‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 101 sur 243 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

cutive se retirèrent, ils laissèrent la conviction dans l’esprit des représentants. Le maintien du Gouvernement et son union avec l’Assemblée furent admis comme la seule solution praticable, et toutes les résolutions favorables à l’ouverture du crédit furent votées à l’unanimité.

Le 12, la commission parlementaire soumit son rapport à l’approbation de l’Assemblée.

Après avoir reconnu la nécessité d’une allocation pour le secrétariat, les bureaux et les archives, elle ajoute :

« ... Des motifs d'une autre nature nous semblent justifier l’allocation d’une somme spéciale dans l'intérêt de la sûreté publique. Aujourd’hui le Gouvernement a besoin plus que jamais d’être armé contre les périls qui l’environnent... Ne comptons pas trop sur la défaillance des partis, qui n’abdiquent jamais avec cette brusque générosité. La situation du pays réclame donc une vigilance plus inquiète... Le Gouvernement nous a déclaré d’ailleurs qu’il rendrait compte de l’emploi de ces fonds à une commission de l’Assemblée.

« Quant à la question de confiance, nous l’avons envisagée dans toute son étendue. <

« Il s’agissait, en effet, pour nous, de maintenir le pouvoir que nous avons choisi, ou de confier à d’autres mains la direction des affaires publiques.

200 COMMISSION EXÉCUTIVE

« Nous avons arrêté, après un mûr examen, une série de questions qui nous ont paru répondre à nos plus chers intérêts et aux préoccupations les plus vives de l’esprit public. C’était au nom de notre conscience, de la conscience nationale, que nous allions nous adresser au pouvoir. Nous devions porter nos investigations sur ce qu’il y a de plus secret dans la politique nouvelle. Il nous fallait, en quelque sorte, dresser le bilan des espérances et des craintes de la patrie.

« Ce désir si légitime n’a pas été trompé. Les membres de la Commission exécutive sont entrés, sans détour, dans la voie où nous les appelions. Aucune question n’a été laissée à l’écart. Les explications de la Commission exécutive nous ont offert ce caractère de franchise et de loyauté qui est le plus bel ornement du pouvoir chez les peuples libres.

« Voici ce qui résulte pour nous de cette conférence :

u La Commission exécutive, qu’on accuse quelquefois de n’ètre pas unie, marche au contraire avec ensemble vers un but commun : le triomphe de la République et des institutions dont elle est la source. Toutes les mesures qu’elle a décrétées ont obtenu l’unanimité des suffrages. Des avis divers ont pu se produire, mais ces dissentiments, qui honorent laconscience humaine, n’ontjamais nui à l’unité de l’action politique. Tous les membres de la Commission exécutive veulent également le maintien de l’ordre et le maintien de la liberté. Ils sont également décidés à repousser toutes les attaques qui pourraient menacer la famille, la pro-

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