CHAPITRE CINQUIÈME
quelques noms qu’ils se présentent, de quelque gloire qu’ils veuillent affubler leur drapeau. (Oui ! oui! Trèsbien.)
a Lorsque j’entends reprocher au Gouvernement que nous avons créé qu’il manque d’initiative, qu’il s’endort, je me reporte par la pensée au nombre de décrets qui nous ont été soumis, au nombre considérable de projets qui ont été remis à votre sanction, et si je compare ce nombre aux projets de lois présentés antérieurement à la sanction des Chambres, j’en suis déjà à voir que, dans l’espace d’un mois, la Commission exécutive a présenté plus de projets que le Gouvernement d’autrefois n’en présentait en deux ans... »
L’orateur ne voit pas parmi les hommes éminents de l’Assemblée ceux qui, dans la situation présente, pourraient prendre la place de la Commission exécutive. Il termine par un mot qui peint sa pensée : « On a dit avec raison que la première République était comme Saturne, qu’elle dévorait ses enfants. Je vote pour la Commission exécutive, parce que je ne veux pas que la République soit dévorée par ses ennemis. » (Mouvements.)
Le général Bedeau fait chaleureusement applaudir une profession de foi républicaine, qui confond dans un même sentiment d’union les républicains de la veille et ceux du lendemain, et qui réclame la mise à l’essai de sages théories dégagées des agitations perpétuelles de la rue. Il ne croit pas « que depuis cinquante ans la France tende à la réalisation du gouvernement républicain, pour en venir, en présence de quelques difficultés
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graves, mais temporaires, à s’incliner devant un prétendant quelconque qui ne nous apporterait ni la gloire du passé, ni le prestige de la doublure.
« La force armée en France est essentiellement intelligente... Jamais elle ne sera aveuglée par la présence d’un prétendant quelconque. (Très-bien! très-bien.) ... Les troupes obéiraient toujours au nom de l’Assemblée nationale. Un chef quelconque, qui s’imaginerait trouver dans une influence sourde la possibilité de tromper l’armée, le jour où il voudrait exercer de criminelles tentatives, l’armée elle-même le mettrait en accusation. » (Très-bien I)
M. Lamartine monte à la tribune.
Après avoir dit que ce qui manque à l’Assemblée, à la Commission exécutive , au pays lui-même, ce n’est pas la force, mais la lumière ; après avoir démontré la nécessité de faire tomber les malentendus qui troublent et compromettent tout, il affirme de nouveau la bonne harmonie des membres du Gouvernement, comme il l’a affirmée la veille dans les bureaux. Il a toujours prévu le danger, pour les membres du Gouvernement provisoire, d’entrer immédiatement dans le Gouvernement intérimaire, et les sentiments hostiles soulevés contre eux par la dictature à laquelle le peuple lésa appelés. Il ne s’en plaint pas ; ils ne se plaignent, ni ses collègues, ni lui, des susceptibilités, des doutes dans l’esprit de l’Assemblée contre des hommes