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CHAPITRE SIXIÈME

milieu de l’un de ces groupes, vers quatre heures un quart, au moment où le général Thomas passait devant le front des compagnies,qu’il a été tiré un coup de pistolet par un homme, au cri de vive l’empereur. Un capitaine de la l r ° légion, M. Fahrége, ancien militaire, a eu la main atteinte par la halle, qui a passé entre le doigt annulaire et le petit doigt. La charge a aussitôt déblayé les avenues de la place de la Concorde et le pont. »

Ce criminel qui avait fait feu, et qui resta inconnu, espérait-il provoquer une lutte armée? La garde nationale eut la sagesse de se garder de toutes représailles et dispersa l’émeute sans colère.

Cette émeute bonapartiste ne s’en tint pas là. Elle se répandit à travers toute la ville et se prolongea dans la nuit.

« A 6 heures 1/2, disent les rapports, le général Cavaignac est arrivé sur la place de la Révolution et a fait immédiatement déblayer la rue de ce nom parla garde nationale. La garde mobile, de son côté, a fait évacuer la rue de Rivoli jusqu’à la hauteur de la rue de Mondovi.

« 8 heures. Foule immense arrivée par la rue Saint- Martin. Un cocher de fiacre crie en passant : « Vive Napoléon! » Un gardien de Paris lui répond : a Vive la République démocratique et sociale ; » mais une foule de voix d’ouvriers répète le cri du cocher.

« 9 heures 1/2 du soir. Une colonne composée d’ouvriers, 600 individus âgés de 18 à 25 ans, tous vêtus de blouses, vient de quitter la porte Saint-Denis et de

222 COMMISSION EXÉCUTIVE

parcourir le boulevard jusqu’à la rue Montmartre, en criant sur l'air des Lampions : « Vive Napoléon ! Nous l’aurons ! Pas de Thomas I »

« 10 heures du soir. Dans l’un des groupes qui stationnent sur la place de l’Hôtel-de-Ville, un individu est arrivé avec un litre de vin à la main, et il a versé à boire à tous ceux qui l’ont voulu, en leur faisant porter la santé de Louis Bonaparte, représentant du peuple. Dans d’autres groupes on disait que, si le nouvel élu n’est pas admis par la Chambre, il faut s’attendre à un mouvement général. Ses partisans affirment que Louis Bonaparte est un bon républicain et n’ambitionne d’autre titre que celui de représentant du peuple.

« Le bruit court dans la classe ouvrière que Louis- Napoléon avait destiné trois millions à dégager du Mont-de-Piété les objets appartenant aux ouvriers.

« Dans tous les quartiers, multitude de groupes, et partout il ne s’agit que du prétendant à l’empire. »

Les chefs du parti bonapartiste niaient leur participation à ces troubles, tout en avouant qu’ils s’y mêlaient sans cesse, mais seulement pour sonder l’opinion. Suivant eux, les meneurs, dont on ne pouvait contester la présence dans les groupes, et qui poussaient les cris de « Vive Napoléon, » s’abritaient derrière ce nom pour fomenter les émeutes, auxquelles eux ils se déclaraient absolument étrangers. Ils écrivaient, ils publiaient, ils placardaient ces assertions, et en même temps les jour-

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