CHAPITRE SIXIEME
des prétendants passés et futurs nesemblent à la nation qu’une dérision impossible. (Très-bien! très-bien!)
a La Commission exécutive, dans cette voie, nous trouvera toujours dévoués à ses inspirations et prêts à la servir.
« Mais qu'est-ce qu’elle nous demande aujourd’hui, et dans quels termes nous le demande-t-elle?
« Elle vous demande, prenez-y garde, que vous votiez un amendement d’exclusion contre le citoyen Louis Bonaparte dont la position n’est plus entière ; car, par notre faute, s’il faut le dire, par la faute de la Commission exécutive, et je me sers à dessein de celte expression, dont vous comprenez la nuance, le citoyen Louis Bonaparte n’est plus un simple citoyen, ce n’est plus un prétendant, c’est un élu du peuple. (Très-bien ! très-bien !)...
o J’ai la conviction profonde que, dans un zèle excessif et malentendu, la Commission exécutive a mal à propos grandi la personnalité du citoyen Louis Bonaparte, et qu’elle a laissé croire que l’état populaire français pouvait être renversé par le souffle d’un pygmée. (Mouvement.)
o Pour mon compte, je le répète, je n’en crois rien, et j’ai trop de confiance dans les institutions de mon pays, dans le patriotisme et le courage de mes concitoyens, pour ne pas être sûr que le citoyen Louis Bonaparte eût pu trouver sa place au milieu de nous, qu’il doit y venir parce qu’il est le représentant du peuple ; le lieu de son combat, ce sera la tribune : et permettezmoi de vous dire que ce qu’il y avait de plus politique
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et de plus sage, c'était de l’y convier (C’est vrai !); car enfin vous êtes tous des hommes de bon sens, des hommes politiques; or, je vous le demande, je comprends très-bien qu’en 1840, et à une époque antérieure, le prince Louis Bonaparte, exilé qu’il était, sachant qu’en France pesait un gouvernement impopulaire, qui blessait à chaque heure le sentiment national, ait rêvé de folles entreprises. Ces entreprises, à cette époque, je ne crains pas de le dire, elles étaient criminelles, car elles tendaient à faire, au nom d’une personnalité, éclater dans un pays libre le fléau de la guerre civile. Mais enfin est-ce que vous ne comprenez pas que le retour de cette situation est complètement impossible, et que, si le citoyen Louis Bonaparte était assez fou, assez insensé pour réver à l’heure qu'il est une sorte de parodie de ce qu’il a fait en 1840, il serait couvert par le mépris de ses concitoyens et celui de la postérité ? (Agitation en sens divers.)...
« Croyez-vous qu’il soit dangereux de le voir à cette tribune? Pour moi, je ne le redoute pas.
« Voix nombreuses. Ni nous non plus.
« Le citoyen Jules Favre. Ne le redoutez pas plus que je ne le redoute moi-même.
« 11 n’y peut paraître qu'à cette condition de mettre àl'inslant même sous ses pieds toutes ses folies et toutes ses prétentions passées, de se grandir comme citoyen, bien entendu en dépouillant cette misérable parodie du manteau impérial qui ne va pas plus à sa taille qu’aux circonstances actuelles dans lesquelles la France se trouve placée...