CHAPITRE SIXIÈME
sanglante avait été tentée, mais sagement évitée. Les provocations avaient échoué devant la modération de la répression. Mais une seconde journée, une prise d’armes, n’était-elle pas à redouter, au milieu de tant d’éléments de désordre et d’anarchie? Le peuple égaré ne se laisserait-il pas entraîner vers l’inconnu? Les républicains socialistes exagérés semblaient n’avoir agité la nation que pour préparer le triomphe d’un nom et l’avénement d’un homme. Le nom de Barbés était éclipsé par le nom de Louis Bonaparte.
Quelques républicains socialistes, plus clairvoyants ou moins aveugles, commençaient à se demander s’ils ne faisaient pas fausse route, sans cependant ralentir leurs attaques contre les républicains du Gouvernement.
La Société des Droits de l'homme et le club de la Révolution croyaient devoir porter à la connaissance de tous les vrais démocrates la décision, prise à l’unanimité et après longues délibérations, d’ajourner indéfiniment le Banquet à 25 centimes : — « L’agitation actuelle de tous les esprits a motivé cette décision. Il est à craindre que les ennemis de la cause démocratique ne trouvent des facilités de semer des désordres dans une aussi grande réunion, et ne tentent ainsi de nuire aux droits du véritable peuple. »
Eu insérant cet avis — 9 juin — Le Représentant du Peuple et La Vraie République ajoutent :