‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 128 sur 243 · CHAPITRE SIXIÈME. 2i · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. 2i

a Le citoye n Bûchez. En résumé, citoyens, votre dixième bureau, ou plutôt la majorité, la grande majorité du dixième bureau a considéré les précédents, a considéré votre conduite antérieure ; elle a considéré la ligne, la marche qu’indiquaient directement les dis • eussions et les décisions de l’Assemblée; elle a considéré ce que vous avez fait hier; elle s’est dit qu’un vote, dans un sens contraire à celui qu’elle vous propose, détruirait ce que vous avez fait hier.

a En conséquence, elle vous propose l’annulation de l’élection du citoyen Louis Bonaparte dans le département de la Seine. (Mouvements divers.)

« Le citoyen président. La parole est au citoyen Desmares, rapporteur du sixième bureau.

« Le citoyen Desmares, rapporteur. Citoyens représentants, je viens seulement déclarer ici que le sixième bureau, dont je suis rapporteur, a conclu, à la majorité, à l’admission, comme représentant du peuple pour le département de l’Yonne, du citoyen Louis Bonaparte.

a Les raisons qui ont motivé les conclusions de votre sixième bureau sont des raisons tenant tout à la fois à la question de légalité et à la question politique, qui ont été si lucidement présentées tout à l’heure par le citoyen Jules Favre.

a Je ne chercherai pas à les reproduire moins bien que lui ; mais je tenais à constater ce fait, que le sixième bureau a conclu, à la majorité, à l'admission du citoyen Louis Bonaparte comme représentant pour le département de l’Yonne...

COMMISSION EXÉCUTIVE

« Le citoyen Vieillard... Je viens rendre un plein hommage aux qualités et aux intentions du citoyen Louis Bonaparte. Il y a trente ans que je le connais, et que j’ai pu apprécier ce qu’il y a de noble et de désintéressé en lui. On veut en faire un prétendant malgré lui, comme on en fait un député malgré lui. C’est ce que je vais prouver tout à l'heure.

a Un représentant. Et Boulogne?...

« Le citoyen Vieillard. Je demande la permission à l'Assemblée de lui dire quelles étaient ses intentions relativement aux candidatures qu’on lui offrait.

« J’espère qu’après avoir entendu cette lettre, écrite à un ami de trente ans dans le secret des confidences privées, avec tout ce qu’il y a de plus sincère dans leur expansion, l’Assemblée ne doutera pas un moment et de la pureté et de la noblesse des sentiments qui l’ont inspirée.

« Londres, le 11 mai 1848.

a Mon cher monsieur Vieillard,

« Je n’ai pas encore répondu à la lettre que vous m’avez adressée de Saint-L6, parce que j’attendais votre retour à Paris et l’occasion de vous expliquer ma conduite.

« Je n’ai pas voulu me présenter comme candidat aux élections, parce que je suis convaincu que ma position à l’Assemblée eût été extrêmement embarrassante. Mon nom, mes antécédents, ont fait de moi, bon gré mal gré, non un chef de parti, mais un homme sur

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