‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 145 sur 243 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

S/' i nce de la Commission exécutive: MM. LeJru-Kollin et Lamartine veulent donner leur démission ; discussion, ajournement au lendemain. — Nouvelle séance, en conseil des ministres : députation de la réunion du Palais-Nalionsl qui demande le maintien de la Commission exécutive; deux idées dominantes en opposition ; il est décidé que la Commission ne donnera pas sa démission. — L'ordre d’arrêter Louis-Napoléon Bonaparte e«t retiré. — Le Gouvernement et ses amis décident qu'on cherchera à lever toute équivoque entre l'Assemblée et le Pouvoir exécutif, eu présentant des interpellations et un ordre du jour motivé; ce moyen est abandonné. — Séance de 1'Asscmhlce, 15 juin : lettre de Louis-Napoléon Bonaparte au président; vive émotion; discussion tumultueuse; remise au lendemain. — Opinions de la presse. — Adresse de Louis-Napoléon Bonaparte aux électeurs. — Conseil de gouvernement ; longue délibération; renvoi au lendemain. — Nouveau conseil, 16 juin : incident qui rompt la délibération. — Assemblée nationale: lettre de Louis-Napoléon Bonaparte ; sa démission. — La Commission exécutive prend des mesures contre l'imminence d'une insurrection. — Manœuvres de Louis-Napoléon Bonaparte ; ses tentatives pour avoir de l'argent.

L’Assemblée nationale, entourée par l’émeute bonapartiste, préservée par le Gouvernement, avait donné raison à l’émeute contre le Gouvernement. Certes, ce n’était point par faiblesse qu’elle avait subi cette pression, ainsi qu’à certains jours de notre première Révolution. Elle avait cédé à des entraînements, à des vues politiques, qui venaient de la faire entrer dans une voie où elle allait avoir elle-même à supporter de terribles

COMMISSION EXÉCUTIVE

épreuves. Elle avait, sous- l’impulsion préméditée de quelques-uns de ses membres et grâce à la complicité inconsciente et imprévoyante de quelques autres, encouragé des efforts qui venaient d’élre couronnésd’une première victoire. Le parti bonapartiste avait pénétré dans son sein. L’appui que ce parti trouvait en elle, il allait l’employer au dehors pour se rallier tous les besoigneux adorateurs et serviteurs du soleil levant ; tous ces agents secrets qui pullulent aux jours d’agitation, la main prête à ourdir des trames de commande; tous ces hommes tarés, vendeurs de la patrie pour un écu, fauteurs de la guerre civile, acquis au plus offrant.

Quel reproche l’Assemblée avait-elle le droit d’adresser à la Commission exécutive?

Dès le premier jour de son élection au pouvoir, la Commission avait lutté pour sauvegarder la République et l’Assemblée nationale. Sa vigilance ne s’était point reposée un instant. Entourée de périls, à peine en avait-elle écarté un, qu'elle tenait tête aux autres, qui surgissaient plus redoutables. Depuis le crime du 15 mai, crime qu’elle avait eu le bonheur, l’habileté de réprimer, sans verser une goutte de sang, un mois ne s’était pas écoulé, et déjà elle voyait apparaître une nouvelle journée. A l’émeute dissimulée sous le drapeau socialiste, succédait l’insurrection arborant aux yeux de tous la bannière napoléonienne.

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