CHANTRE SIXIEME
lequel s’attachent les regards de tous les mécontents. Tant que la société française ne sera pas rassise, tant que la constitution ne sera pas fixée, je sens que ma position eu France serait très-difficile, très-ennuyeuse et même très-dangereuse pour moi. J’ai donc pris la ferme résolution de me tenir à l’écart et de résister à toutes les séductions que peut avoir pour moi le séjour dans mon pays. Si la France avait besoin de moi, si mon rôle était tout tracé, si enfin je pouvais croire être utile à mon pays, je n’hésiterais pas à passer sur toutes les considérations secondaires pour remplir un devoir; mais, dans les circonstances actuelles, je ne puis être bon à rien, je ne serais tout au plus qu’un embarras.
« D’un autre côté, j’ai des intérêts personnels graves à surveiller en Angleterre; j’attendrai donc encore quelques mois ici que les affaires prennent en France une tournure plus calme et plus dessinée. J’ignore si vous me blâmerez de cette résolution, mais si vous saviez combien de propositions ridicules me surviennent même ici, vous comprendriez combien davantage à Paris je serais en butte à toutes sortes d'intrigues. Je ne veux me mêlerde rien ; je désire voir la République se fortifier en sagesse et en droits; et, en attendant, l’exil volontaire m’est très-doux, parce que je sais qu’il est volontaire.
« Recevez, etc. » ...
« Le citoyen Louis Bonaparte ne prétend à rien qu'à être citoyen français, membre de l'Assemblée nationale, et à venir ici jouir de toutes les immunités que le suffrage universel lui a conférées.
Digilized by Googl
COMMISSION EXÉCUTIVE
« Le citoyen Miïïard. Et Boulogne, et Strasbourg?
a Le citoyen Marchai... Je crois aux déclarations qui vous ont été lues à la tribune; mais s’il ne porte plus le drapeau de prétendant, des factieux voudront encore l’en couvrir, et il ne dépendra pas de lui que des ennemis de la République ne se servent de son nom et de sa présence pour fomenter des troubles, pour exciter au désordre, et pour faire dégénérer les troubles et les désordres en guerre civile.
a D’ailleurs, Louis Bonaparte n’est pas seul prétendant; il en est d’autres. Ouvrir la porte à l’un, c’est la laisserentr'ouverte aux autres. La prudence veut qu’elle soit fermée à tous.
« Si, en effet, vous recevez aujourd’hui Louis Bonaparte, la première conséquence de son admission sera de faire naître ou d’exciter chez les autres prétendants le désir d'avoir des électeurs et de pénétrer aussi dans cette enceinte. Leur rivalité se portera avec ardeur sur la représentation nationale. Eh bien, je vous le demande : que ferez-vous, après avoir admis Louis Bonaparte? que ferez- vous, lorsqu’on vous apportera l’élection du prince de Joinville? que ferez-vous lorsqu’on vousapportera l’élection du hérosde la légitimité^ Alors, comme aujourd’hui, il ne manquera pas de voix pour réclamer en faveur de la liberté électorale, pour invoquer le respect du suffrage universel, et en outre pour se prévaloir de l’antécédent que vous aurez créé en admettant Louis Bonaparte. Le refus vous serait bien difficile. Cédez alors comme quelques personnes proposent de céder en ce moment; et, dès*lors, aux cris que