CHAPITRE PREMIER
qu’à aucune autre époque, auprès d’aucun gouvernement ni d’aucun peuple, les Etats-Unis n’avaient fait une démarche semblable à celle par laquelle ils viennent d’inaugurer, à la face du monde, leurs rapports de fraternelle intimité avec la France républicaine.
« La France doit répondre par un acte également exceptionnel à la flatteuse exception que les Etats-Unis font en faveur de la République aux usages de leur politique internationale. »
Le décret était ainsi conçu :
« Art. t' r . L’Assemblée nationale , profondément touchée des sentiments qui ont dicté au Congrès des Etats-Unis le décret du 13 avril dernier, offre au peuple américain, les remerciments de la République et l’expression de sa fraternelle amitié.
« Art. 2. La Commission du pouvoir exécutif est chargée de transmettre le présent décret à la légation française à Washington, avec ordre de le présenter au Gouvernement américain. » (Aux voix ! aux voix !)
L’Assemblée vote ce décret par acclamation.
La politique extérieure étant nettement tracée, le prestige de la République française étendu jusqu’au Nouveau-Monde, l’alliance des peuples resserrée, la Commission exécutive ne songea plus qu’à préserver le pays des troubles qui le menaçaient.
Défendre les institutions républicaines ; sauvegarder les travailleurs des excès auxquels on les poussait;
COMMISSION EXÉClTIYi:.
rappeler au calme les esprits inquiets; ramener dans la réalité les rêveurs d’un socialisme outré; démontrer aux radicaux exaltés, mais sincères, que leur incessante agitation minait leur œuvre ; maîtriser les complots des insensés ou des pervers, voués pour toute politique au renversement de toute chose ; déjouer les trames ambitieuses des aspirants au pouvoir, prêts à provoquer tout : guerre civile, proscriptions, désastres et ruines ; protéger l'Assemblée contre le retour d’une fatale journée. Le but était clairement défini.
Pour y parvenir, la Commission exécutive dressa son plan : maintenir l’harmonie dans son sein, l’accord avec les ministres, l’ordre dans ses délibérations, régler ses rapports avec l’Assemblée; constituer une force suffisante pour prévenir, au besoin pour réprimer; concentrer le commandement; dissoudre les Ateliers nationaux par un travail national et fertile ; raffermir les finances ; vivifier le crédit; raviver l’industrie et le commerce par des encouragements et des primes ; alimenter l’activité de l’Assemblée avec une série de projets à étudier et à discuter.
Ces grandes lignes tracées, la Commission se mit à l’œuvre.
Dès les premières séances, l’union la plus complète avait régné dans ses délibérations ; la formation du ministère n’avait suscité aucune difficulté de personnes ; et la journée du i5 mai, terrible cl décisive épreuve,