CHAPITRE SIXIEME. 2o!t
prétexte du bien public ; cela s'est fait toujours, et cela peut se faire encore. Et voilà pourquoi, d’abord par des raisons de légalité, puis par des raisons de salut public, je dis que le Gouvernement est armé, et que la Chambre ne doit pas le désarmer. (Mouvements en sens divers)....
a Le citoyen Louis Blanc. Citoyens, c’est comme républicain que je viens combattre la mesure proposée contre Louis Bonaparte.
a On vous disait avant-hier : « Vouons à l’exécration publique quiconque oserait porter la main aux institutions nées de la révolution de Février! » Ces paroles ont retenti sympathiquement dans vos cœurs ; et, pour moi, je le répète volontiers : oui, honte et anathème à qui voudrait, en portant la main sur la République, nous lancer dans cette voie de désordres et d’agitations que crée la lutte des prétentions et des ambitions personnelles ! Honte et anathème à ceux-là !
a S’il en est qui aient une semblable audace, nous devons les maudire ; mais il est de la dignité de la République que nous n’ayons pas trop l’air de les craindre.
« La République, en France, a été déclarée absolument nécessaire le lendemain de la Révolution ; et, la veille de laRévolution, que vous disait-on ? On vous disait qu’elle était impossible.
« Pourquoi ce changement subit dans l’opinion publique? C'est qu’en effet la République n’est pas, cette fois-ci, une aventure : la République est sortie du fond même de la situation , la République uous est apparue
COMMISSION EXÉCUTIVE
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comme une loi historique, et c’est précisément sa gloire ; c’est la plus grando preuve de sa force, qu’elle ait été plutôt subie qu’acceptée. Oui, c’est là que je vois sa force, que je vois le gage de sa durée; c’est là ce qui me la fait déclarer immortelle ; c’est pour cela que je dis qu’avoir l’air de trembler pour elle, c’est l’outrager.
a Le citoyen Vignerte. Il ne faut pas l’embarrasser par un prétendant !
« Plusieurs membres. N’interrompez pas !
a Le citoyen président. J’invite le citoyen Vignerte nommément au silence.
« Le citoyen Louis Blanc. Vous dites qu’il ne faut point embarrasser la République par un prétendant. Je vais vous dire où serait l'embarras qu’on créerait à la République : il existerait si, par le décret qu’on vous propose, vous en veniez à irriter les sympathies que peut avoir excitées celui que vous appelez un prétendant ; à donner une importance néfaste à des agitations factices peut-être, soldées peut-être, dont le mépris public fera justice. Ne grandissez pas les prétendants par l’éloignement; il nous convient de les voir de près, parce qu'alors nous les mesurerons mieux. (Trèsbien !)
« L’oncle de Louis-Napoléon, que disait-il ? Il disait :
« La République est comme le soleil! » Laissez le neveu del’Lmpereur s’approcher du soleil de notre République, je suis sùr qu il disparaîtra dans ses rayons. (Mouvement.)
« Je ne crains pas, quant à moi, les prétendants, jo