)0ursé aux receveurs généraux une partie de leurs avances applicable aux rem])oursements, ouvert les crédits nécessaires à la réorganisation de Tarméc et de la marine, soldé les intérêts dus par l'Etat , assuré tous les services pul)lics, arraché la France à la ruine et au déshonneur de la banqueroute.
Certes, tout le mal n'était pas détruit ; la crise pouvait durer, s'étendre encore; mais les mesuies étaient prises j)0ur la dominer.