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CHAPITRE SIXIEME

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Telle fut cette séance mémorable, qui ouvrait les portes de la France à Louis-Napoléon Bonaparle et à l’Empire.

La Commission exécutive et le ministère avaient subi une défaite complète. Ils en ressentirent une douloureuse surprise, une émotion profonde. Après cette décision inattendue, que le vote de la veille leur faisait croire impossible, d’un mouvement irréfléchi et spontané, ils se groupèrent dans la salle même, donnant à tous les yeux le spectacle de leur affliction. Ils semblaient accablés sous le coup qui frappait la République au cœur. L’horizon se levait devant eux rouge de sang, de désastres, de guerre civile.

La majorité était relativement importante. Elle était composée des membres de la droite, des députés de l’ancienne gauche dynastique et de tous les adhérents de la rue de Poitiers, légitimistes et orléanistes. Quelques députés de la Montagne s'étaient joints au vote affirmatif, consciencieux mais impolitique, deM. Louis Blanc. Presque toute la gauche républicaine s’était prononcée contre l’admission.

Les députés de la droite savouraient une revanche du vote de confiance de la veille. Heureux de porter une atteinte mortelle à la République, peu leur importait l’arme. Louis Bonaparte leur paraissait devoir être un élément, un instrument de destruction contre ces

COMMISSION EXÉCUTIVE

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