CHAPITRE CINQUIEME. I!th
tion qu’avec des réserves et des récriminations plus blessantes que les injures de ses adversaires, elle cherchait son point d’appui dans la majorité de l’Assemblée, majorité composée d’hommes loyaux et sincèrement attachés à la forme et aux institutions républicaines.
M. Sénard avait remplacé au fauteuil de la présidence M. Bûchez, qui, à l’expiration du mois réglementaire assigné aux changements du bureau de l’Assemblée, n’avait point voulu se représenter. Leurs deux discours, sympathiques et conciliants, avaient été chaleureusement applaudis. Sous l’impression de cette explosion de sentiments de concorde et d’union, M. Sénart fit une démarche officieuse auprès des membres de la Commission, afin de chercher, de commun accord, les moyens de rétablir entre l'Assemblée et le Gouvernement les rapports de bonne entente indispensables à la direction de la République à travers les sombres éventualités de l'avenir.
Il ne dissimula à la Commission ni les préventions, ni les inimitiés d’un grand nombre de représentants; une crise parlementaire était imminente. Mais il était encore possible de la conjurer par une modification ministérielle, par la retraite de certains ministres. MM. Bastide et Recurt, dont le caractère était honoré par tous, éprouvaient visiblement une extrême répugnance à monter à la tribune, et cette répugnance les faisait paraître insuffisants, à un moment où la parole
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COMMISSION EXÉCUTIVE
était plus que jamais nécessaire au débal des plus grands intérêts intérieurs et extérieurs du pays, à la discussion des problèmes sociaux. M. Flocon déplaisait à beaucoup par l’àprelé de son langage et par la singularité de ses mœurs parlementaires. Mais ses aptitudes gouvernementales et ses travaux consciencieux le protégeaient contre ces antipathies. M. Bethmont, qu'un talent éminent et d’admirables qualités rendaient digne de tenir les sceaux de l’Etat et de diriger le ministère de la justice, était sérieusement malade. Le Gouvernement avait donc besoin d’étre autrement soutenu dans ces différentes fonctions; il devait appeler des hommes nouveaux. A cette condition, l’opposition serait satisfaite.
Les bureaux réunis pour nommer la commission chargée d'examiner le projet de loi avaient longuement et passionnément discuté. Les membres de l'ancienne gauche et de la droite, constants adversaires des membres du Pouvoir exécutif, n’avaient pas manqué de saisir avec empressement cette occasion de faire une charge à fond contre le Gouvernement.
M. Sénart avait prévenu l’Assemblée , avant la convocation des bureaux, que la question de confiance était nettement posée par la Commission exécutive.
MM. Léon Faucher, Bineau, Ducos, de Falloux, Wolowski, Duvergierde Hauranne, de Larcy, Sainte- Beuve, Danjou, etc., répliquèrent qu’ils n’avaient pas