‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 130 sur 243 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

vous entendez sur les boulevards se joindront les cris de : Vive Joinville I Vive Henri V ! De là à la guerre civile il n’y a qu’un pas. (Très-bien !)

« De prétendants je n’en veux aucun en France, tant que la République ne sera pas constituée et affermie... a Je vote contre la validité de son élection.

« Le citoyen président. La parole est au citoyen Fresneau.

« Le citoyen Fresneau... Sous l’impression quej’avais ressentie en entendant le langage du citoyen Lamartine, à l’issue de cette séance, j’ai voulu moi-mèuie parcourir la capitale, me mêler aux groupes qu’on nous annonçait comme séditieux et menaçants.

« La sédition, citoyens, je l’ai trouvée, elle existe; mais il existe aussi autre chose dans la société, il y existe une émotion légitime; dans les groupes, j'ai entendu ces mots réunis : Vive Louis-Napoléon Vive la Légion d’honneur! J’ai interprété ces deux cris, j’ai compris qu'ils signifiaient : Vive la gloire impériale !

a Je dis de plus, citoyens, qu’il y a autre chose dans l’émotion qui a gagné, non-seulement les citoyens non armés, les enfants, qui crient Vive l’empereur ! mais qu’elle a gagné même la garde nationale, et, lorsque la garde nationale a crié Vive Napoléon ! vive la Légion d’honneur ! ce n’est pas Vive Napoléon ! qu’elle voulait dire, mais Vive la gloire de l’Empire!

a II y a là une émotion que tout le inonde peut sentir, quand l’héritier, nondela couronne ,mais du nom de l’empereur, rentre dans la capitale, lorsque l’héritier direct de l’empereur rentre à Paris. Est-il surpre-

COMMISSION F.X ÉOUTIYE.

nanl que les cœurs battent? Non, citoyens, je n’en ai pas été surpris, il n’y a pas à l’être ; dans ma conviction profonde, il n’y a donc pas de conspiration aussi étendue qu’on nous l’a présentée. Et, pour ne parler que d’un fait, je suis surpris que le premier détail qui nous a été porté à cette tribune se trouve aujourd’hui démenti. Il n’y a pas eu trois coups de feu, on conteste même qu’il y en ait eu un...

« Vous dites qu’une conspiration existe contre la République. Non, je le dis avec bonheur, elle n’existe que contre la politique que vous avez suivie, ou plutôt que vous avez empruntée.

« Cette conspiration existe, dans ma conviction profonde, non pas contre le Gouvernement, mais contre l’absence du Gouvernement; c’est parce que, depuis deux mois, vous n’avez pas de gouvernement régulier, de gouvernement qui vous protège contre les conspira tions qui nous entourent; c’est précisément parce que cela existe que les départements vous ont envoyé un avertissement, une leçon. (Murmures.)...

« Le pays se l’est tenu pour dit, et il a cru qu’il pouvait envoyerici un Napoléon ; et s’il y avait quelque rivalité, quelque susceptibilité qui pût être froissée, le pays s’est dit : Quand je leur enverrais un aide pour le Gouvernement, un citoyen qui sort du commun... (Bruit.) Un descendant de l’Empereur, je le reconnais, ne peut jamais être un homme ordinaire... (Bruit et interruption.)

a Vu membre. Il n’y a pas deux sortes de citoyens.

« Le citoyen Fresveau. En vous envoyant un homme

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