CHAPITRE SEPTIÈME. 2!li
nous attaque. Laissons à d’autres le soin du salut. Notre mission est finie, du moment où elle est méconnue. En bulte aux violences des démocrates exaltés, aux injures des monarchistes, notre retraite seule peut mettre terme à une situation fausse. Il faut savoir dignement tomber, lorsque l’heure a sonné. Nous avons heureusement commencé au 24 février, et c’est heureusement finir que finir par une protestation contre le bonapartisme. L’histoire l’enregistrera comme un grand acte. Il faut l'y buriner par notre démission. »
M. Ledru-Rollin souriait à la pensée de se retrouver sur les bancs de la Montagne, à côté de ses amis, et de rendre guerre pour guerre à ceux qu’il traitait de réactionnaires et à tous les prétendants. Sa démission n’était pas, suivant lui, l’abandon de la République, mais, au contraire, un moyen plus efficace de s’y dévouer.
La délibération se prolongea bien avant dans la nuit. Les membres de la Commission n’avaient pas épuisé ce sujet, qui exigeait la revue du passé et les prévisions de l’avenir. Ils ajournèrent leur décision au lendemain ; et, afin de s’éclairer des avis de tous les ministres, ils les mandèrent au conseil du malin.
A l'heure dite, neuf heures, tous les membres de laCommission exécutive, tous' les ministres, le presi-
1 Etaient présenta : MM. Arapo, Garnier-Papè«, Marie, Lamartine. Cedru- Hullin, Pagnetre, Caiy, Ca'aiynac, Duclerc, Carnot, Bastide, Becurl, Flocon,
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dent de l’Assemblée nationale, le maire de Paris et le préfet de police étaient réunis.
M. Arago, président, fait l'exposé de la situation, et soumet à la délibération l’opportunité de la démission de tous les membres du Gouvernement.
« Après cet exposé, une délégation très-nombreuse des représentants de la réunion du Palais-National est introduite. »
M. Glais-Bizoin, la voix émue, explique le but de cette démarche : Sous l’impression pénible du vote de la veille, les représentants républicains de toutes les nuances craignent que les membres de la Commision exécutive et les ministres veuillent donner leur démission. Ils ne méconnaissent pas la situation délicate du Gouvernement, mais ils ne pensent pas que le vote de l’Assemblée infirme le vote de confiance émis à une immense majorité dans la séance précédente. Un certain nombre de députés a jugé la question au point de vue légal de la souveraineté du suffrage universel, qui leur semblait imposer l’admission, et non au point de vue politique, qui la repoussait. La démission des membres du Gouvernement n’a nullement été mise en question par l’Assemblée, qui n’a eu l’intention ni de se dégager, ni de se donner un démenti à elle-même. Les membres du Gouvernement ne doivent donc pas se retirer Ce serait attribuer à ce qui n’est que la simple admission d’un représentant une importance nuisible. La Répu-
Belhraont, Si-nard. Marrasl, Tronvé-Chauvrl, M. Jean Raynaud aous-weréuire d'El.ii à rinslructiun publique venu pendant la séante.