‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 109 sur 243 · CHAPITRE CINQUIÈME. 2IS · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. 2IS

« De notre part, citoyens, ce n’est pas un mérite, c’estun devoir. Il convient que les hommes qui ont été, comme nous, les premiers à proclamer la République populaire, morale et pacifique, au nom du peuple, la République démocratique dans le grand et bon sens du mot (adhésion), il convient que ces mêmes hommes soient les premiers à la défendre et à la servir à tous les rangs, si jamais elle avait à courir, soit du côté des factions, soit du côté de l’anarchie, soit de la part des ambitions monarchiques, des dangers au devant desquels elle trouvera toujours nos poitrines ou nos bras ! » (Bravos ! bravos. — Applaudissements.)

L’orateur, en descendant, reçoit les félicitations d’un grand nombre de membres de l’Assemblée.

Un mouvement général se manifeste lorsque le président donne la parole à M. Pierre Bonaparte :...

« Tous ceux qui portent mon nom flétrissent et flétriront l’attenlat qui vient de se commettre...

« ... La main sur la conscience, je puis dire que je suis républicain de père en fils. (Très-bien ! très-bien!) Mes convictions démocratiques, mes convictious d’aujourd’hui, sont celles que j’ai toujours eues. (Sensation.)

« ... La République! je la veux inviolable. Elle est mon idole. Je ne veux qu’elle, et j’aimerais mieux mourir que de voir autre chose. » (Bravos ! bravos. — Applaudissements prolongés.)

COM M ISS I O N K XÉCUTI V K.

Le citoyen Napoléon Bonaparte sc joint énergiquement aux paroles chaleureuses que vient de prononcer son parent. Mais il s’élève aussi énergiquement contre la corrélation que M. Lamartine établit entre l’attentat qui vient d’être commis et le nom prononcé à la tribune. Il s’élève contre le décret de proscription et critique le moment où il a été lu.

« Je vous avais prévenu, » lui crieM. Flocon.

M. Napoléon Bonaparte supplie l’Assemblée de ne pas se laisser entraîner jusqu’à la crainte d'un fantôme : a C’est une chimère que l’Empire ! »

M. d’Adelwaerd soulève les murmures et se fait rappeler à l’ordre en accusant la Commission exécutive de mauvaise intention et l’Assemblée de faiblesse.

M. de Larcy tente vainement d’obtenir le renvoi de la discussion au lendemain.

L’Assemblée prononce la clôture.

Le scrutin réclamé par l’extrême droite donne :

681 votants :

569 boules blanches;

112 boules noires.

Les crédits demandés et les votes de confiance étaient votés à cette grande majorité.

L’extrême droite, seule, s’était prononcée contre. Les membres de l’extrême gauche, sans exception, imposant silence à leurs préventions dans cette lutte de la Révolution contre la réaction, avaient compris la nécessité d’appuyer le Gouvernement.

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