CHAPITRE SIXIÈME
sonniers. Grâce à l’énergie du sergent et de ses dix hommes, les prisonniers ont été conduits en lieu sûr.
a Les rassemblements ont continué sur divers points de Paris dans la soirée. Ils ont pris une grande extension, surtout sur les boulevards. »
L'Assemblée nationale, feuille non moins hostile, dit :
« Des rassemblements plus nombreux et plus animés qu’hier se sont formés de bonne heure dans tout le parcours de la rup de Rivoli, jusqu’à la place de la Concorde et aux environs de l’Assemblée. L’exclusion de Louis-Napoléon Bonaparte parait toujours être le prétexte, sinon le motif réel, de ces manifestations tumultueuses... Il y a évidemment des meneurs, et on les remarque facilement allant de groupe en groupe et discutant avec un acharnement incroyable.
« La 7 e compagnie du 3' bataillon a essayé de balayer les rues adjacentes... mais les groupes, un instant dispersés, se reformaient aussitôt aux cris de vive Napoléon !... »
La Patrie ajoute à ce récit un incident significatif : a Les ouvriers de la manufacture des tabacs, vis-à-vis le pont des Invalides, ont arrêté, à deux heures, aujourd’hui, plusieurs de leurs camarades qui avaient tenté de soulever dans la matinée les ateliers aux cris de vive Napoléon ! à bas la garde nationale !
« En conduisant au poste de la Chambre des représentants les perturbateurs, les ouvriers ont été enveloppés par un attroupement qui a voulu délivrer les prisonnière. Ceux-ci ont été néanmoins amenés au corps
COMMISSION EXÉCUTIVE
de garde de l’Assemblée nationale. Un escadron de dragons est arrivé à temps pour dissiper cet attroupement. »
C’est au milieu de cette effervescence extérieure, au milieu de ces cris de « vive Napoléon ! vive l’Empereur! » que l’Assemblée nationale allait prononcer sur l’admission de Louis-Napoléon Bonaparte. L’animation dans les salles des conférences, envahies dès le matin, était grande. Des groupes se formaient dans tous les couloirs, les conversations étaient bruyantes.
A l’ouverture de la séance, une heure et demie, les représentants sont nombreux; tous les membres du Gouvernement sont présents.
La discussion commence.
« Le citoyen Degousée a la parole :
</ Le citoyen Degousée. Citoyens représentants, le 2 do ce mois, nous avons déposé sur le bureau une proposition demandant l’abrogration de l’article 6 de la loi du 10 janvier 1832, relative au bannissement de la famille Bonaparte. L’Assemblée n’a pas renvoyé notre proposition aux bureaux ni à une commission spéciale ; elle a déclaré que, cinq jours après le dépôt de cette proposition, elle pourrait être reprise par un des signataires.
a J’ai signé cette demande d’abrogation ; je viens aujourd'hui vous demander de vouloir bien la voter.
« Mais les circonstances graves qui ont surgi me font