CHAPITRE SIXIEME
quoi je mériterais une semblable peine. Sorail-ce pour avoir toujours publiquement déclaré que, dans mes opinions, la France n’était l’apanage ni d’un homme, ni d’une famille, ni d’un parti? Serait-ce parce que, désirant faire triompher sans anarchie ni licence le principe de la souveraineté nationale, qui seul pouvait mettre un terme à nos dissensions, j’ai deux fois été victime de mon hostilité contre le gouvernement que vous avez renversé ? (On rit.)
« Serait-ce pour avoir consenti, par déférence pour le Gouvernement provisoire, à retourner à l’étranger après être accouru à Paris au premier bruit de la Révolution? Serait-ce enfin pour avoir refusé, par désintéressement, les candidatures à l’Assemblée qui m’étaient proposées, résolu de ne retourner en France que lorsque la nouvelle constitution serait établie, et la République affermie ? (Ah ! ah ! — Interruption prolongée.)
« Une voix. Nous sommes tous d’accord ; il faut ajourner l’admission.
a lue citoyen Bonjean. Je continue :
a Les mêmes raisons qui m’ont fait prendre les armes contre le gouvernement de Louis-Philippe me porteraient, si on réclamait mes services, à me dévouer à la défense de l’Assemblée, résultat du suffrage universel.
a En présence d’un roi élu par deux cents députés, je pouvais me rappeler être l’héritier d’un empire fondé sur l’assentiment de quatre millions de Français; en présence de la souveraineté nationale, je ue peux et veux
revendiquer que mes droits de citoyen français; mais ceux-là, je les réclamerai sans cesse, avec l’énergie que donne à un cœur honnête le sentiment de n’avoir jamais démérité de la patrie.
a Recevez, messieurs, l’assurance de ma haute estime.
a Voire concitoyen,
a Napolkon-Loiis Bonaparte. »
« Le citoyen Vignerte. Il n’y a pas d’adhésion à la République.
a Le citoyen Bonjean. Vous jugerez.
a Le citoyen Jules Favre... Citoyens représentants, la République est désormais fondée sur des bases tellement inébranlables, que de misérables factions, que de folles tentatives ne peuvent mettre son existence en question ni en péril ; nous devons nous élever, au nom des principes, au nom de la moralité publique, au-dessus de ces considérations, et rechercher, par ce qui a été fait, par ce qui a été décidé par l’Assemblée, ce qu’elle doit faire et ce qu’elle doit décider encore. (Réclamations.)...
« Eh bien, pourquoi le motif d’exclusion contre le citoyen Louis Bonapaite est-il invoqué par vous? Il l’est parce que, suivant vous, le citoyen Louis Bonaparte a, par deux fois, troublé la tranquillité publique de ce pays en y apportant, au nom de je ne sais quelles prétentions condamnées par tous, le fléau de la guerre civile...