‹ Histoire de la Révolution de 1848 (volume 5)Chapitre 9 sur 49 · VIU · texte numérisé non relu

VIU

Napoléon -Louis Bonaparte avait des rapports avec un certain nombre de députés de l'Opposition. Il cherchait à se rendre populaire par la publication de pensées et de principes avancés. Il rédigeait des articles radicaux dans le Progrès du Pas-de-Calais , publié par un républicain connu et honoré de tous, M. Degeorges. Il caressait la démocratie, à qui ses agents cherchaient à faire agréer son nom.

ciiAriTHi: THoisiKMi:. m

( M» coiniuruti ((miiiunl, jipus FcNrier, les piiitisan^s lK»n<iparlii«lcs accrptt'rrnt les |>iiiiri|M's r(''|)iibli{nins pour s'a \ un en- dans les cluiis ri diins U»s laubour^s. Et cppeiidaiit , c'osl à prine si à la tiii (\c mars on \()il apparaître un club t'raïu-henieiit bonaparlisle. Le seul (pii annonçait une tendance na|)<)léi)nienne se forma (!our de> Miracles, sons le titre di* « l'Avenir ».

Tous les clubs nV'taient |)as hostiles au Gouvernement provisoire. In certain nondjrc même lui étaient [)lus on moins faNorablcs.

La Sovivlé dhutnratiijuc centrale, présidée par AL (iuinard, clief d'clal-niajor de la garile nationale, (jui tenait ses séances dans une salle de rLlat-major, ac(iuérail chaijue jour plus d'importance et d'inlluence par lélection de ses principaux fondateurs aux ç;rades supérieurs de la garde nationale, ou par leur nomination aux fonctions de maires ou d'adjoints. On comptait parmi les affilies : M>L Dauphin, Yautier. Ilingray, Forestier, Hovyn , Poirier, Monduit, Cerceuil , Durand Saint-Amand , llaguette , Desmarest , De Benazé , Victor Masson , Vitcof] , Barrai, Gornet , Gohert , Catalan, Schœlchcr, David Td' Angers), etc., etc.

Prcs(jue tous réj)»d)lirains de longue date, ils avaient pris part à tous les mouvements polit i(|ues du règne de Louis-Phili|)pe, et ils avaient puissamment contribué aux démonstrations de la garde nationale (|ui avaient déterminé les journées de Février. Membres de l'ancien

Comité central des électeurs de Paris , actionnaires du National et de la Réforme, ils étaient logiquement conduits à soutenir le Gouvernement provisoire, qui, par sa composition mixte, représentait leurs principes, leur passé et leurs vues. Cependant, par habitude d'opposition, la majorité était disposée à pencher vers la partie la plus révolutionnaire de ce Gouvernement. Désireux de conserver dans leurs arrondissements une popularité méritée, craignant de se voir dépasser par des hommes nouveaux et plus exaltés, ils étaient poussés en avant, tout en redoutant les excès et les exagérations; et ils poussaient le Gouvernem-ent vers les niesures hardies. La plupart faisaient aussi partie du Comité central pour les élections générales.

Le Comité central pour les élections générales, installé au bazar Bonne-Nouvelle , avait invité les clubs à lui envoyer des délégués. Si les plus prononcés (le Club de la Révolution, etc.) repoussèrent cette invitation, il n'en réunit pas moins un nombre considérable de délégués et les républicains les plus connus par leurs antécédents, par leur honorabilité, par leurs talents, par leur position. Journalistes, hommes de lettres, ouvriers, commerçants, avocats, artistes, savants, travailleurs de tout labeur, citoyens de toutes les conditions, accoururent se faire inscrire. Et bientôt l'élite des hommes du progrès, qui avaient donné les preuves les plus sincères de patriotisme et de dévouement éclairé à la

niAPirni: troisikmk. hs

cause (ii'mocralicjue, se trouva irroiipée (lan> un conlre d'aclion plein «!«• vie el <rinfluen(e.

M. Heciirt. adjoint ilii maire de F'aris, clail présiileiil : un ouvrier lypo.:«'raplie, M. Danuux , \i(e-présidenl -. ^l. Philippe Lehas, nieinltre de l'inslilul , secrétaire ; M. Adrirn Dclaire, ouvrier ('l)('ni>(('. secrétaire adjoint ; M. Koy. arclnvisl»'; .M. (^Iievallon , trésorier. l*arini les nieud)ri's du (!omité,on renianjuait : .M.M. ^ aulabrlle ^\cliille\ l'auteur de Vllisloirr (1rs deux liesiaiiralions; Auili\ de Puyrav(\ui, ancien député; Bérard, Launette, liarraud, etc., ouvriers; Charles Thomas, directeur du Malional, homme suj)érieur, modeste, en mesure d'arriver à tout et refusant tout ; Dornès, cœur droit et plein d'ahnéiïation; Clément Thomas, Terrien, Foriïues, Gustave Ilécpiet, attachés au yational par les jtrincipes, le talt*nt. hi bravoure et la loyauté; Hibeyrolles, rédacteur en chcl' de lu lU'fornic; Savary, ouvrier cordonnier, rédacteur de la VratcrniU'; Lamennais, rédacteur en chef du Pouplr ronstiluanl ; Corbon, ouvrier sculpteur sur bois, rédacteur de VAleHcr, intelliiience rare, esjirit juste ; Pascal, son ami, ouvrier imi)rimeur , élu lieutenant-colonel de la M' légion; Otl , historien , philosojdie économiste de l'école de Huchez, rédacteur en chef de /(/ Ucvue iialionalc; (A\ntagrel, de la Démocralie jmcifkiue; d'Alton-Shée, expair de France ; Badin, peintre, directeur des Gobelius ; lilai/e , historien, réformateur des monts-de-piélé ; lîocage, grand artiste; Bois-le-Corate, chef d'escadron d'état-major, et Cerise, médecin, tous deux, hommes de rare distinction; Buisson, Boiu'don, Depouilly, Cerceuil, Favrel, Fourncyron, Ramond de la Croisette,

Page 1