‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 104 sur 243 · CHAPITRE CINQUIEME. ÎOX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME. ÎOX

qui descendent d’un tel pouvoir. lise rend même compte du mobile des partis qui couvrent d’ignominie ces hommes que l’histoire approuvera un jour, et qui se sont dévoués quand la place était vacante et quand le pouvoir suprême n’était que le suprême danger. (Trèsbien ! très-bien !)

Ces partis ne leur pardonnent et ne leur pardonneront pas de longtemps le glorieux malheur de présider à ce Gouvernement, d’avoir fondé la République, d’avoir eu le courage d’écrire le cri du peuple.

Pour lès uns, c’est un tort, un crime peut-être ; pour d’autres, c’est trop de bonheur et trop de gloire.

« ... Quel caractèie avons nous donné à cette République?... Avons-nous proclamé cette République extrême, cette République violente des proscriptions, des expulsions, des échafauds, dont le triste souvenir était précisément le premier ennemi que nous rencontrions pour fonder la deuxième République ?

« Avons-nous confondu cette deuxième République , je dis deuxième avec intention , l’avons-nous confondue avec la première ? Vous le savez, la première était un combat, nous avons voulu que la seconde fût une institution ; la première avait à lutter, avec toutes les forces nationales, avec l’énergie surabondante et quelquefois égarée des forces du pays, contre des dangers qui, grâce à la Providence et grâce à l’unité et à la sagesse de la nation, actuellement ne se représentent plus devant nous, car nous ne voulons pas nous glorifier misérablement d’avoir à vaincre des difficultés qui n’existent pas. La première, je le répète, était un com-

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bal, une lutte à mort, entre les vieilles institutions et les institutions nouvelles. Elle avait à combattre la coalition des rois sur toutes nos frontières; elle avait à combattre la coalition, des aristocraties au dedans ; elle avait à combattre l’émigration une partie même de la population franchissant les frontières pour venir attaquer l’autre partie avec un drapeau encore frais de la royauté, opposé au drapeau encore récent de la liberté. On comprend une pareille République, on l’excuse du moins, ou on l’explique. Si on ne l’excuse pas, on comprend les excès, les rigueurs ; on comprend les funestes proscriptions de cette époque ; et l’on se félicite de n’avoir plus rien do pareil à déplorer. Non, messieurs, ce n’est pas là le sens que nous avons donné, que nous avons dû donner à notre République !

« Souvenez-vous d’un grand jour pour nous... de ce jour où, au milieu des émotions encore palpitantes de l’Hôtel-de- Ville, quand la fumée de la poudre couvrait encore la place de Grève : une partie de cette population égarée, égarée par les souvenirs que l’unanimité de la population refoula bientôt, vint nous présenter le drapeau rouge. Le drapeau rouge, symbole de cette République que nous n’avons pas voulue, que la France ne voudra jamais, nous l'écartâmes, et nous l’écartâmes avec indignation pour faire place à votre drapeau, à notre drapeau, au drapeau de la liberté, au drapeau de la gloire, au drapeau de la France, à celui dont la République s’était enveloppée comme dans un lange à son berceau, etdont, je n’en doute pas, si jamais elle devait périr, elle s’envelopperait comme dans un linceul à

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