CII.MM I lil h II \1K.MI
pensées. Paimi ceux-l.i iir-iiu'.s (jui aNaii'iil li' |(lu> ( liii- It'uiriu^einent sullicilt' ri'N>if;iu'iiunl dos l'Iuclions, lu-aïK-ouj) cominonrait'iit a ri'.mt'tler (jiii' cclk' (jucsiu>ï\ UÛI t'tf JiOuU'NéC.
Aiii>i, pn'S(jiit' l()ii> repoussaient rajuiirnL'iiu'iit : ceiiK (|iii suhissaieiil la |{('|)iil>li(|ii(' , |)ar((' iiiril> désiraient la cessation de la dielaliire et du pi-ovisoire ; ceux (|iii l'acceptait'iit , parce (|u'ils aspiraient à la prompte vi delinitivc réalisation des institutions déniocraticpies; ses jiartisans les plus dévoués, parce (ju'iis prévoyaient (pie cluKjue jour de retard, éloii^nant le premier enthousiasme de la ré\olution, réduirait le nombre des républicains dans l'Assemblée nationale, rendrait |)lus dillicile la l'ondation et roriranisalion de la Képid)li(jue, et plus |)érilleuse la .situation de celle Assemblée au milieu du peuple de Paris.
Ceux-là seuls qui tramaient dans lombre un audacieux coup de main pour s'emparer de la dictature persistaient dans le désir de prolonger un état de choses (pii laissait la porte ouverte à leurs témérités.
Les Commissaires du Gouvernement, consultés par le ministre de l'intérieur sur la prorogation des élections, ne lirent pas attendre leurs réponses. A l'exception de trois ou (juatre, ces réponses étaient idcnlitpies ; (I L'élan spontané des premiers jours s'alTaiblissail. Le
concours empressé de ceux que la nécessité ou la crainte poussait autour d'eux disparaissait avec la nécessité et la crainte. La Révolution avait respecté tout, n'avait proscrit personne; elle avait aboli l'échafaud! L'heure de la peur était passée. Ce n'était plus F offre des dévouements absolus, des biens, de tous les sacrifices. Revenus d'une première alerte, beaucoup commençaient à-réagir contre leur propre effroi; ils se demandaient si la République avait été faite au profit d'un parti de quelques hommes, ou bien au profit de tous; s'ils ne devaient pas user de leurs droits de citoyens comme bon leur semblait ; s'il ne leur était pas loisible de se mêler aux affaires publiques, et de prendre leur large part de souveraineté là où le peuple était souverain. Dans de telles dispositions, la circulaire de M. Ledru-Rollin , saisie avec avidité comme motif de ti'ansition, devenait une occasion de séparation. Les hommes importants des anciens partis échangeaient un mot d'ordre, et songeaient à leurs candidatures. Le temps seul leur manquait pour agir. »
Ce mouvement était si nettement dessiné, que les Commissaires ne mirent aucune hésitation à le décrire. Ils firent connaître au ministre les démarches commencées pour éveiller la défiance, effrayer les timides, capter les indécis , provoquer les hostiles , et retirer aux républicains les suffrages qui leur avaient été primitivement offerts. Ils signalèrent le danger d'un retard qui enlèverait à l'Assemblée constituante l'homogénéité essentielle. îls représentèrent comme une erreur funeste cet espoir qu'une éducation faite après coup serait plus favorable à la République que l'inspiration
< Il \i'i rui: i)i:i \ii:mi:. g.i
(hi prcmipr iiioiiii'nf. Ils (h'inontn'rcnf l'urtronce do j)r(nii|)tes l'Ieclions. Ils insistèri'iit pour (jiu' lo jour fixé fût inainlcnii.
Le ininislro {\o l'iiiliTioiir vint, lo ^(» mars, jour dcsiiïiir polir son rapjiort, ('(unmuiiicjiicr an (lonscil le résnmr de celte correspondaiu c des (Commissaires. Il avoua sincèrement (pie ceux (pii a\ai(Mi( réclamé rajournemc!!! s'étaient trompés, el (pic lui-même, enclin d'abord à celte idée, était désormais éclairé sur la (lueslion.
A l'exception de MM. Louis Blanc et .Albert, releiuis au Luxembourg, qui conseillaient la diclalure pour une année, mais qui avaient promis leur adhésion au vu'u de la majorité, tous les membres du Conseil étaient présents. On était d'accord; il n'y eut pas de discussion.
Une seule objection mit en doute la suflisance du délai. M. Ledru-Rollin répondit (jue les élections de la garde nationale commençant le o et devant durer une semaine, il y aurait là un obstacle réel pour Paris : (( Jl craignait, pour les départements, que les instructions adressées aux maires ne fussent pas parvenues assez à temps pour être comprises et appliquées sur-le-clianip, et que le suffrage universel, pratiqué pour la première •fois, jetât les fonctionnaires dans les lenteurs et les embarras de l'inconnu : il ne pourrait dès lors garantir l'inscription de tous les électeurs. Quelques jours supplémentaires permettraient plus d'exactitude dans
6i GOUVERNEMENT PROYISOIKE.
rexécutiou des décrois et plus de régularité dans les voles, sans nuire au résultat général. »
Ces observations étaient concluantes : la volonté de maintenir le jour fixé dut céder. On proposa le dimauclie suivant (l'on voulait, à Tunaniniité, que le vote eut lieu un jour férié). Une seule semaine paraissant insuffisante, M. Crémieux demanda la remise au dimanche io avril. Quelqu'un lit observer (|ue c'était le jour de Pâques. « Jour de régénération sociale ! « répliqua un autre membre du Conseil. Et le 23 avril fut adopté. Le 4 mai fut fixé pour la réunion de l'Assemblée.
Une proclamation au peuple français précéda le décret. Après avoir constaté la presque unanimité des réponses des Commissaires, l'accord des pétitions et le sentiment qui dominait la grande majorité de la population parisienne, elle disait : « Le Gouvernement provisoire se croirait coupable s'il gardait dans ses mains, sans la plus impérieuse nécessité, le pouvoir exceptionnel et tenq^oraire que cette nécessité même a fait
légitime C'est à vous, citoyens, d'achever l'œuvre
généreuse que vous avez entreprise Grâce à votre
concours, le Gouvernement provisoire a pu porter jusqu'à ce jour le fardeau des affaires publiques. 11 ne veut pas, il ne pourrait pas relarder d'une heure le moment où il déposera le pouvoir dans les mains de l'autorité souveraine, seule capable de répondre à tous les vœux de la France, seule assez forte pour diriger
( IIAPITHK DFUXn-ME. 65
les destinées île la Ut'juildKjue dans ces voies où Tim- [uilsion nja.unaninie du peuple les a lancées. — iNe perdez done pas de temps, citoyens, pour discuter les idées et les lioinnu's : (pie ceux-ci soient par leurs principes, par leur vertu, |)iir leurs lumières, par leur pureté, |)ar leur amour de la patrie, les nais n-présentants du jtfiijjlr , et l'Kurope saluera l'assemhlée nouvelle avec le niùme eulliousiasme (pii accueille partout la r('>voluli()n (pie le peuple a faite, et (pii entendre la plus puissante des propagandes : celle qui est inspirée |)ar l'admiration. »
Asservi par l'inexorable loi du temps, contraint de refuser satisfaction à son impiitient désir d'ahdicjuer l'aulorilt', le Gouvernement provisoire avait, du moins, posé de nouvelles limites à sa dictature.
Ce spectacle d'un pouvoir armé de toutes les forces vives d'une nation, qui n'aspire qu'à se dépouiller de sa puissance après le devoir accompli, n'est pas chose si commune qu'il ne soit pas permis de s'y arrêter un moment et d'exposer (juelques considérations nouvelles.
Il n'est pas douteux (ju'après les journées des 1 6 et
17 mars le Gouvernement provisoire pouvait prolonger
la dictature, en saisissant l'occasion (ju'il n'avait ni
provoquée, ni sollicitée. La crainte de passer sous le
joug communiste eut rassemblé autour de lui tous ceux
qui redoutaient un naufrage général. Unique garantie
de l'ordre contre l'anarchie pour ceux qui possédaient, IV. 5
il eût été soutenu par eux comme une nécessité. Les plus pauvres eussent été faciles à séduire par des secours habilement distribués, les ouvriers par de grands travaux publics, les gens de campagne par l'abandon de quelques taxes. La part faite à tous, il eût été aisé de battre monnaie avec les biens de l'État, des hospices, des communes et de la famille royale. On pouvait se rallier les banquiers, les hommes d'affaires, les spéculateurs, les agioteurs mêmes, par des bénéfices sur des entreprises, par des rachats et des reventes de chemins de fer, par des ventes de canaux, par des monopoles, par des concessions de toutes sortes; les commerçants et les industriels, par des primes à la sortie; les propriétaires, pnr la faculté de se libérer de leurs hypothèques avec du papier créé sur leurs propriétés et reconnu par l'Etat; certaines individualités, par des positions élevées et fortement rétribuées; les chefs des clubs, par des missions ou des emplois pourvus de larges indemnités. On pouvait capter les soldats par des augmentations de solde, les olFiciers par des grades, les généraux par des commandements. On pouvait s'emparer du clergé, disposé à se laisser faire, par une protection efficace, par des prévenances et des faveurs. Au besoin, si quelques rebelles à la servitude eussent tenté de s'affranchir, on eût déporté les uns, exilé les autres, rempli les prisons, et maîtrisé le reste avec une forte police et l'armée.
Cette domination, combien eût-elle duré? combien de jours ces proconsuls eussent-ils fait vivre une telle république ? Un pouvoir qui se joue des hommes et des choses, qui ne respecte ni foi ni loi, qui n'a nul souci
ciiNPnnf- nF.rxiKMi:. b7
des moyens, ne poiit-il j)as sr Irainrr ainsi plusieurs années? Parvenir an premier rani,' — oiïet ilu hasard, œuvre de la Providence ou usnr()alion < riniineile — est un lait rare et «lillieile. Mais lors(pron lient en main la dictature et (ju'à tout prix on la veut conserver, on ne peut la penlre (pie par une revoinlion; cl les r<''volutions e\ic:ent res[xace, le temps et certaines conditions de moralité et d'éneri^ie.
1x1 déclaration noble et précise du Gouvernement provisoire, loin de concilier les sympathies ou l'appro- Italion du j)arti conservateur, ne souleva que ses critiques. Ace iiouvcrnement d'ambition si désintéressée, il marchanda les (juinze jours de ce délai indispensable, qui devait être si favorable aux candidatures secrètement hostiles à la Ué|)ubli(jue.
La France monarchiste i^arda le silence sur le fond de l'acte pour se livrer à des réflexions acerbes sur le point secondaire. Les Débats seuls reconnurent, avec convenance, que le délai était aussi court que possible; n)ais ils regrettaient « que le Gouvernement ait donné une sorte de caractère ofliciel à d'injustes défiances en paraissant redouter des intrigues et des tentatives insensées qui seraient dirigées contre la République ». L Assemblée nationale déclarait « éprouver un sentiment pénible à la lecture des considérants de ce nouvel abus de pouvoir » « Le jour de Pâques était malheureusement choisi, » et elle demandait qu'au moins ces quinze
68 GOUVERNEMENT l'UOVISOinE.
jours fussent employés à rétablir dans Paris l'ordre et l'autorité. Le Constitutionnel disait : « Le nouveau délai de quinze jours donné au provisoire, à l'arbitraire local, aux chances du hasard si redoutables lorsque le pouvoir est faible, a causé dans Paris une inquiétude presque universelle. » L'Union affirmait « qu'un tel ajournement était affligeant au plus haut degré, mais qu'on ne pouvait vouloir que le possible. » V Univers religieux témoignait son extrême surprise; il voyait « le secret de cette nécessité de délai dans la circulaire de M. Ledru- Rollin. On prenait du temps pour se préparer de bons choix. C'était une ruse jointe à l'intimidation. En fixant le jour de Pâques on comptait sur l'absence d'un grand nombre d'électeurs. Erreur! les devoirs envers Dieu ne nuiraient pas aux devoirs envers la France. »
De tels commentaires adressés à des hommes qui se démettaient de l'autorité dictatoriale étaient bien la justification de ceux qui voulaient la leur imposer.
Les journaux républicains ne virent dans ce retard qu'une insurmontable nécessité, et approuvèrent le décret.
Quelques feuilles socialistes persistèrent à soutenir l'utiUté de l'ajournement des élections, convaincues qu'il n'était possible qu'à la dictature de sauver la Révolution
Le choix du jour de Pâques, que les journaux catholiques et légitimistes imputaient à perfidie, fût, avec juste raison , tenu pour malheureux par les républicains de l'Ouest et du Midi. Ce jour leur paraissait prêter au clergé une trop grande influence sur les fidèles tout pénétrés des exhortations de la Semaine sainte.
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Ce (l('lai (le (jiiin/e jours, court eu aj)|);ireuce, rtnit louiî eu n'-alil)'. Court, i\ ue cousiderer (jue l'inijKjrlaucc cl la nouveauté de l'acte de souvefainetc (jui allait >'acconj|)lii-, il «'lait loup; pour ruru;encc des conjonctures.
C'était itroionirer et accroître encore la fièvre (jui dévorait le cœur de la "France. En effet, si aux temps réiïuliers les élections occasionnent la suspension des atraires et la recrudescence de la vie politi(|ue, ne devaient-elles pas féconder jusqu'au dernier i^ernie d'aiïitation, dans un milieu révolutionnaire où elles se coniplitjuaient des élections de la garde nationale, où se débattait l'organisation constitutive du pays, où le peuple entier était armé?
Mais de cette fièvre, de cette ardeur, du l'eu des passions, du frissonnement convulsif des idées, de cette lutte acharnée des partis, de cette soif insatiable de théories nouvelles, de cette émanation incessante de systèmes improvisés, de cette ébullilion d'une nation en travail, s'il surgit plus tard une société plus active, plus forte, plus grande, plus énergique, ayant puisé dans ses douleurs, dans ses souffrances, une sève plus régénératrice;* si de toutes ces crises, de tous ces périls, sortent plus de sentiments moraux, plus de richesses matérielles, plus de bien-être; si une époque critique enfante une époque organisatrice; si de la destruction des vieux éléments d'un peuple usé naît
un peuple rajeuni; si enfin, tirée du chaos, apparaît et brille la création : il n'en est pas moins vrai que dans le temps où s'opère cette sublime et utile métamorphose, l'humanité subit tous les désespoirs, toutes les tortures, toutes les convulsions de la mort avant la résurrection. Telle était la déplorable transition par laquelle devaient passer et s'accomplir les destinées de la France.
Immédiatement après les conciliabules où les chefs des clubs, les ouvriers du Luxembourg et les amis du délégué à la préfecture de police , avaient ourdi la tentative du 17 mars, d'autres réunions eurent Heu pour transformer leur organisation provisoire en une organisation définitive et permanente.
Appeler et mettre sur pied, à l'heure dite, une armée d'ouvriers, était une puissance trop grande pour ne pas exciter en ceux qui s'en étaient servis une fois le désir de la conserver. Aussi songèrent-ils à s'en assurer les moyens. Considérant tout dabord l'affaiblissement de leurs forces si elles demeuraient éparpillées dans la multitude de leurs clubs et de leurs chefs, envisageant l'anéantissement de leur projet dans les mille plans qui chaque jour s'entre-heurtaient, ils résolurent de donner à tout, hommes et idées, Tunité de l'impulsion et de la direction. Et, sans retard, ils se mirent à l'œuvre.
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Le CoiniU' ii'VoliitionDaire, composé d'îiiiriens délenus i)<)lili(|iies cl d ijuiis île .M. (iaussitlirr»', (jui se réunit chez M. Sobrier et dout la Cuinmunc de Paris est l'ortiane, prend l'iiulliilive. Le soir même du 17 mars, il rt'dit;o, insère dans le numéro du lendemaii», el alliche sur les murs une proelamatiou (jui convocjue les adhérents pour le 18, dans une salie du |)assame Molière. « Tous nos ellorls, » est-il dit, (( doivent tendre à nommer rej)résenlijnts du peuple des républicains décidés à faire triompher la cause de l'étialité. — Nous n'avons (pie le nom de Uépul)li(jue : il nous faut la chose. — I^ réforme politi(jue n'est que l'instrument de la réforme sociale. — La Uépul)li(iue devra sati^laire les travailleurs et abolir le prolétariat. »
Dans cette première réunion, l'on décide la formation d'un club des clidjs et d'un comité central des clubs.
Le club a pour but de concentrer les elTorts « de tous ceux, qui, durant le dernier règne, ont représenté, dans la presse, dans les associations politiques d'abord publiques et plus tard secrètes, dans les conspirations et dans les mouvements insurrectionnels, la grande tradition révolutionnaire, presque tous ceux que la Révolution a tirés des prisons de la monarchie et rappelés de leur exil ou de leur ban ». Parmi eux sont des hommes de conviction ardente, mais dont l'honorabilité et la sincérité sont incontestées. Ce club est appelé le Club de la Révolution; ^I. Barbes en est acclamé
le président ; la Commune de Paris en est le journal. La première séance a lieu le 21 mars. Un membre reçoit mission de développer les principes et les tendances du club. Il déclare vouloir prêter un concours loyal et vigoureux au Gouvernement provisoire de la République, mais non sans restriction : « Tous les hommes, pris individuellement, ne nous inspirent ni la même confiance ni la même sympathie ; il en est que nous entourons plus que d'autres de nos affections révolutionnaires, parce qu'ils nous paraissent représenter plus complètement l'esprit de la Révolution et ses tendances égalitaires ; mais nous croyons devoir, quant à
présent, les étayer collectivement de notre appui
Nous défendrons les élus de l'insurrection Nous les
défendrons contre l'esprit de réaction d'une part, et de l'autre contre l'imprudence et l'exagération de certaines impatiences, de certaines témérités. Nous défendrons surtout, dans le cas où l'accord viendrait à se rompre, ceux qui ont le mieux accusé et accentué le sentiment et la tradition révolutionnaires qui vivent en
nous Notre appui ne sera pas aveugle. Tant que la
dictature marchera dans le mouvement que l'insurrection lui a imprimé, nous serons avec elle, nous serons
pour elle Mais nous la tiendrons à l'œil, si je puis
ainsi parler; et si l'Hôtel de ville violait les conditions de son investiture, nous reprendrons aussitôt l'allure que nous avons toujours gardée contre ceux qui oublient leur devoir et la sainteté de leur mission. »
Ce programme, accueilli avec applaudissements, manifeste clairement les dispositions des fondateurs du club.
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1^» conslitiilioii tlii (lui* ceulral d»' tous les cluhs ol ^iraliMiient jirrèU'e; ol tous les clubs de Paris et de la lianlicue sont invil«^'s à envoyer des adhésions et des déléarués. Le Club de la Résolution tionne l'exemple. Il transporte ensuite le lieu de ses réunions au l'alais-National, dans la iîalerie des batailles, et cliart;e des délégués de se rendre auprès du niini^^trede l'intérieur alin de lui conseiller (|uel(|ues niodilieations dans le personnel des Commissaires des d«'parlements, (pii passent pour trop modérés.
Lt formation du Comité directeur et central des clubs, poursuivie sans relâche, fut rapidement atteinte. Après huit jours de soins et de démarches, un dernier avis convoqua les afliliés et les affidés, le dimanche 26 mars, dans une salle du Palais-National, pour procéder à une organisation définitive.
Le succès fut complet : soixante et onze clubs dé|)utèrent leurs délégués. A une seconde séance ce nombre se grossit encore; il dépassa bientôt le chiffre cent. A M. Lonirepied, qui avait présidé les premières délibérations, succéda un bureau rép^iilièrement élu le 2 avril , composé de MM. Huber, président, Desplancjues, viceprésident, Gadon, Delaire, N. Lebon, Longepied, Sobrier, Cahaigne et Laugier.
La centralisation des clubs réalisée, le comité formé, restait à indiquer un but ostensible, à marcher vers le but caché.
But avoué, les élections générales, accompagnées d'un programme, furent livrées aux discussions publiques. L'on adopta le mandat impératif; l'on vota, à l'unanimité moins deux ou trois voix, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, rédigée par Maximilien Robespierre, déclaration qui fut répandue dans Paris à profusion.
Le but caché était de s'emparer de la Révolution, de la diriger, de la gouverner. Un comité secret, pris parmi les chefs de clubs les plus influents, se rassembla presque tous les jours. Donner le mot d'ordre, étendre ses menées, accumuler les moyens d'action, miner ce que Ton voulait détruire, exalter ce que l'on voulait élever, préparer l'ouragan populaire, fut l'œuvre à laquelle il se voua sans repos.
Tandis que le Comité révolutionnaire , afin de ne pas ralentir ses mouvements, refusait de se mettre en relation avec le Comité central des élections générales , formé par les répubUcains plus modérés, il resserrait ses rapports avec les ouvriers du Luxembourg, appelait à lui les délégués de la garde mobile , cherchait des adhérents dans l'armée, redoublait d'efforts pour faire éhre officiers de la garde nationale sédentaire les membres du Club des clubs, s'appuyait sur M. Caussidière, et prenait la Commune de Paris comme point de réunion et centre d'action.
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I/ainl)ilion praiulissnnt et se (rouviinl ii lYirnil dans la capitale, les chefs aspirèrent à absorlxT dans leur sphère les départements, lis firent a()|»('l à tous les clubs des villes et des canipa.L'nes, en provoijuèreni l\ création dans les localités qui en inantjuaient , suppliant avec instance les démocrates de faire une propagande active. « En beaucoup d'endroits, » dit lu Comntune de Paris, (( la vie politicpie n'existe pas encore; le mouvement intellectuel est presque nul, le> préjui^és iiotlii(|ues y conservent encore une certaine puissance, les idiomes du i)assé laissent subsister la nuit morale ; il faut \ rt'pandre la lumière. » Eidin, avis était donné d'affilier les clubs ruraux aux clubs des villes, et ceux-ci au Club central , de manière à centupler par la concentration leurs forces et leur puissance.
En conséquence, des correspondances suivies furent établies avec les clubs les plus prononcés de Rouen, Lyon, Marseille, Nantes, Limoges, Tours. El bientôt, les correspondances paraissant un moyen trop lent, on leur envova des émissaires.
La Commune de Paris avait ses bureaux rue de Rivoli, n" 16, dans un ap[)artement loué, le 20 mars, par M. Sobrier, à la Liste civile.
Située à l'angle de la rue des Pyramides, en face des
Tuileries, la maison acquit, par les événements qui s'y passèrent, une certaine célébrité. Du premier jour, rendez-vous général des hommes le plus lancés dans le mouvement, elle devint le foyer de toutes les trames. Un poste de vingt montagnards ' revêtus de leur uniforme (blouse bleue, ceinture rouge) et montant faction à la porte, lui donnait un aspect étrange, et la fit regarder comme une succursale de la préfecture de police. Une espèce de sombre mystère l'enveloppa. Un vague etfroi se propagea dans le voisinage et redoubla lorsque le bruit courut qu'elle renfermait un dépôt d'armes et de munitions.
M3I. Caussidière et Sobrier arguaient de la nécessité d'installer dans ce quartier un poste révolutionnaire , chargé de surveiller les complots de la réaction, qu'ils disaient avoir découverts dans la manifestation du 1 6 mars.
Les délégués du Luxembourg, émerveillés de leur influence sur leurs camarades dans la journée du I7 mars , attirés ainsi hors de leur mission , songèrent à user d'une organisation qu'ils avaient si victorieusement éprouvée. M. Louis Blanc lui-même , sentant dans ses mains une force colossale , se laissa éblouir par la possibilité de l'utiliser. Son langage se modifia. Si le membre du Gouvernement provisoire continua à préparer des décrets, le professeur à émettre des doctrines, l'homme politique, par une pente naturelle au
* C'était le nom des soldats de M. Caussidière.
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cœur huinain, éleva insonsiblomonl ses vii(»s jtliis liant. Los proportions iirandissent. Ain^i , la ('.ominissiun dv (lOHvvrnnncnt du lAt.rcinbmirf/ devient (( les ICttUs (jéni'raux du peuple » ; les diMci^nés des onvriers deviennent les tTai.v représentattls du peuple; le Lliel" dt; secte se fait élu 1 de parti, et le niend)r(' du j^ouverneiuunl, présidant une commission, le l'rt'sident de l'Assemblée du peuple.
Le décret ipii livc le juui- des élections a^ant ele publié le *27 mars, le lendemain les délégués sont convo- (jnés. Ils ne s'occupent, dans cette séance, que de la polilicpie à l'ordre du jour : l'organisation des ouvriers et les élections.
M. Louis Blanc expose un plan de caujpagne dont il garantit le succès :
« Le bureau des délégués choisira ([uatorze noms parmi les républicains qui ont fait leurs preuves, et vingt noms parmi les ouvriers. Il les soumettra à la réunion générale des délégués, qui éliminera ou admettra les candidats. La liste arrêtée sera imprimée et tirée à cent soixante mille exemplaires, remise à toutes les corporations, (jui l'accepteront, la distribueront à tous les ouvriers, et la feront voter par le [)euple entier de Paris. »
On demande à M. Louis Blanc de dresser lui-même celte liste. Il s'y refuse; mais il odVe « de mettre par écrit le plan qu'il vient de soumettre, de l'envoyer au bureau et de le signer; car, bien convaincu qu'il renferme le salut du peuple, il en accepte la responsabilité )) Il autorise les délégués à dire partout qu'il en
est l'auteur.
Cependant M. Louis Blanc ne publia pas son discours. Il eût soulevé au sein du Conseil d'irritantes discussions; il eût été une cause sérieuse de division, et même de séparation. Le Gouvernement provisoire ne pouvait, sans abdiquer, accepter une aussi directe et personnelle intervention de l'un de ses membres dans les élections de Paris.
xvu
Dès lors, tendant à un double but, M. Louis Blanc et les délégués formèrent, à côté du bureau de la commission, un comité central à qui ressortissait la politique active.
Bientôt on put lire sur les murs de Paris une proclamation des délégués (ouvriers) du Luxembourg à leurs commettants, le règlement constitutif du Comité central des ouvriers du département de la Seine, et les instructions relatives à la liste des candidats à l'Assemblée nationale. — Voici la proclamation :
« Citoyens,
» La jouissance des libertés attribuées exclusivement à la bourgeoisie sous le régime déchu nous avait permis à peine d'ébaucher dans l'ombre quelques essais d'organisation. La Révolution nous a pris au dépourvu. . .
)) Vos délégués envoyés par vous pour traiter au Luxembourg, de concert avec le Gouvernement, l'importante question de l'organisation du travail , se sont réunis en assemblée extraordinaire pour aviser aux
en. M' nui: ih-uximmi;. 79
moyens île consliliM-r un roniilc «lirij^eant, et île donner une cehtralisiilion à toutes les toncs populaires livrées jus(iu'à ce jour ;i I isolenimt.
» La hou rij;eoisie ijui joui l , ilt'puisc int|iiiiMte ans, du monopole île la presse et île la triltunc, du droit exclusir de réunion et d'associaliiMi , (luoiquc laihle aujourd'hui, pourrait néanmoins parvenir à nous dominer en aiîissant d'ensemble et en concentrant ses voles sur (piehpies noms, au jour des élections i^énérales.
» Nous aimons à croire que la réaction renonce à tout projet liberticide ; mais le plus sûr moyen de déjouer ses complots et d'assurer le triomphe de la Révolution, c'est de nous donner d'urijence une on/anisnlion unilairp. »
Nous donnons ce curieux document parce (ju'il est la peinture fidèle de l'épocjue. On trouve dans cette proclamation un langage différent de celui (pii se faisait entendre au Luxembourg avant le 17 mars. L'union, la conciliation entre patrons et ouvriers elaiont alors enseignées; désormais c'est la séparation entre la bourgeoisie et les travailleurs.
Le règlement invitait à nommer leurs délégués les professions qui n'en avaient pas encore, lixait le nombre de ces délégués à trois par industrie , engageait chaque corps d'état à former un comité particulier en communication permanente avec le comité central. — Le comité central avait pour mission de veiller au maintien de la Républi(jue populaire, en donnant une centralisation et une direction unique aux ouvriers; d'assurer le triomphe de la démocratie aux prochaines
élections ; de préparer l'organisation du travail,
notamment par l'étude des procédés techniques de chaque profession, et par une classification des industries indispensables les unes aux autres pour la confection complète d'un produit. — Le comité devait adresser des circulaires aux ouvriers des départements pour soUiciter des organisations semblables.
Ici encore le but est l'unité des forces populaires révolutionnaires. Le comité des ouvriers se met en rapports suivis avec le Club des clubs et avec la préfecture de police. M. Albert, lié avec M. Caussidière par les nœuds du passé, marche avec lui au rang où le hasard des révolutions les a élevés.
La garde mobile , provisoirement casernée à l'École militaire, sous le commandement du général Duvivier, présentait, à son origine, le spectacle le plus étrange. C'était un mélange imprévu d'ouvriers jeunes, honnêtes, capables, entraînés par l'ardeur de l'âge et le dévouement au pays, et de gens sans aveu, rôdeurs de barrières, alléchés par la solde de i fr. 50 c. et par un refuge assuré; les uns et les autres vêtus de leurs costumes, blouses, vestes, haillons, ne se connaissant pas, sans frein, sans règle, sans officiers (ils étaient appelés à les éhre); foule volcanisée, prête à tout embrasement, à toute éruption.
Peu à peu la main vigoureuse du général en avait épuré les rangs, discipliné la masse. D'eux-mêmes, les
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ouvriers a\airnt cxpnUt- !«■> iiitlii:iu'>. l.a tlj.-^biliciUioM se faisait. Les bataillons, les coiiipaj^nies se dclimilaieiit et prenaient |»osse>si()n des diNorses casernes de Paris. Les élections avaient lieu avec soin, a\ec ordre. A côté d'ouvriers et de commis, des iils de famille, des militaires autorisés ])ar deeret du Gouvernement |irovisoire, hriimaient les suirrau;es de leurs camarades, pour obtenir IV-panlelfe d'ariienl, l.e général, installé (5 mars; an Palais-Hoxal, preiexail sur un j)renii(M- crédit de i ■»IM) (IIKI tV.. !(»> frais d'Iiabillenienl cl (i'.'(|uipemenl, poussait eneri;i(piement l'inslruction militaire, et, après (piehpies semaines d'exercice, voyait avec une \ive satisfaction ces enfants de Paris, nés soldats, manonivrer comme de \ieilles trouj)es.
Mais reli'ment de la irarde mobile était essentiellement ri'volulionnaire. Sortie des barricades , elle portait l'empreinte de son oriiiine ; elle avait l'inlrépidité, mais aus>i la turbulence et la mobilité du jXHiple. Inditîérente au courant dans cet océan de passions, elle était prédisposée à toutes les impulsions, à toutes les désertions. Non encore revêtue de ruiiilbiiue, elle n'avait j)as l'esprit de corps (jui maîtrise le soldat; elle n'avait pas davantage l'habitude (|ui enchaîne la volonté indi\iduelle à une volonté suj)érieure. Klle vivait encore de la vie de tous, de la vie du moment, de cette vie fiévreuse, deliiante, qui convulsionnait les esprits et bouleversait les tètes. Aussi subissait-elle, tour à tour et sans résistance, les impressions que l'habileté des chefs de clubs tentait de produire sur elle, et celle ({ue son général leur opposait dans des exhortations réitérées. Les 9% 10% ir et 19" bataillons, casernes à IV. 6
l'École militaire, étaient plus que les autres en proie à une surexcitation incessante. « Jeunes volontaires, » leur disait le général (ordre du jour du 26 mars) à la suite de troubles commis à l'hôtel des Invalides, « gardez-vous bien! Devinez qui vous tente. Le carlisme vous entoure de ses meneurs. Détiez-vous! ces hommes se diront plus républicains que les défenseurs des barricades ; et ces hommes intérieurement se riraient de vous. Si ({uelqu'un vous pousse, vous excite au désordre, rejetez-le iiinominieusement! Répondez-lui : Nous sommes dans Paris les soldats de la paix , de la confiance publique. Dehors, nous serons i'avant-garde de l'armée parisienne. Arrière! vous nous forceriez de vous livrer au\ magistrats. » Mais ces paroles étaient emportées par le touibillon du jour.
Les baiaillons de l'École militaire formaient un club, le Club de la garde nationale mobile ^ instituaient un bureau et envoyaient (3 avril) des délégués demander au Club des clu|)s concours et assistance pour l'organisation de clubs dans tontes les casernes de la garde nationale mobile.
Le Club dissertait (5 avril) sur les droits de l'homme et sur la devise « Liberté! Égalité! Fralernité! » Il posait ces deux questions : « Quel sera le devoir des citoyens si l'Assemblée nationale vient à marcher dans des erremenls stalionnaires, et n'extirpe pas d'une manière radicale tous les abus; en un mot, si elle n'est pas républicaine dans la plus large acception du mot? — Quel est le devoir du gouvernement de la République française dans l'état actuel de la Pologne? Doit-il intervenir immédiatement ou attendre les événements? » Et
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l'iiMiiiiimih' (lisjiif ii l'un»' : « l/insiirrrrtioii . diiiis ce curi, ost le pins ^iwrv «les «Icvoirs; » à l'aiilro : « L'intervjMilion doit l'^lro inmirMli:il(>. »
Des (jiM'slions s|M'ri;il»'s à la iranlc rnohiio ^Maiont ♦'uahMiM'iit (lis('ul«''ps. l/nnanirnit*' répondait inii à cette iieniande : u Si nous entrions en carnpaunc. ^erail-il urj-'ent «jih* les volontaires lussent arin^s de tiisils ji| pernission? »
I.eClid) des rlid)s était pri<'' <le rmir l<> clid» de la uarde nationale iimlnlr au courant de tous les faits a lOnlrc i\u jour.
Aux forces actives (pie nous \enons d'cnunicrer, il faut ajouter la Sorii'lé des Droits de VHnmme, dont le développement devenait formidable. Elle était présidée par M. Villain, ouvrier élevé, de ses propres efforts, au rans d'ingénieur mécanicien. Dès le début, MM. Villain et N. Lebon lui donnèrent une «lirection ouveitement différente de celle des autres clubs : ils s'orij;anisèrent pour le combat. (>e ne furent pas de simples adhérents à une doctrine rpi'ils recrutèrent , ce furent des soldats! Pour les autres clubs, la lutte était l'incident; pour la Société des Droits de l'Homme, c'était le but.
« L'organisation de la Société est militaire », disait l'article I" du rèi:lement. Elle se divisait par sections, arrondissements stratési(pies , quartiers et centuries. Une médaille était remise à chaque utembre à l'effet de se faire reconnaître et de se prêter au besoin aide et
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assistance. Le devoir des ciiefs de section , des souschefs, des décurions, des centurions, avait des règles rigoureuses. Un comité central, de onze membres, était élu et renouvelé par tiers tous les trois mois. On nommait des surveillants par arrondissement et par quartier. La partie disciplinaire punissait sévèrement les absents. Les affiliations dans les départements étaient recommandées. On exigeait pour l'affiliation : 1° abnégation absolue de l'individualité; en échange, la Société s'engageait à se mettre tout entière sur pied, s'il en était temps, pour défendre ratiilié, et, s'il n'en était plus temps, pour le venger; 2" obéissance toutes les fois que le comité central aurait décidé une permanence, sans pouvoir argiier, en cas d'absence, ni des liens de famille ni des atiaires personnelles ; 3° adhésion, sans restriction aucune, au règlement de la Société et à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Les cartes stratégiques de chaque arrondissement furent dressées, les affiliés armés, les munitions préparées. Le nombre des sociétaires s'éleva rapidement à six mille. Des succursales se constituèrent dans divers quartiers, surtout dans les plus populeux.
M. Villain était en rapports journaliers avec M. Caussidière. Le 16 avril, il rendait compte d'une démarche qu'il venait de faire auprès de lui, relative aux gardiens de Paris : « Ils seront placés sous la direction de Caussidière, et commandés par des républicains éprouvés. » En conséquence, les citoyens du club étaient invités à se faire inscrire à la préfecture de police.
Tout en se croyant assez forte pour marcher seule et
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PII «l«'hors (le rinnucnce dos autres dirorlioiis , hi Sovii'U' n't'ii clail pjis moins roprcsondr ;iii ('lui» dcv ( lulx par M. N;»|)ol('nn l.chon , (|iii scrsait il inlcniii'diairi» jMnir les (U'cisions coMmiimcs cl les mots dOrdre.
1^1 doclriin' (!•' la Sociclc îles droits de riioinnic clait lin soeiali^iiic soi^iii du (-oiiiiiiiinisiiie.
.M. (]al)et, chef des Icariens, présidcnl i\r la Socirt(' fraleniclle ventrale, coiiiinençait à regretter son rôle pacifitpic du 17 mars. Des entrevues avec .MM. Lamartine et (iarnicr-l'aiies, a\ec lesquels il avait des relations amicales de vieille date, n'avaient ahouti cpi'à surexciter son amour-pro|)re el ses |)rétcntions. Plein de foi en ses doctrines, dictateur dans leur application, s'exaltent lui-mcmc a la vue fie la foule croissante de ses auditeurs, eon\aincu de sa jjuissance sur l'esprit des ou\ riers de Paris, il s'ima,uinait tpi'il allait être j)resque le maître de la situation le jour où il voudrait agir. Il le disait avec une bonhomie vaniteuse et une conliance absolue. Uelenu par la douceur d'un caractère plus morose que sévère, il était poussé par le fanatisme. Aussi son lancaiie devenait-il de plus en plus hostile au Gouvernement provisoire.
Le 23 mars, il écrivait dans le Populaire : « Nous n'avons voulu que vous éclairer et vous encourai^er. Mais vous continuez à tout compromettre... J)ans quehpies jours nous serons sur le radeau de la Méduse!... et c'est vous qui nous y aurez conduits
quelle responsabilité pour vous!... »
Le 2G, ses paroles étaient plus acerbes encore : « Vous vons êtes rabaissés et rapetisses pour vous traîner terre à terre... vous êtes restés comme immobiles... Vous avez laissé le mal s'élever de tous côtés autour de vous. »
Le Club des amis du peuple avait été fondé par M. Raspail. Une feuille portant le même litre paraissait à jours indéterminés. Le club, c'était lui! le journal, c'était lui ! Dans le club, i! professait ; dans le journal , il parlait de sa personne. Condamné politique, il avait acquis une popularité justifiée par ses soutlrances. Savant, et observateur intelligent, son nom s'était répandu à l'aide d'un système médical par le camphre. A une certaine époque , vendu par quelques agents secrets atbiblés du manteau des conspirateurs, il s'était cru depuis lors entouré de traîtres et de mouchards, et il s'était retiré de la vie politique.
Il reparut après les journées de Février, désireux de se remettre en avant. Son ambition ne l'entraînait pas jusqu'à prendre l'initiative d'un complot contre le Gouvernement provisoire, mais il était disposé à s'y mêler et à en profiter. Son langage était habile, réservé ou exalté, adapté aux circonstances. Sociahste avancé, il se défendait do communisme, et soutenait avec énergie Cabet, Blanqui , les communistes purs. Il ménageait ses relations avec les chefs les plus influents des clubs. Aussi son nom, drapeau pour un certain nombre, figurait sur toutes les listes de comités de salut public, en
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pri'Msion tlii niivorst'iiuMit «lu (JoiiM'rueinenl proNJ- >oire. I) ailleurs , par son pa^si-, par ï.011 innuciicf , pur ses partisans, il pousait apporU-r un appoint iuiporlaul aux l'urces insurrection nolles.
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Do tous les clubs, celui ilr la Soviélv n''pulilicuine cni- /ra/<' attirait le plu^ l'altiMilion pul)li(|ue, et pi(piait la curiosité. De tous les cbefs, le plus entre|irenanl , le |)lus ilanuereiiv, était M. A. HliiM(|iii, président de cette Société, (pii ne cessait de poursuivre avec acliarnenient ses altaipies pul)li(pies et ses conspirations secrètes contre le Gouvernenienl.
Le club de la Société républicaine crntralc a\ait une vie à part, ai;issail isolement, tout en étendant partout ses relations et ses raniilications. Il tenait séance dans la salle du (Conservatoire, aux. Menus-Plaisirs. Cette salle, disposée en tliéàtre, permeltail aux. nombreux visiteurs que l'e-xcenlricité des discussions y attirait cliaque soir d'assister de leurs loges aux scènes émouvantes qui se succédaient à tout instant. Rien de plus passionné, de plus pittoresque que le S|)ectacle de ces hommes de toute position sociale, de tout ùge, de tout costume, s'applaudissent à outrance, se sifllant avec l'ureur, le poignard sous l'babit ou sous la blouse, le pistolet dans la i)oche , se précipitant à la tribune, se heurtant, s'arrachant la parole, se menaçant, la main sur l'arme cachée. Si le calme se faisait un moment, l'ouragan se déchaînait bien vile avec plus de violence.
88 GOnVEUNEMENT PROYISOIHE.
Le personnel des cjrands jours était un composé de tous les éléments. On y voyait, à côté de communistes et de montagnards, des conservateurs et des légitimistes, cpii n'étaient pas les moins assidus aux réunions. On en comptait même parmi les affiliés. Espéraient-ils y trouver protection contre certaines éventualités ? Venaient-ils entendre ou proférer des outrages contre un gouvernement qu'ils supportaient , mais qu'ils n'aimaient point? Clierchaient-ils, dans ces exagérations elTrayantes, des motifs à une réaction prochaine et justifiée ?
La déclaration obligatoire des affiliés était ainsi conçue : « La République, comme la monarchie, peut ombrager la servitude sous son drapeau. Sparte, Rome, Venise, étaient des oligarchies corrompues... La formule : Liberté^ égalité, fraternité^ pourrait de- Acnir un mensonge aussi célèbre que celui de la Charte : Tous les Français sont égaux devant la loi. La tyrannie du capital est plus impitoyable que celles du sabre et de l'encensoir. La révolution de Février a eu pour but de la briser. Ce but est aussi celui de la Société républicaine. »
M. A. Blanqui était dans la vigueur de l'âge (quarante-deux ans). De petite taille, la figure maigre et fatiguée, le regard indécis, il portait sur sa physionomie l'empreinte d'une vie d'inquiétudes, d'efforts perdus , de souffrances morales et physiques. Sobre de besoins, souple d'esprit, il avait passé sa vie dans les
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<.-(>ns|)iration> i»i (hiiis les prisons, i. Un des itroinott'iirs les plus anlcnls ilos SociôU'S secrclps sous Lonis-lMiilippe, il avait orirauisé la Socit'-fc des familles, et jilu^ tard celle des Sais(»ns, avec MM. Uais;in, I.aïuieussens, Marlin-Heniard et liarl»es. I.e 1 1^ iii:ii IS31), il a\ait eu, a\ee t'iix, l'iiudate d'cutrepreudic , ;i hi trtr de >i\ cent (iiKjiianlt' lioninies de leur asso<ialioii , le rcuNersenieul de hi niouaicliic , (enlative ou ses ami» ne lui reconnurent pa> un ronrairc ('"irai à son iiudace. Condauuie par la (!liand)re des pairs, iiuarc<i(> an Monl- Saint-.Micliei , cpuisé |)ar la maladie, Iransporh' a l'hôpital de Tours, ijucri, puis gracie, il \i\ait dans la retraite lorscpie sursinl la révolution de Février. Au leudeuiain, il reparut sui la hrèclie, brûlant dune activité lehrile, de passions louirteuips coinj)riuiécs, de souvenirs de complots, d'and)ition inassouvie et maladive, et d'une résolution bien nette d'oser tout pour arriver à tout. Il >c lii h» chef d'un certain nombre d'hommes hardis, déterminés, (ju'il recrutait dans tous les coins de Paris et dont il se créait une phalange de séides.
Il justifiait ses trames : « La nation n'était nulle
part; elle n'avait pas nomme régulièrement son 2;ouvernement. Ce gouvernement était né spontanément d'une révolution populaire... il n'était pas régulièrement constitué... Les manifestations cpii avaient pour but de le modifier d'une manière (pielconcjue ne rentraient pas sous le coup de la loi... La France n'avait pas exprimé sa volonté... on avait le droit d'émettre tous les principes, de faire prévaloir toutes les idées possibles. »
La loi;i(|iie de ce raisonnement exigeait la prompte substitution d'un gouvernement de droit à ce gouvernement de fait ; et cependant c'était M. Blanqui qui le premier demandait l'ajournement indéfini des élections, (( parce que, » disait-il, « on ne pouvait pas fixer l'époque où la nation serait suffisamment édifiée ». C'est qu'il avait besoin de perpétuer une situation qui l'autorisait, suivant lui, à chercher des adhérents et des complices pour un bouleversement.
Le colonel Rey, dont les opinions avancées étaient bien connues, et M. Caussidière l'ont accusé d'avoir ourdi des complots pour s'emparer de l'Hôtel de ville et de la préfecture de police.
M. A. Blanqui avait aussi rêvé la centralisation des clubs , afin d'en disposer à sa guise. D'accord avec quelques autres meneurs , il les avait convoqués pour le 26 mars, dans une proclamation où on lisait : « La République, c'est l'émancipation des ouvriers, c'est la fin du règne de l'exploitation ; c'est l'avènement d'un ordre nouveau , qui a (franchira le travail de la tyrannie du capital... L'existence du peuple ne peut rester à la merci des frayeurs et de la malveillance des capitaux. » Cet appel était resté sans résultats; et la Société centrale républicaine demeura isolée des autres clubs.
Tel était M. Blanqui, président du club, chef d'une armée occulte, insinuant, tenace, courant les ateliers, fouillant les faubourgs, s'introduisant partout , infatigable, éveillant toutes les passions, conspirant toujours et contre tous, lorsqu'une révélation subite, inattendue, vint le surprendre et le frapper.
cil AlMTUi: DKLXlKMi:. 91
M. Tasclioroau , imrion dcpiilr, recueillail, [xtiir los piiMicr, les piôtes liist()ri(|ues laissées |»iir !<• iioiiNcrueiiienl «Ifclin. 1 ri t;til assi'Z curionx vint lui romiiir de noti\('}iii\ (»| iiornhniix riia(«'ri;ni\. I.r *.♦ iiiai>, -m imo conlidcurc lailt* an iniiu-lre des linanccs, le piociiif-iir ijrni'ial (Je la l^'pulili(|iie, M A. INirtalis. pn-Nciiii jiar M. (-Iiarles !{(»\(M'. (In-f' du cahinet du iiiiiiisliu , se lraTi>porta a\('( lui aii\ riiilerie> pour saisir deii\ j><Ml»'t't'uillr> de Louis-Philippe remplis de papiers el cachés. Ces portefeuilles lurent remis au Conseil et compulsés avec >oin : ils ne renfermaient aucun secret d'Ktal . mais des documents for! intéressants. Après leur dépôt au ministère de l'inlcrieur, M. Tascliereau en ohlint (onnniinicalion de M. Ledru-]^>llin. Il allait commencer ses pnitlications sous le titre de Heviie rétrospective, lorsfpie, parmi des papiers trouvés au ministère des alïaires élrani^éres, on découvrit un récit exact de tout ce qui s'était passé de plus secret dans les Sociétés secrètes. M. Taschereau s'empressa de le faire paraître dans sa première livraison.
Ce récit, qui donnait la clef de tous les incidents antérieurs à la prise d'armes du 12 mai 1839, était, à n'en pas douter, l'œuvre de l'un des chefs. Tout y était : l'oriiiine et la formation des Sociétés des Familles et des Saisons, les noms des oriranisateurs, le n()nd)re des adhérents, les dates des résolutions prises, les motifs déterminants, les colloques, les démarches, les armes,
les munitions, les causes d'insuccès, la biographie et le caractère des principaux conspirateurs, enfin des détails si vrais, si fidèles, qu'un seul homme semblait pouvoir les avoir tracés. Cet homme se reconnut. M. A. Blanqui réclama, le 1" avril, contre cette pièce, qu'il disait infâme et fabri()uée par des ennemis.
Dans leur séance du 3, les partisans de M. Blanqui relevèrent avec énergie ce compte rendu et les attaques contre leur chef. M. Blanqui se réserva de répondre. En eilèt, après une démarche inutile auprès de M. Taschereau , qui déclara en avoir référé aux tribunaux , il publia (le i5) un écrit justificatif: « La pièce était falsifiée ou fabriquée; elle contenait des erreurs matérielles qu'il n'eut pas commises. Parlant de lui à la troisième personne , ce ne pouvait être lui qui l'eût rédigée. Au surplus, elle n'était pas de son écriture, et il demandait l'original. C'était un complot dirigé contre lui par l'Hôtel de ville. M. Tascliereau mentait, et ses adversaires étaient lâches et déloyaux. »
Cette affaire eut aussitôt un retentissement extraordinaire. La presse s'en empara. Les chefs des clubs de l'opinion extrême s'en émurent. Déjà ils connaissaient la trahison de Delahodde. Dans les dossiers de la police ils trouvaient les traces de nombreux agents parmi les anciens membres des Sociétés secrètes. Ils regardèrent autour d'eux avec inquiétude, et s'indignèrent, en voyant les apparences justifier cette accusation si fréquente contre leurs exaltations, de compter au milieu d'eux des révélateurs vendus ou à vendre , des pamphlétaires gagés, des conspirateurs par métier, des provocateurs par calcul. Ils se rassemblèrent pour ap-
CHAi'i I lu. iii:r\ii;\ii:. y;i
j»rott»iitlir ri fcljiiior te imnsIci iciiv iiiciiltMil ; \\< iioiiiinèrtMil un jmy (riioiiiu'iir '.
Cette si(initioi) lionna une noiiNcllf irritation au earaclère nalun-llenienl ai.:;ri et vIoIimiI de M. |{lan(|iii. Il s(> reploiiiTca dans les conipiol^ axiM |)lii> de Iciiaidr, d(> coItTr cl de frénésie.
.Vous avons passé en revue les forées, les clubs, les sociétés révolutionnaires extrêmes ; nionfai;nards, socialistes, coinuMiiiistes. Nous avons fait connaître leur itruanisatioii , leurs iaj)ports, leurs dispositions, leur centralisation, leurs |)riucipau\ chefs. Le Cluh dr lu Hévohition réunit les plus importants des anciens conilamnés politi(pies. Le (Uiih des rliihs opère une concentration pour un lui! identi(jue. Son comiti' ivvolutionnaire se met eu relation avec lescor|)oralions d'ouvriers el la uarde mobile, et en correspondance avec les départements. I>es bureaux de la Couunutic de Paris deviennent le rendez-vous ij;<'néial. Le Luxembourg donne aux corporations d'ouvriers une ori^anisation politi(pie. La i^arde mobile iK'site entre les conseils du G;énéral Duvivier et liulluence du Comité révolutionnaire. La Société des droits de l'Iiommc recrute et lève une armée. La Société icariennc prend une altitude ai»ressive. Le Club des amis du peuple se prépare. La Société républicaine centrale conspire.
' .M. ltl.iiK|iii, vivement n<-ciis<'- par .M.M. iiarljc-s et Lainieiissciis , fut, ctialeiireiKonieiit (léfeiidii |)ar d'aiicii-iis associés.
M. Itlnn(|iii refusa de paraître devant ce jury « composé d'ennemis » et ne vniiliit d'ntifre ju|;e que l'opinion |)iibli(pie. l/in-itrnctirin judiciaire mit en lumière les f.iits énoncés coj)tre lui.
Ce réseau formidable enveloppe, enserre peu à peu le Gouvernement provisoire. Sans armée, sans police, sans garde nationale organisée , comment échapperat-il à sa perte ? Le moindre soutïle ne va-t-il pas l'emporter ?
Et nous avons omis une multitude de clubs , qui du reste venaient se fondre dans ceux que nous avons indiqués ! et nous n'avons pas encore énuméré les réunions qui, avec moins de bruit, mais avec plus de certitude, travaillaient au renversement d'un gouvernement qu'elles paraissaient soutenir !
cil \l'l liii-; l KolsjKMi;.
MciuC» d»''. rii^.ilMlrjt . club^ ftuui lu libfitc tia vli-clinns i;l dr i'A\itrHihlee naliniiale ; liMirjniirn.il; nt(.i(|iir<<, r.'ili)niiii<-'< ; i-xlciiitiiiii ilc« rlulni.
— ftnii.ip.irli4inc : •4c»iiv«'iiir« Hf .Nnpcilt'oii I*'''; ^^^■^ jit{;«*«, «•<» faiiKtiiiu<*4; l'uiidiiili- <li* lj f.iiiiiiliT l(<<iM|i.iri<- .i|iri'ii la irvoliilion \\v i-'t'viifr; N.iiMili'iMi - l.i>iii> ltiiii.i|i.irlr ; se-, iiinirrs .'i l,<)iiili'>--< ; si-s iLirlisaiM rn Fmure ; «a ri-noiinnri' ilr «nrialisino ; son 11% rc " Hxtinrtinn du patipêritnie «; aii.ilopirs a\i'r Ir Saiiit-siriiiMii>iiic , Ir Koiirii-i'isiiie, li- sv*lèiiie tic M. I.iiiiis Itlaiii- ; ri'latiiiii-< ilf .Naiiiilriiii - l.iiiiis it(iiiai>;ir(i' avcr rOiiiiosition ; jM'S nrlirlcs ilaii> /«• P/o/y/V-t iltt Pii<:-de-Calai<:; ses caresaeit à la déinocralie; se« agentti. — Cliil>s iiun busiilcs au GnuviTnciiK'iit |ir(>visi>iri; : Sucieleilftnocrulif/iir centrale; Cuinite trntrul puur /#•» flrrliont ift'iii'nitr'i : '<a ('iiiii|>i i-iilnin ; inililcssc dr -ses i>ciis«'r.« e( (Je f><>s A4>ntiiiipn(s ; il l'cnitiiiii.iiMli- I i ji-iticni il ouvriers cl (!<t riiltilaleiirs. — I.*- |>ai'li r<-pii|j|iraiii UmiI L-iiticr ri-i-oiiiiait (iiiil faiil iloiiiiri salisfat-iiiiii aux iiitriél-i ju-tciiic-là sariifii's; liiversilô des (li'||rr-i dans la part à faire à cps iniprris. — Kdiicniion incnmplètp drs niasses. — Fiatt<'ri(>s ,ni prupic : t'iimlation des cunsei-^atciiis cl rlt's r<'-voliitionnaircs c\al(cs; ciuvrciuciit , cj^arciiiciil du i)cii|dr; lontrc - poison : fonsciU de safjcssp ci de justice donnes jiar F Atvtii-r. — Atclicis iiaiio- Daax : leur accroissciiieni ; iiiHuenco dr; leiii dirocicnr cl des ('iève^ <!f l'i'j-olc rciilr.df-; prccaiitions du ininisirc des liavaiix pid)li('s; Club des ateliers iKitioiiuux ; rcnnions; dan|;crs; inlliicncc des dôlcgués du Luxeniljour{> et tics dclcgiié.s des clubs. — Liste des clubs.
— La création des clubs, consécpience forcée de la révolution de Février. — l'n |icuple doit savoir cboisii- entre la tvraiinie et la liberté. — Considcr. liions («éneraii;-.. — ^ioblcs idées, devotn;iii(.'nts, grands éclats des rlubj.
Ce serait une grave erreur et une injustice flagrante (l'accuser les républicains sectaires d'avoir seuls abusé du droit de réunion. Tenus a plus de circonspection, les autres partis n'employaient pas avec moins d'activité et d'ardeur les moyens de propagande (jue la
96 GOUVERNEMENT PROVISOIRH:.
liborté illimitée laissait à la disposition de chaque citoyen.
Les clubs républicains pour la liberté des élections et de r Assemblée nationale , où nous avons vu MM. Viennet, Liadières, Fould, Dugabé, de la Valette, de Fézensac , de Richelieu, d'Anthouard, de Grillon, de Noé,-de Vatimesnil, de Noailles, Beugnot, de Chastellux, de la Force, de la Rochejaquelein, Berger, Mahul, Poujoulat, etc., etc., et plusieurs généraux mis à la réforme, entretenaient avec les départements des rapports suivis, et ne négligeaient aucun des moyens mis en œuvre par leurs adveisaires pour accroître leur influence et agir sur les élections. Oubliant les querelles passées, indifférents aux divisions futures, ils fusionnaient toutes les opinions royalistes. Un commun sentiment confondait tout : partisans de Henri V, orléanistes, })airs de France des deux branches, députés des deux règnes, noms de la plus haute noblesse et noms roturiers.
Les fondateurs du journal l'Assemblée républicaine nationale^ organe de ces clubs, ne laissaient plus passer une occasion d'atta(pier le Gouvernement, qui, ainsi que le titre de républicains (pi'ils avaient pris pour égide, les couvrait et protégeait. Se mettant à l'unisson des feuilles socialistes, empruntant leurs expressions, persuadés <pie déconsidérer les hommes du pouvoir c'était miner la République et hâter le retour de la monarchie, ils déversaient sans mesure sur ces hommes et
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»ur leurs décrois le hlàiMc et le licl. An ris(|ii«' de be perdre dans des abîmes inconnus, péril dont les préservait seul le (iouvernement prosisoire, ils soulevaient contre lui les j)assions piihiiijues : « Ses eiïorts de conciliation ne sont (pie faiblesse ; ses appels à la concorde, impuissance; ses tolérances, incapacité! » Libres dune liberté absolue, respectés, protéines dans leurs |)ersonnes, dans leurs fortunes, ils criaient à l'oppression et à la ruine : « Les circulaires du niiiiislfe de l'intérieur rappellent les dictatures sanglantes; celles du ministre de liustruction pnbli(pie sont unencourairenient à l'ignorance; les mesures tinancières sont funestes. «Approuvé le premier jour, rim|)ot des 45 centimes, qui les sauvait de rim|)ot forcé, du pa|)icr-monnaie , de la restitution du milliard des émii!;rés, de la confiscation des biens de la famille d'Orléans, « n'est plus(ju'nn vol; le ministre de la justice se livre à des destitutions et à des suspensions scandaleuses; le ministre de la û;uerre viole tous les droits des anciens généraux». Le manifeste du ministre des alTaires étrangères ne leur inspirait que ces paroles : <( M, de Lamartine a en quehjue sorte jeté un déli à THurope, en déclarant que les traités de 1813 avaient, aux yeux du (gouvernement, cessé d'exister, et en faisant planer la menace d'une intervention, lorsque l'heure d'une nationalité aurait sonné. — Le résultat d'une déclaration de cette nature est d'effrayer les cabinets étrangers, et de leur fournir des armes pour combattre, d'une manière ouverte, une forme de gouvernement (ju'ils se seraient bornés à détester en secret. » Ce paragraphe ne révélait-il pas plus de désirs et d'espérances que de regrets ?