‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 100 sur 243 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

confiance; que la Commission était incapable, impuissante, divisée, partiale en faveur des républicains de la veille; que, nouveau Directoire, elle entraînait la France à sa ruine; que le pays voulait être gouverné et qu’il ne l’était pas; qu’il fallait revenir immédiatement au système de la nomination directe des ministres par l’Assemblée.

Des défenseurs de la Commission s’élevèrent de tous les bancs de la gauche cl de l’extrême gauche, qui, les yeux ouverts par l’évidence, voyaient clairement que c'était la République elle-même qui était attaquée dans la personne de ses gouvernants.

La commission fut composée de ces divers éléments. Elle fit inviter, par son président, M. Abraham Dubois, le Pouvoir exécutif à se mettre on relation avec elle. Sur cette invitation , MM. Lamartine et Garnier-Pagès se rendirent, le 11, dans son sein, prêts à lui donner tous les renseignements qu’elle désirerait.

Certains représentants, interprètes fidèles de leurs bureaux, avaient répété, dans la commission, les reproches, les accusations formulés contre le Pouvoir exécutif. Ils croyaient aux dissentiments de ses membres, à leur indécision, à leur faiblesse, à leur défaut de vigilance, à leur inhabileté. Ils leur attribuaient toutes les douleurs, toutes les angoisses de la crise : s’il y avait des troubles, c’était leur faute et non celle des partis ; leur manque d’énergie laissait passer l’émeute; pour le salut du pays, ils devaient céder la place à de plus résolus, à de plus capables.

1 118 COMMISSION EXÉCUTIVE

M. Garnier-Pagès prit le premier la parole, M. Lamartine se réservant de confirmer et d’appuyer ses assertions. Il fit simplement l’exposé des faits tels qu'ils étaient et non tels qu’on les supposait. Ses explications furent catégoriques. Elles dissipèrent les préventions.

Les questions personnelles, toujours délicates, furent ensuite soulevées. M. Garnier-Pagès les aborda sans hésitation. Il déclara que les hommes chargés de gouverner le pays devaient donner satisfaction pleine et entière, non-seulement à l’Assemblée, mais encore au peuple qui l’avait nommée. Tel ministre sans influence suffisante sur l’Assemblée était tout-puissant sur le peuple. Il ne fallait donc pas se borner à considérer les nécessités du dedans, mais aussi les nécessités du dehors. Elaguer telle ou telle personne du Gouvernement, c’était affaiblir sa popularité, sa force morale. Affaiblissement inhabile et coupable en face des manœuvres incontestées et incontestables qui exigeaient du Gouvernement l’union de toutes ses influences, do toutes ses forces, pour sauvegarder et la République et l’Assemblée elle-même ! Quant aux Ateliers nationaux, leur dissolution était préparée. Ils seraient absorbés par le rachat et le travail productif des chemins de fer. Les moyens financiers étaient assurés et allaient être soumis à l’étude de l’Assemblée.

M. Lamartine reprit les mêmes pensées en les fortifiant de son éloquence et confirma les assertions de M. Garnier-Pagès.

Lorsque les deux membres de la Commission exe-

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