‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 108 sur 243 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

la première infamio. (Mouvement. )Ehouisansdoute... (c'est vrai !), quand l’histoire vous révélera ce que nous avons fait, ce que j’ai fait, moi, et ce que je me glorifie d’avoir fait pendant le Gouvernement provisoire, on verra que j’ai été mêlé, que j’ai dû, pour l’avénement même de l’Assemblée nationale, pour faire prévaloir par la persuasion la liberté régulière et légale dans mon pays, que j’ai dû voir des hommes qui exerçaient alors une certaine influence sur l’opinion des masses, des masses qui n’avaient pas alors ce centre souverain de l’Assemblée nationale pour se diriger, s’affermir et se régulariser.

a Eh oui ! sans doute, j’ai conspiré avec ces hommes, j’ai conspiré avec Sobrier, j’ai conspiré avec Blanqui, j’ai conspiré avec plusieurs autres. Savez-vous comment j’ai conspiré? J’ai conspiré comme le paratonnerre conspire avec la foudre! (Bravo! bravo! — Applaudissements prolongés.)

« Je disais que j’avais conspiré comme le paratonnerre conspire avec la foudre, pour en dégager l’électricité, pour persuader à ces hommes ce que j’ai eu le bonheur souvent de leur persuader sans peine : qu’il fallait se prémunir contre le danger de proclamer je ne sais quelle dictature arbitraire et violente de l’opinion exclusive d’une partie du peuple de Paris contre l’opinion légalement constituée de la France; qu’il fallait évoquer l’esprit, le sens, l’âmo, la légitimité de la nation tout entière dans l’Assemblée nationale, et s’en remettre à son droit et à sa sagesse pour la discussion des grandes questions populaires qu’ils essayaient tour

COMMISSION EXECUTIVE

k tour de faire prévaloir, chacun suivant son système. J’y ai réussi souvent, gréce au bon sens du moment. Je le dis à leur décharge, et maintenant je méprise ces accusations; que dis-je ! je m’en félicite.

« C’est la récompense historique de tous les hommes qui , dans des circonstances plus grandes qu’euxmêmes, ont eu le bonheur, et quelquefois le malheur, de rendre les plus immenses services à la société, à leur pays. Il manque quelque chose à la satisfaction de leur conscience, il manque quelque chose à leur mémoire, tant que le sceau de la calomnie, de l'ingratitude et de l’injustice n’est pas posé sur les services qu’ils ont rendus ! (Bravos et acclamations presque unanimes.)

«... Faisons tous pour le bonheur du pays quelques sacrifices, nous do renommée, vous d’impatience.

c ... Ces sacrifices, en ce qui nous concerne, nous les avions compris, nous savions ce qui nous attendait, nous savions que nos noms seraient pulvérisés en peu de jours pour servir de ciment aux premières assises de la République. (Bravos prolongés.)

« Ne sommes-nous pas trop heureux qu’au lieu de ces sacrifices suprêmes de fortunes, de proscriptions, de banqueroute, de vies et de sang que la première République demandait aux fondateurs de la liberté, la deuxième, la vraie République, ne nous demande à nous, en définitive, que des sacrifices de temps, de popularité, de rancunes et d’impatience pour conquérir à jamais la démocratie régulière, le droit de tous, le bonheur du peuple, la grandeur de la patrie au dehors et l'ordre républicain au dedans ?

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