CHAPITRE CINQUIEME
priété, l'Assemblée nationale, la vie et la sécurité des citoyens. Ces devoirs ne les ont pas enlevés à d’autres préoccupations aussi graves. L’Assemblée nationale pourra juger aujourd’hui du mérite et de la portée de leurs combinaisons financières, dont la communication lui a été réservée. Ils ont rattaché à ces combinaisons, mûrement étudiées, la solution provisoire de ce problème du travail, funeste héritage de nos gouvernements monarchiques . Les principes d’ordre et de moralité qu'ils s’efforcent d’introduire dans les intérêts matériels, ils veulent aussi les introduire dans le Gouvernement. Ils cherchent surtout dans leurs agents la probité, fortifiée et agrandie par un dévouement profond à la République. Leur choix a pu s’égarer dans la confusion et le tumulte des événements; mais il devient d’autant plus sûr que la réflexion devient plus facile. Du reste, ce n’est pas dans le sein d’un parti, mais dans les rangs épais et profonds de la France démocratique qu’ils prennent les instruments qui leur sont nécessaires; ils comptent sur le concours de l'Assemblée nationale, dont ils ne sont eux-mêmes que les agents, pour continuer celte œuvre semée de difficultés. Leur activité, peu sensible peut-être, n’a pas langui un seul moment; elle redoublera, s’il est possible, et les rapports adressés à l’Assemblée nationale témoigneront publiquement de cette énergie, qui n’a pas cessé de veiller avec une constante sollicitude politique sur les intérêts généraux de la France.
« Tel est, en peu de mots, le résumé du langage qu’a tenu devant nous la Commission exécutive ; plus d'une
COMMISSION EXÉCUTIVE
prévention a disparu devant ces paroles. Des faits qui semblaient exercer quelque empire sur les esprits ont perdu de leur gravité. Les suffrages étaient divisés avant ces explications franches et loyales : ils se sont réunis.
« D’après ces motifs, nous vous proposons à l’unanimité l’adoption du projet de loi : — 25,000 fr. par mois pour dépenses de secrétariat et archives ; — 75,000 fr. par mois pour dépenses de sûreté générale. »
La lecture de ce remarquable rapport, écoutée dans le plus profond silence, étant achevée, la discussion commença en présence de tous les membres de la Commission exécutive.
La question de confiance concentrait particuliérement les préoccupations. Posée par le Gouvernement, par la commission de la Chambre, elle avait été déclarée indispensable par une réunion de près de 400 représentants, tenue la veille dans l’ancienne salle et présidée par M. Gorbon.
M. Paul Sevaistre attribue tous les troubles à une conspiration permanente des chefs de clubs socialistes qui, par leurs dangereuses théories et leurs excitations perpétuelles, poussent les ouvriers à se ruer sur le pouvoir et sur l’ordre social.
M. Babaud-Laribière combat « les prétentions, d’où qu’elles viennent, d’une démagogie effrénée, rêves creux d’esprits malades, ou bien de prétendants, sous