CHAPITRE SIXIÈME
lion d’une loi qui existe, qu’ils pourront faire rapporter la loi. Qu’ils entendent ma voix, et peut-être demain cette loi, que je déteste comme toute loi de proscription, ne sera plus.
« Quant à ceux, au contraire, qui, fauteurs de discorde, mauvaise queue de tous les partis vaincus, viennent se placer sous ce drapeau, qui réveille de vieux souvenirs de gloire, pour faire la guerre à la République, ah! pour ceux-là, pas de pitié! car ils sont les véritables ennemis du peuple, et nous les combattrons au cri de Vive la République !
« De toutes parts. Vive la République! (Sensation prolongée.)
« (La séance teste suspendue pendant quelques instants.)
« Le citoyen Bonjean... Deux orateurs, M. Bûchez d’abord, M. Ledru-Rollin ensuite, vous ontditen parlant des intentions qu’on peut soupçonner dans Louis- Napoléon : le premier, que jamais Louis-Napoléon n’avait fait acte d’adhésion à la République, et que, sous ce rapport, il se distinguai! profondément de ses parents que vous avez admis parmi vous. M. Ledru- Rollin a exprimé la même pensée sous une autre forme ; il vous a dit : u Tout le monde ici conteste la participation de Louis-Napoléon aux faits déplorables qui se sont accomplis à Paris depuis quelques jours, lui seul n'a pas protesté. » Eh bien, il y a, dans ces insinuations, quelque chose de grave qui doit être éclairci dans un intérêt de justice, quelle que puisse être d’ailleurs la décision à laquelle l’Assemblée veuille s’ar- 11. ta
COM MISSION EXÉCUTI V K.
rêter. Il faut avant tout la justice et la vérité. Eh bien, je déclare qu’il n’est pas exact de dire avec le citoyen Bûchez que le prince Louis, ou le citoyen Louis-Napoléon, n’ait pas fait acte d’adhésion à la République, et il n’est pas équitable d’ajouter avec le citoyen Ledru- Rollin qu’il n’ait pas protesté, puisque le temps n’a pas permis à quelqu’un qui était à Londres de protester contre ce qui s’est passé à Paris dans la journée d’hier. Au surplus, voici la lettre.
« La lettre a été adressée de Londres, le 24 mai, à l’Assemblée nationale. C’est la lettre dont la lecture n’a pas été permise il y a quelques jours.
« Le citoyen de Larochejaquelein. C’est la lettre qu’on n’a pas autorisé à lire.
« Le citoyen Bonjean. Elle est adressée à l’Assemblée nationale elle-même ; je la fais parvenir à son adresse. (Lisez! lisez!)
« Comment voulez- vous que je la lise, puisque vous m’interrompez toujours?
« Voici la lettre :
« Londres, le 24 mai 1848.
« .4 l’Assemblée nationale, a Citoyens représentants,
a J’apprends par les journaux du 22 qu’on a proposé, dans les bureaux de l’Assemblée, de maintenir contre moi seul la loi d’exil qui frappe ma famille depuis 1816. Je viens demander aux représentants du peuple pour-