CHAPITRE SIXIÈME
dans ce banquet populaire. Notre devoir est de publier les faits qui nous sont dénoncés.
a Légitimistes, orléanistes, bonapartistes, se font inscrire sous main pour des sommes considérables... »
Dans la Société démocratique centrale — 14 juin — les délégués du club Albouy disent que le citoyen Thomassin donne lieu à de graves soupçons.
« M. Schœlcher pense que le banquet est bonapartiste. La Société délègue Neveu pour protester contre le banquet. »
La Vraie République — 13 juin : — a L’agitation de Paris peut faire craindre des collisions. Les républicains sincères doivent se garder de tout entraînement.
a L’agitation a pour drapeau le nom du prince Napoléon: donc elle est faite contre la République.
« Les républicains ne crient jamais vive un homme! mais vive la République ! »
Le banquet à 25 centimes qui devait réunir, disaiton, plus de 100,000 personnes autour des fortifications de Paris, était mis en suspicion et dénoncé comme dangereux par les journaux socialistes les plus influents et les mieux informés. Le préfet de police crut devoir délivrer un mandat d’amener contre le président, M. Thomassin.
L’Organisation du travail, journal rédigé parM. Lacolonge, qui soutenait chaleureusement les candidatures bonapartistes, annonce le fait en ces termes :
228 COMMISSION EXECUTIVE
« Une visite domiciliaire a eu lieu hier chez le citoyen Thomassin, ex-imprimeur du journal La Révolution en 1834. On sait que celte feuille était napoléonienne. Ce citoyen a été en outre compromis sous le gouvernement de Louis-Philippe pour avoir imprimé le récit de la conspiration de Strasbourg par le lieutenant Laity. Quoique cette visite domiciliaire n’ait produit aucun résultat, le citoyen Thomassin n’en a pas moins été arrêté. »
La participatiou de MM. Fialin de Persigny et Laity à tous les troubles, leur présence constante dans les attroupements séditieux, leurs allées et venues entre Londres et Paris, étaient des indices plus que suffisants qui commandaient leur arrestation. Le préfet de police délivra contre eux des mandats d’arrêt qui furent exécutés le 13 juin vers cinq heures du matin. Leurs précautions étaient prises: on ne trouva au domicile de M. Persigny que des papiers et des lettres de vieille date et une liste d’adresses sur laquelle figurait, en tète de noms connus pour leur dévouement à Louis Bonaparte, celui du vicomte Alfred de Falloux, pour lequel M. Persigny remit une lettre au commissaire, avec prière de la faire parvenir. La lettre, avec l’autorisation de la Commission exécutive, fut aussitôt remise au destinataire.