‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 126 sur 243 · CHAPITRE SIXIEME. 2*S · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME. 2*S

Bonaparte, par le fait des circonstances, amenait chez nous, dans notre sein, un nouveau prétendant (Oui), et c’est à ce titre qu’il vous propose de casser l’élection. (Ah I ah ! — Oui ! oui !)

« Permettez, citoyens, je suis rapporteur, et j’exprime des opinions qui ne sont pas les miennes, mais qui sont celles de la majorité de votre dixième bureau.

« Il s’agit de savoir si le prince Louis Bonaparte est un prétendant: nous le jugeons par les circonstances mêmes qui existent autour de nous, par les circonstances qui se sont manifestées à nos yeux. Comment a été faite l’élection ? L’élection a été réellement improvisée. (Eh bien !) Que s’est-il passé depuis? Ce ne sont pas de simples cris de vive Bonaparte ! qui ont été seulement prononcés; il en a été prononcé d’autres qui étaient autre chose qu’un appel à des souvenirs, qui étaient plus que cela...

« En un mot, nous avons considéré que, dans cette circonstance, l’Assemblée avait une œuvre politique à faire, nous nous sommes dit: L’Assemblée nationale n’est pas seulement un pouvoir législatif, c'est un pouvoir politique, et il doit suivre la ligne politique, qui est indiquée , qui est déterminée, qui est décidée par les circonstances. Or, hier , la Commission exécutive à laquelle vous avez donné votre confiance est venue vous lire un arrêté qui, attendu les circonstances, et sous l’influence et sous la pression des circonstances extérieures, nous annonçait qu'elle avait été obligée d’appliquer les lois de 1816 et de 1832. Vous avez accepté

‘Jir, COMMISSION EXECUTIVE.

par des acclamations cette lecture (Réclamations) ; sans doute, ce n'était pas un vote, mais c’était une indication pour votre bureau.

« Citoyens, et je parle ici en mon propre nom, sans doute il n’y a rien à craindre ni d’un prétendant ni d’un autre (Agitation); mais il y a cependant quelque danger, et le voici. (Bruit croissant.)

« Le citoyen président. J’invite l'Assemblée au silence.

« Le citoyen Bûchez. Le danger, citoyens, c’est le trouble dans la rue; le danger, c’est le trouble de la place ; le danger, c'est ce trouble qui exige des répressions qui peuvent arriver à être violentes.... (Nouvelle interruption.)

« Or la seule chose que nous ayons toujours cherché à éviter, c’est que la République ne coûtât ni une violence ni une seule goutte de sang. Eh bien, nous ne devons pas accepter les prétendants, uniquement à cause de ce seul motif. Le jour où la République sera parfaitement fondée et parfaitement établie, alors vous pourrez ouvrir vos portes à tous. Et remarquez qu’on vient exciper du nombre des électeurs. Messieurs, c’est ici que revient la question que j'ai posée. Il n’y avait rien à dire avant que l’Assemblée fût réunie; mais maintenant qu’elle est réunie, elle est souveraine juge des élections. (Vives réclamations.)

« Oui, c’est elle qui juge si les élections sont bien établies et bien appliquées ; c’est positif. . .(Interruption) et je vais vous le prouver. (Bruit.)

« Faites une supposition. Supposez qu'au lieu de

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