‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 105 sur 243 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

ses derniers moments. » (Sensation, bravos prolongés.)

M. Lamartine déclare que ce qu'a voulu le Gouvernement provisoire, en prenant le gouvernement intérimaire, c’est instituer une République acceptée et non imposée, une République de sang-froid, une République de justice. C’est faire de la France, et par la France, un grand prosélytisme de sentiments républicains et populaires.

Quant au reproche d’inaction, il le repousse comme injuste: il récapitule les réformes introduites; il rappelle la crise financière léguée par la monarchie — 800 millions de dettes — et surmontée; il fait le tableau de la France placée, sans lutte, sans victoire, sans avoir dépensé une goutte de son sang ni une goutte du sang de l’Europe, plus haut dans les influences durables, légitimes, dans les sympathies du monde que n’avaient pu la placer les victoires du Consulat et de l’Empire. <c Mesurez, jour par jour, heure par heure, la recomposition de toutes ses forces sociales ; voyez l’armée rentrée fidèle, rentrée fière d’elle-même dans Paris, appelée par le peuple lui-même. Voyez la garde mobile constituée ; voyez la garde nationale qui a élargi ses rangs pour y laisser entrer le peuple tout entier. Voyez ces baïonnettes innombrables destinées à couvrir non-seulement les dogmes sacrés et impérissables de l’ordre social, mais à défendre, comme gouvernement inaliénable, comme légitimité du peuple, l’Assemblée nationale.

« Voilà la recomposition politique, administrative,

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matérielle, financière, diplomatiqueet militaire de toutes ces forces que vous nous avez accusés de livrer à l’indolence, à l’inertie et au sommeil. » (Vive approbation.)

Après une suspension d'une demi-heure, Lamartine reprend la parole : a Une circonstance fatale vient d’interrompre le discours que j’avais l’honneur d’adresser à cette Assemblée. Pendant que je parlais des conditions de reconstitution de l’ordre et des garanties que nous étions disposés à donner tous les jours au raffermissement de l’autorité et de la moralité publique dans toutes les facultés données par la Révolution à la nation, un coup de feu, plusieurs coups de fusil, dit-on, étaient tirés, l’un sur le commandant de la garde nationale de Paris, l’autre sur un des braves officiers de l’armée, un troisième, enfin, assure-t-on, sur la poitrine d’un officier de la garde nationale. (Sensation.) Ces coups de fusil étaient tirés aux cris de vive l’Empereur !

« Messieurs, c'est la première goutte de sang qui ait taché la Révolution éternellement pure et glorieuse du 24 Février. Gloire à la population! gloire aux différents partis delà République! du moins ce sang n’a pas été versé par leurs mains, il a coulé non pas au nom de la liberté, mais au nom du fanatisme des souvenirs militaires et d'une opinion naturellement, quoi

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