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CHAPITRE PREMIER

employés à garder les administrations publiques. Foucher, commandant la division militaire, sans pouvoir donner de nombres précis, évaluait ses troupes, dans tous les cas, au moins à 10,000 hommes. Le maire de Paris annonça que la commission chargée de la réorganisation de la garde républicaine continuait activement ses travaux.

Le 27, la Commission exécutive donna l'ordre au ministre de la guerre de réunir les forces, en cas d’alarme, sur deux points principaux : la place de la Concorde et l’Hôtel de Ville, et lui ordonna de nouveau d’augmenter la garnison de Paris.

Rassurée sur la défense, la Commission rassembla les ministres, afin de réclamer d'eux une série de projets de loi spéciaux à soumettre immédiatement à l’Assemblée.

Le pays, non accoutumé à se gouverner lui-même, avait perdu toute initiative. Enervé par les dictatures ou par des constitutions plus ou moins restrictives, allangui par les coutumes administratives, il attendait toujours pour agir l’impulsion, la direction de l’autorité. Il voulait bien être libre, mais ne savait pas l’être. Il s’affranchissait par un coup de révolution, et le lendemain il réclamait tout de l'Etat. Marcher sans les lisières gouvernementales lui était impossible; ses habitudes avaient tué sa volonté. Dressé à la servitude, à peine avait-il brisé ses chaînes qu’il s’en forgeait de il. 3

COMMISSION EXÉCUTIVE

nouvelles. Le souffle vif de l’indépendance était trop vivifiant pour lui, il n’aspirait à son aise que l’air lourd et débilitant do la compression. Se croyant faible, pour avoir été longtemps languissant, il implorait, par toutes les voies de la presse, des clubs, de l’Assemblée nationale, un Gouvernement fort.

Un Gouvernement fort ! tel était le mot de ceux-là mêmes qui voulaient fonder une République libre.

Parmi ceux-ci, il en était qui poussaient plus loin la théorie, prétendant et soutenant avec passion que plus le peuple est souverain, plus il doit déléguer d’autorité à son Gouvernement, plus il doit lui confier, lui livrer la direction de sa conduite, ses richesses, son action, son présent, son travail, son avenir.

Ges partisans de la démocratie autoritaire étaient nombreux et se recrutaient dans des camps bien opposés.

Les fanatiques de l’Empire, les conservateurs arriérés des traditions du Comité do salut public, les théoriciens sectaires qui prêchaient l’absorption du citoyen dans l’Etat et de l’individu dans la communauté, étaient prêts à verser leur sang pour conquérir un Gouvernement fort.

Les légitimistes, dans leur rêve de la monarchie

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