CHAPITRE PREMIER
pouvoir exécutif a donné ou va donner sa démission; que la Commission est dissoute. Il n’y a rien de vrai, rien de fondé dans tous ces bruits, qui ne doivent pas préoccuper un seul instant les esprits sérieux. »
Le Moniteur du soir : «... Une manœuvre mise en pratique, au profit d’espérances insensées ou coupables, consiste à représenter la Commission exécutive comme profondément divisée, et une dissolution de ce pouvoir comme imminente.
a En présence de cette odieuse tactique, qui n’a d’autre but que de tuer le commerce et le crédit en perpétuant l’inquiétude et la défiance... nous pouvons déclarer de la manière la plus formelle que toutes les décisions de la Commission exécutive ont été prises à l’unanimité depuis que la Commission exécutive existe, et qu’il n’y a jamais eu de dissentiments sérieux entre les membres qui la composent. »
Les efforts pour renverser la République et son gouvernement s’étalaient au grand jour, et on les niait ; manifestes, on en désavouait le but. Nous ne voulons que maintenir l’ordre menacé, prétendaient les uns ; et nous, sauver le socialisme trahi, répliquaient les autres. L'assaut était partout, perpétuel, acharné. A côté de ces hommes à guerre ouverte et plus ou moins convaincus, conspirait dans l’ombre la tourbe des meneurs vendus aux divers partis.
Par des rapports et des avis journaliers, la Commis-
12 COMMISSION EXÉCUTIVE
sion executive connaissait ces intrigues, qui prédisposaient le peuple à une nouvelle journée ; sans pouvoir saisir tous les fils de cette trame, elle les suivait de l’œil et de sa prévoyance, persistant plus que jamais dans son système préventif : éloulfer l’émeute à sa naissance, sans coups de fusil, sans proscriptions; éviter le sang.
Pour y parvenir, il fallait disposer d’une force considérable, il fallait pouvoir entourer en un instant le palais de l’Assemblée nationale, et se porter en même temps sur tous les points de soulèvement.
L’unité du commandement était indispensable. La Commission, qui avait reçu de l’Assemblée la direction de sa défense extérieure, n'avait pas voulu l’aliéner, se réservant de confier, suivant les circonstances, le commandement supérieur tantôt au ministre de la guerre, tantôt au commandant de la garde nationale.
Elle avait décidé l’augmentation de la garnison de Paris et donné au ministre de la guerre des instructions spéciales et réitérées.
Les 20, 22 et 27 mai, elle manda les ministres, le maire de Paris, tous les généraux commandant les corps armés. Chaque membre de ces conseils fut appelé tour à tour à exposer son avis.
Les généraux énumérèrent les forces dont chacun d’eux pouvait disposer : Clément Thomas était certain de rassembler, en deux heures, 100,000 gardes nationaux. Bedeau avait 23 bataillons de la garde mobile et pouvait faire venir de Rouen le 24' ; mais 19 bataillons seulement étaient disponibles, les quatre autres étant