CHAPITRE SEPTIÈME
« Si vous ne lisez pas les remerciments aux électeurs, je vous déclare traître à la patrie ; » et l’on signe : Auguste Blum, ancien élève de l’Ecole polytechnique.
« Le citoyen Corbon. Mais il est fou, citoyen président; c’est un aliéné, je le connais'.
« De toutes parts. Oui! oui! c’est un fou.
« Le citoyen président. Ce billet d’un insensé m’avait été annoncé tout à l’heure comme écrit par un homme qui avait un emploi public. (Cela regarde le commissaire de police!) Mais j’apprends à l’instant même qu’en effet, et nous l’avions tous pressenti et jugé, c’est l’œuvre d’un insensé qui, introduit dans une tribune ou je ne sais où, a jeté et donné à un garçon de service le mot qui m’a été apporté. (Qu'on l’envoie à Charenlon!)
« L’Assemblée a des choses plus sérieuses à entendre; la parole est à M. le ministre de la guerre.
« Le citoyen ministre de la guerre. Citoyens représentants, si ces menaces cachaient un danger possible, elles ajouteraient un sentiment encore plus vif à celui qu’on éprouve en accomplissant un devoir; mais elles ne sont que ridicules; laissons-les de côté. (Trèsbien!)
« Quand je suis monté la première fois à cette tribune, si une proposition immédiate n’a pas accompa-
' Monsieur A. Blum était exalté, mais n'était pas aliéné, comme le disait M. Corbon, sans doute pour rendre insensible eel outrage. Il était vice-président du Comité des délégués du Luxembourg, et dans la séance de ce Comité du 9 juin il combattait les idées sages de ceux qui repoussaient, en crande majorité, comme dangereux, le banquet il 35 centimes, disant qu'il ne fallait pas reculer devant les grandes réunions.
COMMISSION EXECUTIVE
gné les paroles que j'y ai prononcées, c’est que, saisi de l’indignation qui s’est emparée de vous tous, je n’ai pas cru qu'il fût convenable d’appeler l’Assemblée à délibérer immédiatement. (Très-bien!) Je suis descendu de la tribune sans faire aucune proposition ; j’en descends encore sans en faire davantage. (Très-bien!) Je ne puis que demander à l’Assemblée de suspendre sa séance et de remettre à demain la suite à donner à cet incident. (Nouvelles marques d’approbation.)
# (Le citoyen Etienne Arago se présente à la tribune.)
« Plusieurs membres. Laissez parler le citoyen Jules Favre.
« Une voix. On a demandé le renvoi à demain (Non! non!)
« Le citoyen Jules Favre. Citoyens représentants, il n’v a dans cette Assemblée qu’un sentiment.
« Une voix à droite. Ce n’est pas sûr! (Oh! oh!)
« Le citoyen Jules Favre. Je répète, et ceux qui m’interrompent assurément ne se rendentpascomptede l’outrage que cette interruption peut faire k l’Assemblée tout entière (Très-bien!); je dis qu’il n’y a dans cette Assemblée qu’un sentiment, c’est l’indignation qui a été exprimée par le citoyen ministre de la guerre.
« Lorsque votre 7' bureau vous a proposé de valider l’élection du citoyen Louis Bonaparte. . .
a Le citoyen David (d’Angers). J’ai protesté contre. (Interruption.)
« Une voix. Il n’est plus citoyen ; ce n’est plus qu’un prince.